‹ Proverbes inédits. PubliésChapitre 97 sur 221 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

M. DCVAL.

J'ai deux filles à vous proposer, mais très différentes l'une de l'autre. La première est mademoiselle d'Alençon, elle est belle et riche, propre au monde, elle l'aime et s'en fait aimer , et vous attirera bonne et grande compagnie. La seconde est mademoiselle de Luçay : elle n'est pas

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belle, elle n'est pas riche, elle passe sa vie à servir son père et sa mère. Elle ne fait aucune dépense, elle se cache le plus qu'elle peut; elle est douce, gaie , modeste, adorée de ses domestiques , qui en disent des merveilles. J'en ai gagné un qui m'a fait le portrait que je vous fais. Je me suis informé d'elle dans le quartier où elle demeure ; et, quelque soin qu'elle prenne à se cacher, j'ai vu que sa réputation se répand, et qu'on parle d'elle très avantageusement.

M. DE SAINT-ERNEST

Je ne puis résister, mon cher ami, à aller demander mademoiselle de Luçay à monsieur son père. Je serai trop heureux s'il veut me donner mademoiselle sa fille.

Bonne renommée vaut mieux que ceinture dorée.

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