ACTE III, SCÈNE IV
Comment ! que vous a-t-il dit , ma sœur ? le Gcfente saurait-il...?
LA MARQUISE
Non , non ; il est de bonne foi. Il ne sait rien , et je n'ai eu garde de l'instruire. Vôtre idée est cbarmaâte, je vous dis , délicieuse !
ÉA COMTESSE.
En Vérité , madaito f je fle sais «Je qné vous voûtai dire.
LA MARQUISE
Moi, je ne m'en doutais pas le moins du monde ; il est vrai qu'il est très-aimable, mais je n'y avais pas penséavant tantôt, et sans Victoire, qui m'a fait signe... Encore je ne savois trop qu'en croire.
De qui parlez-vous donc ?
LA MARQUISE
Du chevalier de Saint-Brieu, qui, j'en suis sûre, est un très-honnête homme.
Et V0W éroyefc que je l'aitté ?
la Marquise.
Pôttrtjûôi pas? cela est tout simple : Vous vous c6ftilà?6sëz dèjjmis Votre enfance, vous vous estimez, et fbiis âVéï taisôn. Eh!, qui aimera-t-on? sont-ce ceux qu'on méprise ?
Mais, ma sœtir, pourriéz-vous applaudir a un pareil amour, s'il était vrai ?
LA HÂttQÙJSÈ.
Moi , je ne blâme jamais rien : chacun a sa façon de penser.
Mais je tous prie de croire que je sois très-attachée à mon mari , et que jamais il n'aura rien à me reprocher.
LA MARQUISE
J'en suis persuadée. Tout dépend de la conduite que Ton tient. J'ai toujours vu beaucoup de femmes se perdre par des étourderies , des indiscrétions , et un mauvais choix de sociétés ; voilà , par exemple , ce qui ne vous arrivera jamais , et je le disais encore tout à l'heure à mon frère.
S'il pouvait avoir quelque inquiétude à mon sujet, je trouverais bientôt le moyen de le tranquilliser.
LA MARQUISE
Avec votre esprit , vous n'y seriez sûrement pas embarrassée. Vous l'avez peut-être cru jaloux tantôt ? Il ne l'était point du tout.
Comment?
LA MARQUISE
Bon! il est à mille lieues de cela! il est homme du monde ; il ne s'est point mis dans la tète que vous ne penseriez qu'à lui ; et , si vous l'aviez réellement aimé, il aurait été bien moins étonné en trouvant les lettres du Chevalier ; car, lorsqu'on a aimé une fois, il est sur qu'on aimera encore.
Je me flatte qu'il m'aime , le Comte ?
LA MARQUISE
Comme un mari aime sa femme.
Et qu'il m'estime ?