‹ Proverbes inédits. PubliésChapitre 206 sur 221 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

M. DE NEMOURS

On dit, monsieur, que vous achetez une terre de conséquence, et qui est éri-» gée en marquisat.

M. DE CABAGNAC.

Il est vrai , monsieur ; il est difficile de se passer d'une maison de campagne.

M. DE NEMOURS

Il faudroit bien s'en passer, si l'on n'avoit pas de quoi l'acheter.

M. DE CABAGNAC.

J'ai quelque chose, et j'emprunte le reste.

M. DE NEMOURS

Je n'aimerois pas emprunter pour acheter.

DE MADAME DE MAINTENON. 33l M, DE CABAGNAC.

Vous serez donc bien étonné , quand je vous dirai que je suis en marché d'une charge à la cour?

M. DE NEMOURS

EsUce que vous renoncez au service?

M. DE CABAGNAC.

J'en serois bien fâché.

M. DE NEMOURS

Quoi! VOUS voulez être courtisan, officier et gentilhomme de campagne ?

M. DE CABAGNAC

Oui , et on ne paroît établi qu'à ces conditions-là ; je m'en marierai mieux.

M. DE NEMOURS

Avec tout ce que vous venez de me dire, vous traitez un mariage?

M. DE CABAGNAC

Il est vrai qu'il y en a un sur le tapis.

M. DE NEMOURS

La moindre de vos affaires me feroît tourner la tête; mais voici deux dames à qui il faut céder la place; elles me paroissent bien sérieuses.

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