SCENE IV
LE SEBGfiNT.
Je suis fâché d'être à jeun, et voilà tout.
FÉLIX
Commeat , à jeun! il est six heures du soir.
LE SEHGENT.
Gela n'empêche pas que nous n'avons rien mangé depuis ce matin.
ÉDOUABD.
Il fallait donc nous dire cela au corps-de-garde; il était facile de faire venir quelque chose, et nous eussions trinqué avec vous.
LE SERGENT
Vous êtes bien bon , Monsieur. Tenez, cela me
rappelle l'Espagne. Ah ! dans ce pays-là les moines
n'étaient pas à la noce!... sous le maréchal Suchet,
à Valence , ils ne nous auraient pas fait tenir ainsi
' dix heures sur pied.
FÉLIX
Et vous n'auriez pas pris au collet ceux qui eussent tiré des pois fulminans sur leur passage.
LE SERGENT
On leur tirait autre chose, dans ce temps-là... Je me souviens qu'à Alicante nous en avons pris quatre dans un couvent; ils avaient fait des meurtrières, et comme nons approchions. . .
( Eotre le Juge d'initmctioD.} LE JUGE.
Sergent, où avez-vous arrêté ces Messieurs?
LE SEEGfiNT.
Devant l'église , Monsieur le Juge.
LE JUGE
Quels désordres y ont-ils commis?
LE SERGENT
Monsieur le Juge, ils étaient devant Téglise, et je les ai arrêtés.
LE JUGE
Je le sais; mais que faisaûent-ils alors?
LE SERGENT
Us faisaient ils étaient devant l'église.
EDOUARD
Monsieur, nous regardions...
LE JUGE
Ce n'est pas vous que j'interroge, {knsetgtnt) Avezvous remarqué s'ils troublaient la tranquillité publique? ^
LE SERGENT
Je n'en sais rieu , Monsieur le Juge.
LE JUGE
Pourquoi les avez-vous arrêtés?
LE SERGENT
Parce qu'ils se sont trouvés là quand le commissaire de police nous a fait venir; ils étaient devant l'église...
LE JUGE
Vos noms, MessîeuTs.