SCÈNE V
M. DE SENNEPART.
Il court des bruits sur vous, monsieur, dont je voudrois bien m'éclaircir par moimême; vous savez que c'est par l'intérêt que j'y prends»
M. DE CABAGNAC.
Je connois votre amitié pour moi, et
VOUS pouvez me questionner sans que je vous accuse d'indiscrétion.
M. DE SENNEPART.
Est-il vrai que le mariage dont on parloit pour vous, est rompu?
M. DE CABAGNAC.
Non, pas encore tout-à-fait, mais il se trouve de grandes difficultés.
M. DE SENNEPART.
Si grandes , qu'on m'a assuré que celle que vous aviez fait demander se marie au premier jour. Mais , est-il vrai aussi que vous n'aurez point la charge que vous comptiez avoir , et qu'un autre a couru sur votre marché ?
M. DE CABAGNAC.
On m'a manqué de parole.
M. DE SENNEPART.
On prétend que votre argent n'étoit pas prêt.
M. DE CABAGNAC.
Tout cela ne m'afflige pas tant que d'avoir mal pris mes mesures pour l'achat d'une terre dont j'avois envie. Je l'ai achetée bien cher; j'y ai fait bâtir, et je la perds par retrait lignage r.
M. DE SENNEPART.
Vous m'affligez sensiblement par tous ces contre-temps.
M. DE CABAGNAC.
Ils me mettent hors <1 état de continuer le service, et je ne sais en effet ce que je deviendrai ; j'abandonne tout ; mes créanciers en sortiront comme ils pourront.
M. DE SENNEPART.
Cela s'appelle une banqueroute.
M. DE CABAGNAC.
J'en sens toute la honte, mais j'y suis forcé.
M. DE SENNEPART.
11 n'est pas temps de vous faire des reproches d'avoir trop entrepris, ce seroit insulter à votre malheur.
Qui trop embrasse, mal etreint.