SCÈNE X
M m *. DE BLÉRANGE, avec l'habit de Laurence, du rouge , et se cachant le visage avec un mouchoir , M. DE SAINT-ALBE, M. DE MARCI.
M me . DE BLÉRANGE.
Monsieur , je viens vous demander mille pardons.
M. DE SAINT-ALBE, sans la regarder.
A moi , mademoiselle ?
Oui , monsieur ; puisqu'il m'est impossible d'épou- . ser celui que vous m'aviez fait proposer par votre ami.
Eh bien , ne l'épousez , pas mademoiselle ; je ne veux point tyranniser votre cœur.
M me . DE BLÉRANGE.
Ah ! monsieur ! que d'obligations je vous aurai ! vous êtes toujours le même. Qu'il m'est doux de retrouver en vous cette sensibilité qui m'est si chère et si précieuse !
Vous vous abusez , mademoiselle , ce langage n'est pas fait pour moi.
M me . DE BLÉRANGE.
Si vous saviez tout ce qui se passe dans mon cœur...
M. DE SAINT-ALBE, à part.
Ah ! que ne puis-je l'ignorer !
M me . DE BLÉRANGE.
Vous me rendriez plus de justice.
M. DE SAINT-ALBE, froidement.
Je vous rends toute celle que vous méritez.
M me . DE BLÉRANGE.
Non , monsieur , vous ne connaissez pas l'excès de mon amour.