DE MADAME DE MAIKTENOK. I77 M^^^ DE MÉNARS
Comment , à mon âge î suis je trop "vieille à vingt ans?
M^^® DE MAREUIL
Non , assurément , vous n'êtes pas vieille, je vous trouve beaucoup trop jeune.
m"^ DE MÉNARS.
Je n'aurois jamais pensé que vous trouvassiez qu'on fût trop jeune à vingt ans pour se marier, et dans un temps où on voit marier des filles à douze ans.
m"^ DE MAREUIL.
Croyez-vous qu'on s'en trouve bien?
C'est la plus grande folie du monde de laisser faire un marché pour toute sa vie à une enfant à qui on ne confieroit pas le choix de sa jupe.
m"® DE MÉNARS.
C'est au père et à la mère à marier leurs enfants.
m"* de MAREUIL.
Oui, mais c'est aux jeunes mariés à en acquitter les obligations ; et s'ils ne les connoissent guère quand ils s'engagent ?
m"® de MÉNARS.
Je ne m'étonne plus si vous n'êtes pas
mariée, je ne pouvois en comprendre la
raison.
Il n'y a rien qui presse.
m"*' DE MÉNARS.
Mais ne craignez-vous point que votre mari ne vous en aime moins quand vous ne serez plus jeune ?
J'aime mieux qu'il m'estime que de m'aimer: et où voyez-vous que ces jeunes femmes sont si aimées, si elles ont un mari assorti à leur âge ? Il ignore, comme elles, con^ment il faut vivre dans le mariage, et ou est brouillé ensemble dans l'âge où l'on auroit dû se marier. Si elles en prennent un vieux, il s'accoutume à les traiter en enfant, et n'en revient jamais.
M^^^ DE MÉNARS
Vous me persuaderiez par la force de vos raisons, si la coutume n'étoit pour moi: mais je vois un de mes gens qui me cher-r che , et qui me force à vou^ quitter.
Tf'E MADAME DE MAIKTENON. 1 -^Q