‹ Proverbes, nouvelles, romansChapitre 15 sur 78 · SCÈNE n · texte numérisé non relu

SCÈNE n

ERNEST, seul, le regardant sortir.

Voilà le monde !... voilà ceux qui réussissent î... Et moit... moi, comment parviendrai-je jamais? Orphelin, sans fortune, je n^ai point de protecteur, point d'ami ; personne ne s'intéresse à moi ; et, pour comble de malheur et d'extravagance, il faut encore que je sois amoureux... et de qui? d'une grande dame pour qui je donnerais ma vie et qui sait à peine que j'existe... (se promenant À grands pas.) Je ne puis dire ce que j'éprouvais tout à l'heure, pendant qu'il écrivait cette lettre. — C'était du dépit, de la jalousie, de la rage... oui, de la rage !... et pourquoi? est-ce que cela m'importe? est-ce que cela me regarde? est-ce que je suis quelque chose au monde ? Aussi quand je songe à mon existence précaire et misérable, j'entre dans un accès de ressentiment contre tout le genre humain, j'ai besoin de me venger du malheur que j'éprouve. — Qui vient là? M. de Nangis... son maril (Arec colère.) son mari ! Vient-il me narguer avec son bonheur?

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