‹ Proverbes et comédies posthumes de CarmontelChapitre 177 sur 256 · ACTE III, SCÈNE XV · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE XV

refuser votre fille , comme si c'était un mérite. Moi, je soutiens que c'est un fou , et je n'en démordrai point. Je yous réponds qu'il paiera cher cette folie.

M» e . DE CLAIRANGE.

Mais , mon cher baron , vous convenez vous-même qu'il n'y a rien de plus raisonnable que l'alliance que nous faisons de M. de Saint-Àlphart et de ma fille Adélaïde.

Que j'en convienne ou non , qu'est-ce que cela fait au mariage de mon neveu ?

M me . DE CLAIRANGE.

Mais tout.

Comment , à cause que Saint-Alphart épouse l'aînée , il ne peut pas épouser l'autre ?

M me . DE CLAIRANGE.

Si vous y consentez. . . .

Sûrement j'y consens , puisque je vous l'ai écrit , à vous , madame , qui embrouillez tout cela.

M. DE CLAIRANGE.

Elle en est bien capable au moins , baron.

Voici sa lettre , où elle me propose mademoiselle Honorine pour mon neveu} voilà celle que j'ai acceptée pour ma nièce , voyez-vous , monsieur de Clairange ?

Il est vrai.

M m \ DE CLAIRANGE.

Je n'ai pas écrit cela, moi. Voyons, voyons.

Tenez ,n'y a-t-il pas en bas : « Pardonnez-moi , mon cher baron , tous les mots effacés de cette lettre ? »

M"". DE CLAIRANGE.

J'en conviens ; mais ceci est récriture d'Honorine.

m 11 *. Honorine.

Il est vrai. J'aimais M. de llosan ; il m'a soupçonné d'aimer M. de Saint- Alphart ; j'ai voulu l'en punir, en lui laissant ignorer ce que je projetais. J'ai trouvé cette lettre entre ses mains : en me la remettant , il m'a dit que j'allais décider de son sort. J'ai suivi en cela ses intentions , et j'ai mis mon nom à la place de celui de ma sœur.

M. DE ROSAN.

Que vous êtes cruelle de m'avoir laissé jusqu'à ce moment ignorer mon bonheur !

m M u *. HONORINE.

Votre prévention vous a empêché de le croire.

M. DE ROSAN.

Que je suis bien récompensé de tous les maux que m'a causés cette cruelle erreur !

M u «. HONORINE.

Pour ma sœur, si elle n'avait pas affecté de mépriser l'amour , elle aurait eu toute ma confiance.

M u ». ADÉLAÏDE.

Ah ! ma sœur , je ne vous reproche rien.

M. DE CLAIRANGE.

Vous n'aviez pas deviné la moindre chose de cela , vous , madame , qui croyez tout savoir.

M™. DE CLAIRANGE.

Pardonnez-moi j le refus de Rosan m'avait surpris. Demandez-le lui .

M. DE CLAIRANGE

Quelque chose qu'il soit arrivé , je n'en suis pas fâché ; par ce moyen, voilà mes deux filles mariées;

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