SCÈNE I
( Une salle de rappartement de M. de Roquefeuille , en 1789. )
LE COMTB DB ROQUEFEUILLE, ASSIS, SON PERRDQOIBR LE COIFFANT.
LE COMTE
Eh bien ! mon cher , qu'y a-t-il de nouveau aujourd'hui ?
LE PERRUQUIER
Oh, M. le Comte, cela chauffe Il y a des
rassemblemens dans toutes les mes, et Ton parle d'aller assiéger la Bastille.
LE œMTE.
La Bastille !.. Ah, parbleu , je le leur conseille !
LE PERRUQUIER
On ne voit partout que des piques et des fusils , et comme j'entrais dans votre hôtel un détache-
ment nombreux passait devant la porte en invitant tout le monde à marcher au faubourg Saint- Antoine.
LE COMTE
Il n'y a vraiment pas de bornes à Taudace de cette canaille-là... Mais je suis bien tranquille ; au premier coup de canon à poudre que M. Delaunay va faire tirer , tout cela prendra la fuite sans demander son reste.
LE PERRDQUIEB.
Oh! Monsieur le Comte pourrait se tromper...
LE COMTE
Ne sont-ce pas les mêmes bandes que le prince de Lambesc a sî bien étrillées avant-hier dans les Tuileries?.... Quelques-uns de ses dragons ont suffi pour balayer cette multitude menaçante. Allez, si la cour voulait s'en rapporter à moi, }e ne démoderais que deux jours pour rétablir Tordre. Qu'on fasse entrer quatre ou cinq régimens dans Paris , qu'on jette dans une basse-fosse Mirabeau et tous ces braillards qui prêchent la réforme , et on verra que tout cela p'est qu un jeu.
LE PERRUQUIER
Je crois, Monsieur le Comte, que cesmesureslà ne feraient qu'augmenter la fureur du peuple;, tout le monde est mécontent. Si vous aviez vu ce matin les groupes ;. si vous aviez entendu ee