SCÈNE VI
JULES
Nous nous plaignons , ma sœur et moi , de l'injuslice^de mon père, qui fait toutes les dépenses à la fois , et qui ne peut nous en souffrir aucune.
M'^^DE SAINT-MAUR
Il est votre maître et le mien. Vous ne devez pas l'appeler injuste; et, quoi qu'il fasse , ne manquez jamais à votre devoir.
JULES
Le vôtre est bien sévère : car je crois que vous auriez bien autant de sujet que nous de vous plaindre de lui.
M"'" DE SAIWT-MAUR.
A quoi servent les plaintes ? il n'eu faut point faire , mais prendre tout sur soi sans espérer de persuader les autres.
M"'^ DORFEUIL
Il est vieux , et veut se divertir : je suis
jeune, et il veut que je m'enferme avec ma famille.
m"* de saint-maur.
Je ne conviens point qu'il ait des défauts : mais, quand cela seroit, ils ne vous dispensent pas du respect que vous lui devez.
JULES
Il est difficile d'être aussi vertueuse que vous l'êtes , et je comprends plus aisément la colère de ma sœur que votre patience,
M™*' DE SAINT-MAUR-
La colère fait faire mille fautes dont on se repent trop tard. On ne peut trop tôt s'accoutumer à la patience