‹ Proverbes romantiquesChapitre 22 sur 157 · SCENE YII · texte numérisé non relu

SCENE YII

^ RICHAED.

Sans doute ; mais je trouve cette ville de Missolonghi bien malpropre et bien incommode^ Notre auberge d'Espagne était uç palais auprès de la maison qu» nous allons occuper.

ARTHUR

Il s'agit bien de cela, vraiment !..•• Crois-tu qu*Odysseus , Canaris , et tous ces illustres chefs qui conduisent à la victoire les descendans de Thémistocle et Léonidas, soient mie;ux logés que toi? Tu dormiras dans un lit ! c'est sur la dure, c'est sur le plancher d^un vaisseau qu'ils se reposent

RICHARD

Bon Dieu ! ne te fâche pas« Je ne suis point soldat comme eux , et }'ai malheureusement toujours joui de mes aises.

ARTHUR

Mais, en vérité, je ne te comprends pas : toncœur est-il de glfice? Pour moi , je pensais qu'il était impo^ble à l'homme le plus apathique d'aborder aux rivets de Grèce sans être éiectt^isé, sans changer à l'instant de nature... Ah, mon pauvre Bichar4 9 que je te plains !

RICHARD. '

Pour le "coup, tu as raison.; je suis à plaindre, en eflfet, d'avoir uni ma destinée à celle d'un com-

46 LE COSMOPOUTE.

pagnon aussi aventureux... Gb! c'est que je te connais! tu es capable de me faire jpnrôïet, sansm^en pférenîr , dans les ra!ngs des Hellènes. *

Eh bien , reftiseraîs^tu?

IttORAllD.

Dix fois pcnjr une , je t'en préviens. Je seconderai de mes vœux une cause sainte , une cause commune à tous les peuples de'TEurope, je contribuerai même de ma fortune, s'il le faut, au succès des arines de là nouvelle république ; mais m'exposer au Sabre de quelque brutal d'Albanais, qui m'aurait enlevé la tête avant que j'eusse pu savoir d'où il sort , c'est ce que tu ne me verras jamais faire ; tu peux bien y compter.

ARUtXTR.

Regarde cette maison, et rougis à son aspect... C'est là que lord Byron a rendu le dernier soupir.

Cela poilrra bien nous arriver comme à lui , si nous restons quelque temps dans cette ville, dont l'aîr malsain me fait déjà ressentir ses effets.

AfttRpiL

Bon , tu t'y feras ; et quand nous jouirons du beau climat de l'Attique , tu n'y songeras plus. Oh ! qu.H me tarde de saluer la cité de Miltiàde et de Périclës! de contempler ce Pirée, où rentrèrent

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