SCÈNE Y
( Le cabinet de M. de Morville , le 19 mars 181 5. )
M. PE MORVILEE , RÉON.
, M. DE MORVILLE
Ah te voilà Eh bien?
RÉON.
Eh bien^ mon ami, il arrlye.
H. DE MORVILLE
Que faire?
RÉON.
Âh il faut voir. Je suis fort bien en cour.
M. DE MORVILLE
Moi je n'étais pas trop bien vu.
L'Empereur nous aimait beaucoup.
M. DE MORVILLE
Et il va revenir libéral J'ai un peu travaillé
au Nain jaune.
RÉON.
C'est quelque chose , mais enfin... Entrera-t^i dans Paris?
238 LE GÈNTitHOMME LIBÉRAL-
M. DE MORVILLE
En* peux-tu douter?... La défection est générale.
RÊON.
On ne nous entend pas ?
H. i)k UOIVILLB.
J'ai défendu ma porte.
RÉON.
Je sais de bonne part que le Roi quitte Paris cette nuit.
H. DE MORVILLE
En vérité Où va-t-il ?
RÉON.
En Belgique : suivrons-nous sa fortune?
M. DE MORVULE.
S'il doit revenir , cela me blanchirait...
RÉON.
Oui, mais si l'autre reste...
M. DE MORVILLE
C'est embairassant.
RÉON.
Ecoute: depuis la révolution nous ne nous :sommes jamais quittés ; l'un de nous a toujours poussé l'autre , et nous continuerons j'espère à