SCÈNE PREMIÈRE
Madame votre mère me fait un grand plaisir, mademoiselle, en vous envoyant
m"*= alphonsine.
J'y serois venue plus tôt, si madame
DE MADAME DE MAINTENON. 3l7
votre mère y avoit consenti; mais il paloît qu'elle ne veut pas que vous la perdiez de vue.
m''^ mélanie.
Il est vrai que je ne la quitte guère , je passe une triste vie auprès d'elle. Etesvous aussi malheureuse?
m"^ ALPHONSir^E.
Je ne crois pas l'être auprès de ma mère , qui a mille bontés pour moi.
Mais à quoi vous divertissez-vous ?
m"^ alphonsine.
Je travaille dans sa chambre, je vois les personnes qui y viennent , je me promène le soir avec elle.
m"'' mélanie.
Il n'y a rien là de divertissant.
M^^^ ALPHONSINE
Qu'appelez-vous donc se divertir? et fjuelle idée avez-vous des plaisirs?
M^^** MÉLANIE
J'en ai ime bien différente que vous.
M^^'^ ALPHONSINE
Mais , quoi encore ?
ai"^ MÉLANIE.
Je fais consister le plaisir dans la liberté de faire tout ce que je voudrois.
M^^'' ALPHONSINE
Que peut-on vouloir autre chose que de vivre avec les personnes avec lesquelles nous devons vivre, et de tourner nos plaisirs selon les leurs?
Je crois que voici une des femmes de madame votre mère, qui vient vous quérir.
m"^ alphonsine.
Il e^t vrai, mademoiselle, et il faut obéir, quelque peine que j'aie à vous quitter.