‹ Proverbes inédits. PubliésChapitre 63 sur 221 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

M^^^ DALINGRE.

Je t'avoue, ma pauvre Marie , que je suis prête à me désespérer.

MARIE

Eh! qu'est-ce que vous avez? vous êtes demoiselle, vous êtes jeune, vous avez de quoi vous marier ; que voudriez-vous davantage ?

Je donnerois tout cela pour un peu de liberté !

MARIE

Comment liberté ? Est-ce que vous êtes «n prison ?

8o PROVERBES

M^'^ DALlxNGRE.

Je ne suis guère mieux.

MARIE

Vous êtes comme les autres avec père et mère , que voulez-vous de plus ?

m"^ dalingre.

Quoi ! lu ue me trouves point malheureuse de ne me pas divertir , et d'être toujours avec ma famille ?

marie.

Pourquoi ne vous divertissez-vous pas avec votre famille ? ue logez- vous pas avec elle? ne voyez-vous pas la compagnie qu'elle voit? ne vivez-vous pas tous ensemble ?

M^'^ DALINGRE.

Oui, mais tout cela avec contrainte, avec dépendance , et je voudrois être maîtresse.

MARIE

Où avez -vous donc été nourrie ? je ne vous entends point avec votre dépendance. Qu'est-ce que cela veut dire ? il me semble encore une fois que vous êtes comme les autres.

M^^" DALINGRE.

Je voudrois des plaisirs : j'ai passé dix

DE MADAME DE MAINTENON. 8l

ans dons un couvent à garder une règle; j'avois espéré de la liberté ; je me trouve encore pis ici.

MARIE

Vous ne gardez pas de règle. Mais , qu'appelez-vous liberté ?

M^^^^ DALINGRE.

D'aller où je voudrois.

MARIE

Si vous aviez affaire à moi, je vous ou^ vrirois la porte; où iriez - vous ? nous vous verrions bientôt revenir.

M^^^® DALINGRE.

Je ne le crois pas.

MARIE

Mais qu'est-ce donc que vous croyez que les autres font? pour moi,je n'ai guère vu de personne plus heureuse que vous.

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