‹ Proverbes et comédies posthumes de CarmontelChapitre 176 sur 256 · ACTE III, SCÈNE XV · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE XV

-Ah ! nous allons voir comment il va s'y prendre , pour me prouver cette prétendue lettre de son colonel?

M. DE ROSAN.

Non , mon oncle , je ne chercherai point à vous en imposer et à vous cacher le vrai motif de ma fuite.

Il est donc vrai que vous cherchiez à vous évader, en me voyant arriver ?

M. DE ROSAN.

Si vous daigniez écouter mes raisons...

Je crois que vous me direz de belles choses ! Où trouverez-vous une alliance pareille à celle que vous refusez ?

fy. DE ROS4N.

Je n'en veux faire aucune.

Non , actuellement ; mais vous espérez sans doute on jour pouvoir satisfaire votre fantaisie. Attendezvous à ne plus compter sur ma fortune : je* vais en disposer, dès ce moment, en faveur d'un autre.

M. DE ROSAN.

Vous êtes le maître , mon oncle ; votre fortune ne . «aurait foire mon bonheur .

Comment ! Que dit-il ?

M. DE ROSAN.

Que j'aime et que je ne suis point aimé.

Et tu es constant ? Voilà une bonne folie ! Tu re-

a 7 6 LA PROPOSITION DE MARIAGE, grelteras un jour d'avoir refusé celle que l'on veut bien te donner.

M. DE ROSAN.

Non , jamais ; d'ailleurs , j'ai donne ma parole d'honneur à Saint- Alphart de ne point épouser mademoiselle Adélaïde.

M u «. ADÉLAÏDE.

Oui , monsieur, nous nous aimons , et ce mariage assurera notre fortune , puisque M. le comte d'Olmar veut bien y consentir.

Il est vrai qu'il m'a dit que c'était son projet.

M. DE CLAIRANGE.

Vous voyez qu'il est très-raisonnable.

J'en conviens.

M"". DE CLAIRANGE.'

En ce cas , pourquoi vous fâchez-vous contre votre neveu ?

M. DE SAINT-ALPHART.

Monsieur , s'il a sacrifié à l'amitié , doit-il en être puni ?

M me . DE CLAIRANGE.

Allons , baron , le motif de sa résistance est trèslouable , très-généreux. Pardonnez-lui ; nous allons vous le demander à genoux.

Mais , la tête vous a-t-elle tourné k tous ? Je ne demande point qu'il épouse mademoiselle Adélaïde , et vous voyez là un sacrifice et une générosité où je ne comprends rien.

M. DE CLAIRANGE.

H est pourtant très-vrai....

Oui , qu'il aime ailleurs ; et vous l'approuvez de

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