TOU
Vive l'Empereur ! vive la France !
M. de Morvîlle voit en ce moment , Messieurs, que je ne l'avais point trompé , en préjugeant de votre enthousiasme. Il vous estimera dignes, sans doute, de diriger celui de vos compatriotes, et je
SCËNE IV. a3i
lui remets devant vous cette liste où j'ai cru, ei^i vous y inscrivant, placer sous ses yeux les noms de ^os meillet^ citoyens.
M. DS MOilSnLLB prentot IMiUe^
Il su£Eit, mon cher Denis, je n'oublierai pas ce renseignement, pour la nomination des officiers... Mais vous ny figurez pas, ce me semble.
DENIS
Mon rang est fixé : je veux être soldat. Chef d une grande manufacture, je dois à mes ouvriers l'exemple de la discipline qu'ils subiront; le meilleur moyen d'étouffer les murmures, s'il venait à s'en élever parmi eux, est de leur montrer que j'obéis sans me plaindre et que nos devoirs communs ne me coûtent point à remplir. Nous allons vous laisser , mon cher Morville , prendre un peu de repos ; je reconduis ces messieurs, et viens vous retrouver tout à l'heure*
{D«DM Bort, nÛTÎ d« ceux ^alHiTait ameoés^ MADAME DE MORVILLE.
Tu vois , mon ami > qu'il est bien désintéressé.
M. DE MORVILLE
C'est dans son caractère Mais examinons
enfin cette liste. ^
(II Ih.)
« M. Duchesne, maître de forges, ancien sous-
officier de Tarmée de Sambre et Meuse ; M. Leboo*, entrepreneur de bâtimens, ancien lieutenant à l'armée du Nord; MM. Grisel, Justin, Legrand, marchands de draps; M. Pirault^ tanneur, Bernard
blessé à Yalmy » Que diable est-ce que ce
monde-là ? Je ne vois pas un nom.
MADAME DE MORYILLB.
Ce sont f à ce qu'il paraît , d'amciens militaires sur lesquels on peut compter.
M. DE MORYILLE.
Je ne dis pas le contraire ; mais il faut quelque famille considérable du pays à la tète de la garde nationale..... Jusqu'à des tanneurs qu'il a fourrés là-dedans!.... Maïs en vérité Je ne conçois pas cet homme : il en est encore à 92 ! Jl doit y avoir ici des gens comme il faut , de grands propriétaires mtéressés au maintien de l'ordre, et c'est eux surtout qu'il s'agit de choisir. Oh!.... M. Denis, cela ne peut pas marcher de cette manière , et je ne vais pas rester long-temps dans votre maison !
( EntN Denis. > DENtS.
Mon cher MorviUe, ces Messieurs sont enchantés de vous ; je réponds que vous serez bien secondé , et dans aucun département la garde nationale ne sera, je crois, animée d'un aussi bon esprit que dans le nôtre.