SCÈNE lY
EDOUARD
Edouard Bouret.
FÉLIX
Félix Lebrun.
LE JUGB.
Comment, Messieurs , deux jeunes gens appartenant à des familles honnêtes, peuvent -ils se compromettre dans de pareilles affaires? am^) Vous surtout, Monsieur, petit-fils du Maire, comment n'avez-vous pas songé aux conséquences d une semblable conduite ?
FÉLIX
Monsieur, je vous proteste que je suis innocent. Je me rendais à la mission d'après les ordres de mon grand-père et de ma mère : mes camarades se sont moqués de moi et m'ont eqipèché d'entrer à l'église ; mais je n'ai commis aucun délit.
LE JUGE
Je sais. Messieurs, que des malveillans ont prémédité cette scène scandaleuse. Le départ du directeur de spectacle a été , dans les cafés voisins , le prétexte de complots illicites. On a tiré des pois fulminans, on a proféré dés injures; l'autorité qui veillait a dû remarquer les coupables, et si vous avez été pris , c'est que vous étiez de ce nombre.
EDOUARD
Monsieur le juge, quoi qu'il doive m'arriver , je
ne veux chercher aucun détour : il est vrai que j'ai ri , mais je n ai pas fait autre chose. J'ai ri , parce que tout cela me semblait ridicule , et si vous voulez en savoir la raison , je vous demanderai la promesse de ne pas m'interrompre.
Parlez , Monsieur.
EDOUARD
Quelle que soit la gravîté de votre tribtknal , il faut bien 9 pour ma défense , que je me permette d'y chanter. Or, le moyen de ne pas rire en entendant nos jeunes personnes chanter ce qui suit :
Âift t Dans un verger CoGmtte (i).
J^ai péché dès mon enfance , J^ai éhassé Dieu de mon cœur; J^àî p6rdu iibon inB0<^enc6«..
Quelle perte I ah I quel malheur !
Oh! qui lAettrû dahs ma tête Une fontaine de pleurs 9 Sur la perte que j'ai faite 9 Sur le plus grand des malheurs I
Innocence inestimable Que je te connaissais peu , Quand d'un bien si désirable La perte m'était un jeu !
(0 Voyez Jfouveau Choix de* Cantique» de Saint-Sidpice , publié à Nancy > ches Hcener , imprimeur y édition de 1896, page aba.