SCENE IV
M. DB HORVILLE.
Je Tespère comme vous.
DENIS
Pour moi , je n'épargnerai pas ma peine ; s*îl dépendait de ma volonté, la France entière se lèverait en masse. Tenez, mon ami, «cela me rappelle le manifeste du duc de Brunswick!.... L'enthousiasme qtii m'embrasait alors se réveille aujourd'hui dans mon cœur. Vous savez que je n'ai jamais trop aimé Napoléon ; maïs je ne m'occupe pas maintenant de cette idée D'ailleurs
son décret me raccommode un peu avec lui.
M. DE HORVILLE.
Vous voyez qu'il se rattache aux institutions nationales.
DENIS
Oui ; il sent enfin que sans elles il n'y a pas de salut pour la France. Prouvons-lui, morbleu, qu'il ne se trompe pas, afin que plus tard il profite de cette grande leçoxu Ah ça..... vous avez lu ma liste ?
M. DE MORVILLE
Oui, et je voulais même vous faire quelquesobservations à ce sujet. Aucune famille... connue dans ce pays n'y figure.
DENIS
Que dites-vous là?... Tous ces noms sont certes
:i34 LE GENiaHOMME LIBÉRAL.
bien connus depuis long-temps ; ils sont connus pour appartenir à de brares , d'honnêtes citoyens dont l'industrie fait notre richesse.
11^ BB MOHVIIXB.
Je le crois; mais ce n'est pas cette seule classe de gens «pii jouit de la considération publique. Les premières maisons de la province n'en font pas partie 9 et
DENIS
Vous voulei |)arler des nobles!.... Il y en a peu sur lesquels on paisse faire fonds. La plupart vivent dans leurs châteaux, d'où vous ne les dérangerez pas, si vous m'en croyez. N'ont-ils pas combattu contre nous sur le Rhin?
M. DE MORVILLE
Ces temps-là sont passés.
DENIS
Hélas , oui ; mais les émigrés sont restés les mêmes.
UNE FOULE DE VOIX , en debon.
Vive l'Empereur !
M. DE MORVILLE
Quel est ce bruit?
DENIS . i hi ftûtlre.
Ce sont mes ouvriers précédés d'un drapeau... J'en vois un qut monte : il semble député par eux.
{Entre uo mitrierr)