SCÈNE III
LA COMTESSE, VICTOIRE
Eh bien, mademoiselle, que dites-vous de tout cela? Suis-je assez malheureuse?
VICTOIRE
Moi , je ne vois de malheurs que ceux que madame veut bien se faire , en banissant M. le Chevalier.
Et vous trouvez sans doute que je devrais être enchantée de ce que mon mari veut que je le revoie ?
VICTOIRE
Mais....
Vous ne vous apercevet pas 4 sans doute » que le Comte a pénétré l'amour du Chevalier , qu'il me soup*çonne d'y répondre , et qu'il n'a cherché qu'à m'embârrasser ?
VICTOIRE
Je n'ai rien vu de tout cela , au contraire : j'ai vu seulement que monsieur le Comte s'est fort amusé du roman.
Et ce ton » où il a en l'air de mettre de la fmedse * en me disant qu'il faudrait élaguer la morale de mes lettres ?
VICTOIRE
C'eât parce qu'il le pense.
Quoi ! sans être criminelle , sans en avoir jamais eu la pensée, je me verrais exposée....
VICTOIRE
En vérité , madame....
Mon mari ùé se croit déjà que trop instruit; que n'ai-je pas à redouter de ses soupçons ! et c'est un homme vain et léger qui me cause toutes ces peines !
VICTOIRE
Madame , voilà madame la Marquise.