ACTE I, SCÈNE' XII. 33g
Sur mVfcnmië:
LA MARQUISE
Quoi ! vous seriez jalîtax'? Mais songez donc que la comtesse est la fçmme du monde la plus' froide. Je parie que c'est ce qui fait que" vous l'aimez encore.
'Vous croyez que je l'aime ?
LA MARQUISE
Sûrement 9 puisque vous eir êtes jaloux. Allons , voyons , montrez-moi ces lettres ; je crois qu'il y aura bien là de quoi vous alarmer. Jamais rien nV pu la loucher.
LEf COMTE*.
Je le sais bien.
De qui sont ces lettres? d'elle?
LÉ ctJNPTtf' Non , du chevalier dé Sâint-Brîeù qui en est amou-
L'A' MARQiHrfÉ.
EtVd^là^jvftu^déWdtiez (Jutàle Faintr?
Sans doute. On ne garde point des lettres tendres d'un homme qui vous est indifférent', ou plutôt' on n'en reçoit pas.
LA MARQUISE
C'est selon : on -est bien* aise quelquefois de savoir comment il écrit. La vanité peut faire aussi qu'on veut jouir du désespoir d'un homme ; on ne saurait trop vous expliquer tout cela.
LK COMT11.
Mais que doîs-je faire ?
LA MARQUISE
A votre place , je remettrais ces lettres et je ne dirais rien.
Pourquoi?
LA MARQUISE
Cela serait plus sensé.
J'en conviens ; mais c'est que je voudrais savoir...
LA MARQUISE
Que vous avez tort?
Comment tort ?
LA MARQUISE
Oui ; si elle vous dit que c'est un dépôt que lui a confié une de ses amies, vous serez fâché de vos soupçons.
Vous avez raison. Je veux lire toutes ces lettres.
LA MARQUISE
Eh bien 9 passons chez vous , nous les lirons ensemble , et vous me direz en même temps comment elles sont tombées entre vos mains. Mais je suis un peu pressée ; je reviendrai tantôt parler à la comtesse.
Allons, venez.
FIN DU PREMIER ACTE
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