SCENE IV
M. DE SAINT-MAUR
Ah ! ma fille, j'ai à vous parler sur votre jeu : n'avez vous point de honte ? vous passez les jours et les nuits à jbucr.
M™^ DORFEUIL
Je ne fais que ce que tout le monde fait : et il me semble que les femmes n'ont plus d'autres occupations.
M. DE SAINT-MAUR
Votre mari est bien fou de le souffrir. Mais , pour moi , je ne le souffrirai pas , et je ne veux plus que vous jouiez.
M""® DORFEUIL
Que voulez -vous que je fasse depuis le matin jusqu'au s8ir ?
M. DE SAINT-MAUR
Que vous lisiez , que vous travailliez, que vous ayez soin de votre famille.
M"*® DORFEUIL
Ce n'est plus la mode, et vous parlez du temps passé.
M. DE SAINT-MAUR
Vous êtes une impertinente ! je parlerai à votre mari, et nous vous enfermerons plutôt que de consentir à la vie que vous faites.
jyjme DORFEUIL.
Je suis honnête femme !
M. DE SAINT-MAUR
Eh ! n'ya-t-il qu'une sorte d'honnêteté ? Apprenez, ma fille, que l'honnêteté consiste à acquitter tous ses devoirs.