SCÈNE YI
JULES
Oh! Monsieur, les scélérats!.... Ils nous ont ichargés, mais ils le payeront cher.
H. DE HORVUiLE.
Vous venez de la Chambre?
JULES
Oui, sans doute, j'étais impatient de connaître le sort de M. Manuel.... Quand je suis arrivé, la place et le pont étaient couverts d une multitude , curieuse , composée d'élémens divers, dans laquelle on remarquait d'un côté dés groupes d'étudians, et de l'autre des gardes-du-corps sans uniforme, dont l'attitude menaçante indiquait d'avance les projets. A peine la séance fut-elle terminée, et le fatal arrêt connu, qu'aussitôt...
M. DE MORTILLE.
Manuel est-il renvoyé?
JULES
Renvoyé.., dites chassé, arraché du sanctuaire des lois. Mille cris d'indignation se firent entendre , et bientôt , le tumulte augmentant , les cannes furent levées , et une bataille s'engagea. La gendarmerie, le sabre au poing, vint pousser ses chevaux au milieu de la foule; tout ce qui ne prît pas la fuite fut renversé ou blessé , et moimême j'ai eu mon chapeau fendu.... Je ne vou»
parle pas des contusions. ... mais je sais bien que j'ai les os brisés. ... par amour pour la Charte.
M. DE MOBVILLB.
C'est une indignité..^ — mais il est impossible que cela dure ; la jeunesse d'aujourd'hui est ani* mée de trop bons sentimens pour que nous n'espérions pas tout d'elle Oui, mesenfans, c'est
vous qui régénérerez la France... Vous seuls êtes les vrais libéraux dont notre vieille expérience guidera la jeune audace.
IULES
Oh! soyez sans inquiétude, neus ne céderons jamais aux efforts du despotisme.
M. DE HOBVILLE.
Ge pauvre Manuel !. . . Il faut que j'annonce cette nouvelle à ma femme.
(Il tOOD». }
IULES
Moi , je cours chez mon père qui doit être sur les épines.
(Entre un doBCftiqne. ) LE DOMESTIQUE.
Monsieur a sonné?
M. DE MORVILLE
Adieu, mon cher Jules. ^Juietiort) Cela vous paraît trop long de dire Monsieur le Marquis?... Sachez si Madame est visible.