SCÈNE PREMIÈRE
LA COMTESSE, VICTOIRE
^demoiselle 9 avez- vous bien cherché partout ?
VICTOIRE
Oui , madame , jusque dans tous les tiroirs de la Chiffonnière.
Cela est inconcevable ! je ne peux pas m'ôter de 1 esprit que j'avais mis ces lettres dans un des carrés de la toilette.
VICTOIRE
Quoi ! dans celui où vous avez trouvé les cinquante louis?
Oui.
VICTOIRE
Mais , il me semble que madame est persuadée que c'est M. le Comte qui les y a mis ?
Assurément.
VICTOIRE
Eh bien , ces lettres ne pouvaient pas y être : s'il les avait trouvées , il n'aurait pas laissé cet argent à U place.
LA COMTESSK.
Voilà ce qui me confond !
VICTOIRE
"HLes maris ne paient pas si cher ces sortes de papiers-là.
fLA CQMTESSE.
Et , s'il ne les a laissés que pour nie faire voir qu'il est instruit de l'amour du Chevalier pour moi ?
Cela serait fort adroit ! Mais , madame , ces lettres indiquent-elles que vous aimiez M. le Chevalier?
VICTOIRE
Eh bien , pouvez-vous empêcher qu'o ne vous
«me ?
Non , mais il verra au moins que j'ai répondu au chevalier.
Si M. le Chevalier n'est pas content dans ces lettres , M. le Comte n'aura rien à dire.
Vous n'entendez rien à tout cela.
VICTOIRE
Non ; car , si j'aimais un homme 9 je ne lui écrirais quç pour le lui dire.
Et , si vous craigniez qu'il ne vous trompât ?
VICTOIRE
Je ne l'écouterais point du tout.
LA CQMTESSE.
Mais , si vous l'aimiez ?
VICTOIRE
Avec cette crainte-là , je ftwajâ )>iw mplfasureuse.