SCÈNE PREMIÈRE
M. DE NEMOURS
On dit, monsieur, que vous achetez une terre de conséquence, et qui est éri-» gée en marquisat.
M. DE CABAGNAC.
Il est vrai , monsieur ; il est difficile de se passer d'une maison de campagne.
M. DE NEMOURS
Il faudroit bien s'en passer, si l'on n'avoit pas de quoi l'acheter.
M. DE CABAGNAC.
J'ai quelque chose, et j'emprunte le reste.
M. DE NEMOURS
Je n'aimerois pas emprunter pour acheter.
DE MADAME DE MAINTENON. 33l M, DE CABAGNAC.
Vous serez donc bien étonné , quand je vous dirai que je suis en marché d'une charge à la cour?
M. DE NEMOURS
EsUce que vous renoncez au service?
M. DE CABAGNAC.
J'en serois bien fâché.
M. DE NEMOURS
Quoi! VOUS voulez être courtisan, officier et gentilhomme de campagne ?
M. DE CABAGNAC
Oui , et on ne paroît établi qu'à ces conditions-là ; je m'en marierai mieux.
M. DE NEMOURS
Avec tout ce que vous venez de me dire, vous traitez un mariage?
M. DE CABAGNAC
Il est vrai qu'il y en a un sur le tapis.
M. DE NEMOURS
La moindre de vos affaires me feroît tourner la tête; mais voici deux dames à qui il faut céder la place; elles me paroissent bien sérieuses.