SCENE I. 2o
qui se disait , avec quel feu chacun parlait de liberté, d'indépendance...
LE COMTE
Vous me coupez Si vous voii5 occupiez de
votre rasoir , au lieu de donner votre avis sur les affaires publiques, cela n'arriverait pas.
LE PERRUQUIER
La lame a tourné mais cela ne sera rien...
Quant à mon avis, que je me suis permis d exprimer sur ce que disait Monsieur le Comte , je crois être excusable. Ce qui se passe m'intéresse autant qu'un autre : ne suis-je pas citoyen?
LE COMTE
Vous êtes perruquier , mon amî , et chez moi surtout vous n'êtes que cela.
LE PERRUQUIER
Mais, Monsieur le Comte....
LE COMTE
Un peu de poudre sur cette boucle... Maintenant allez coiffer mon neveu, et comptez -lui toutes ces belles nouvelles... Il verra si les choses marchent aussi gaîment qu'il le supposait... Sonnez mon valet de chambre... C'esl bien, sortez.
( Le perruquier sort ) ( Entre un ralet de chambre. )
LE COMTE
Les journaux....
ao2 LE GENTILHOMME LIBÉRAL.
LE VALET DE CHAMBRE
Les voici, M. le Comte^.. Il paraît qu'il y a un très-beau discours de M. de Cazalès.
LE COUTE
Ah, ah!..
LE VALET DE CHAMBHE
C'est une réponse à ce qu'a dit hier Mirabeau, qui, comme à l'ordinaire, n'a pas le sens commun.
LE COMTE
Tu as bien raison.... De grandes phrases et de grands mots, voilà tout.
LE VALET DE CHAMBRE
C'est pour la canaille, qui trouve cela superbe.
LE COMTE
Voilà le fruit de cette belle philosophie qui est devenue si fort à la mode... Tous ces bavards de l'assemblée viennent répéter une leçon qu'ils ont apprise dans Voltaire... Il y a long-temps que j'ai prédit pour la première fois les malheurs que causerait cet homme à la société.
LB VALET DE CHAMBRE
Il est vrai que Candide est un peu leste... Voici M. le marquis.
(£iitt« Ir otarqnk de MonriUe. ) M. DE MORVILLE.
Eh bien, mon oncle, savez-vous?...