‹ Proverbes et comédies posthumes de CarmontelChapitre 75 sur 256 · SCÈNE IX · texte numérisé non relu

SCÈNE IX

*l me . DE BLÉRANGE, M Ue . PRÉDEAU, M. DE SAINT

ALBE, M. DE MARCI

M Ue . PRÉDEAU.

Vous ajoutez donc encore , monsieur , à chaque instant à vos bienfaits ; vous êtes sans cesse occupé de nous 9 comment voulez-vous que nous nous taisions sur la reconnaissance que nous vous devons.

Je suis trop heureux , madame du Pontier , si vous

i58 LA SINGULIÈRE DELICATESSE,

êtes contente de moi* Je voudrais seulement savoir si Laurence approuve mes projets.

M—. DE BLBRANGE.

Votre exemple , monsieur, doit me déterminer-, et, puisque vous vous mariez , il est tout simple que j'accepte le parti qui m'est offert , surtout par vous.

Je me marie ! Est-ce Marci qui vous Fa dit?

M. DE MARCI

Sûrement c'est moi $ et j'ai ajouté que c'était pour ce soir , c'est-à-dire que le contrat sera signé*

M Ue . PRÉDEAU.

Vous ne sauriez croire le plaisir que nous fait votre mariage.

M me . DE BLÉRANGE.

Oui , je vois avec la plus grande joie que vous allez être heureux.

Vous le croyez , Laurence ?

M me . DE BLÉRANGE.

Je le désire trop pour n'en pas être persuadée. .. Je ne conçois pas de plus grand bonheur que celui d'épouser ce qu'on aime. '

Ah ! sans doute !

M m *. DE BLÉRANG-E,

Le reproche que j'ai à tous faitfc *. monsieur , c'est de m'avoir caché que vous aimiez. J'avais cru cependant m'en apercevoir.

Comment ?

Le troublfr qui vtwtsr agitait en partant d'aimer , et celui qui vous agite encore, me prouvent que vous me trompiez.

Page 1