SCÈNE PREMIÈRE
M me . DE BLÉRANGE, M me . D'ORCEIL.
M me . D'ORCEIL.
v vérité^ ma fille , je ne puis m'empècher de vous dire que je vous trouve la plus étonnants personne du monde.
M™. DE BLÉRAWGE.
En quoi clone ? " ■ . •
M me . D'ORCEIL.
Je vous dis , la plus incompréhensible.
M* e . DE BLÉRAUTGE.
J'ignore absolument de quoi il est question.
**■•. D'ORCEIL.
H est singulier , et même plaisant , que vous ne me detiniefc pas.
M me . DE BLÉRANGE.
Expliquez-vous donc , je vous prie.
M»*. D'ORCEIL. ... , *
Expliquez-vous est délicieux ! Allons , je vais m expliquer puisqu'il le faut. Je quitte ma campagne avec
le plus grand regret, parce quelle est très-agréable dans ce moment-ci 9 vous ne pouvez pas en disconvenir. Je me hâte d'arriver , parce que je crois que mon retour vous est nécessaire , que vous m'attendez avec la plus vive impatience , et je me trompe , irons n'avez rien à me dire.
M me . DE BLÊRA3GE.
Je me flatte que vous ne doutez pas du plaisir que j'ai de vous revoir.
M me . D'ORCEÏL.
Ce n'est pas de votre tendresse pour moi non plus que je me plains \ mais puisqu'il faut toujours que je m'explique , vous conviendrez bien qu'il y a quinze jours que votre deuil est fini.
M m *. DE BLÉRAXGE.
H y en a douze.
M me . D'ORCEIL.
Douze ou quinze , cela est égal ; il n'en est plus question. Le mari que vous avez perdu méritait peu vos regrets; mais celui que vous devez épouser doit vous faire attendre avec impatience le moment qui doit vous unir : au moins voilà comme je comptais que vous pensiez.
M me . DE BLÉRANGE.
Je n'ai point changé de sentiment non plus.
M mfl . D'ORCEIL.
Elle n'a point changé de sentiment ! celui-là est unique , par exemple. En vérité, M. de Saint-Albe, s'il vous entendait , serait fort touché du ton avec lequel vous l'assurez. Pour moi , je ne vous reconnais plus. Qu'est donc devenue cette vivacité, cette ardeur, cette impatience que vous ne pouviez dissimuler?
M me . DE BLÉRANGE.
H me parait que je suis toujours aussi vive.