SCENE III
M™* DE SAINT-ANDRÉ
Je viens au-devant de vous par l'impatience où je suis de vous entretenir.
M*"*'" DE MÉNARS
Je suis très-Câchée de vous avoir fait attendre.
M™" DE SAINT-ANDRÉ
Il ne tiendra qu'à vous d'être bientôt établie. Monsieur de Vaiilx vous demand i en mariage. Vos parenîs y consentent , trouvant l'affaire bonne : y donnerez- vous votre consentement ?
l80 PROVERBES
M''"*' DE MÉNARS
De tout mon cœur , rien ne me paroissant si mauvais dans le monde que le personnage d'une vieille fille.
M""" DE SAINT- ANDRÉ
Vous êtes encore jeune , et peut-être trouveriez-vous un meilleur parti.
M''"*' DE MÉNARS
Il ne faut pas quitter le certain pour de simples espérances.
SCÈISE IK
CHARLES
Te voilà dans un triste équipage , que ne tâches-tu de servir ?
LA ROSE
On me propose bien des conditions, mais elles sont si mauvaises que je les refuse.
CHARLES
Il n'y en a pas qui ne vaille mieux que de mourir de faim comme tu fais.
LA ROSE
Je souffre ; mais fje crains de changer souvent de maître, rien ne fait tant de
DE MADAME DE MAINTENON. i8î
tort que d'avoir été de condition en condition.
CHARLES
En effet, il y a des gens qui vous refusent aussitôt que vous leur dites que vous avez été en- différentes maisons ; j'en suis Ui, et je me prépare à quitter encore celle où je suis : on dit que mademoiselle de Ménars se marie , tâche de te fourrer là.
LA ROSE
J'en ai ouï parler , mais ces gens-là ne me plaisent pas.
CHARLES
Pour moi , je t'admire de vouloir choisir étant aussi pressé que tu l'es par la misère.
LA ROSE
Il fLiut avoir de la patience , il viendra quelque chose de meilleur. Mademoiselle Ménars ne m'a jamais paru être élevée pour être une bonne maîtresse, et pour bien régler une maison.
CHARLES
Taut mieux, c'estdans le désordre quori fait ses affaires.
LA ROSE
On ne gagne jam;iis rien h vivre aver des gens déraisonnables , et tu réprouveras à la fin.