SCENE IL
ce sont auAsi les siens , et je pense que cette recommandation doit suffire près de vous , pour vous engager à le recevoir parmi Jes metnbres de ce club.
DENIS
Monsieur, c'est avec la plus grande joie que nous accueillons les défenseurs de la liberté : les ennemis de la révolution voudraient tirer parti des clubs , en y faisant pénétrer des fanatiques à gages, dont les excès pourraient épouvanter les citoyens paisibles; celui-ci du moins, que j'ai l'honneur de présider en ce moment , ne servira qu'à confondre leurs projets, tant qu'il dépendra de moi de surveiller sa composition.
HORVIJLLE.
Je ne doute pas, Monsieur, qu'il ne soit fréquenté que par des gens comme il faut...
RÉON.
Par de vrais patriotes, enfin...
DENIS
L'assemblée nationale , en abolissant les titres , a confondu les rangs selon le vœu de la nature qui nous a tous créés égaux... Vous trouverez ici l'application de ce grand principe; le modeste artisan peut y exprimer sa pensée à côté dû magistrat et du guerrier... On va bientôt ouvrir la séance; après votre présentation, que je ferai moi-
même , il sera nécessaire que vous prononciez un discours.
MORVILLE
II suffit 9 Monsieur, je vais m'y préparer.
( Denk s'éloigne. ) RÉON.
Ah ça, pas de faiblesse; songe bien que cette démarche va te populariser tout-à-fait... Tu ne tiens pas à tes titres , puisqu'ils n'ont plus aucune valeur.
MORVILLE
Oh , sans cela, ne sais-je pas bien que ce sont de vaines chimères. . . Mais , dis-moi , ce président a de bonnes manières pour un avocat... Je m'attendais à trouver un lourdaud...
RÉON.
Parce qu'il n'est pas noble?...
MORVILLE
Eh! non cela n'y fait certainement rien,
mais que veux-tu, on a quelquefois sans raison des idées
RÉON.
Voilà déjà la foule qui pénètre dans la salle , ne t'éloigne pas de la tribune ; moi , je vais parler de tes mérites aux membres les plus influens du club, pour effacer l'impression défavorable qu'au-