LE DOMESTIQUE
Madame la Marquise descend ea ce moment ; la voici.
; Il ml. )
( Entre Madame de MerriUe. }
M. DE MOBVILLE.
Ma chère amie, Manuel est renvoyé de la Chambre ; je viens de le savoir à l'instant par le petit Denis qui a eu la sottise de se faire rosser sur la place Louis XV...
MADAME DE MOBVILLE.
Son père sort . de chez moi.
M. DE MOBVILLE.
Ah ça, voilà une place vacante, il s*agit de me ' faire nommer.
MADAME DE MOBVILLE.
Gomment, tu penses à cela?
M. DE MOBVILLE.
Eh l mais certainement ; ma réputation de libéralisme est , je/îrois , assez bien établie pour m offrir des chances de succès ; j'ai déjà failli deux fois être nommé , et avec quelques efforts j'atteindrai le but à la troisième.
MADAME DE MOBVILLE.
Mon ami , tu sais que je n'aime pas la politique ; libéraux et ultras, je vous trouve tous aussi peu amusans les uns que les autres , et dans ce moment
je m'occupe d'une affaire qui intéresse plus di-* rectement mon cœur, c'est du mariage de ma fille. M. Denis, comme tu le sais, a fait fortune dans les affaires; il m'a parlé de son fils auquel il donne cent mille écus
M. DE HORYILLK *
Allons donc !... il ne faut pas y penser.
MADAME DE MORVILLE
Pourquoi?... Les deux enfans s'aiment depuis ïong-temps , M. Denis est ton ancien ami ; il est riche , il partage tes opinions
M. DE MORVILLE
Tout cela est très-bien, mais il y a encore d'autres considérations dans un mariage... Ma fille a
un nom, et je ne veux pas qu'elle s'appelle
Madame Denis.
MADAME DE MORVILLE
Comment, c'est là l'obstacle Je ne croyais
pas qu'avec tes principes...
M. DE MORVILLE
Mes principes n'empêchent pas que le monde n'ait ses préjugés , et une femme surtout doit être à l'abri de leurs atteintes... Je vous demande un peu comme j'aurais bonne grâce dans un salon , quand je dirais : Je vous présente ma fille , Madame Denis... Chacun se détournerait pour rire;»: