SCENE I
RICHABD.
Mon cher Arihur , tu n as pas plus que moi , ta fortune sur le grand livre ; jamais jésuite n'est Tenu nous interdire l'entrée de l'Opéra, ou nous défendre le vin de Champagne ; n'allons donc pas nous créer des tourmens, et savourons à loisir notre bonheur.
ARTHUR
Toilà en abrégé un petit cours d'égoisme.
RICHARD
J'en ai dans l'esprit , mais non dans le cœur ; et pour t'en donner la preuve , je suis prêt à essayer avec toi d'une autre patrie. Voyons , où allonsnous?
ARTHUR
La saison est stiperbe, et le beau ciel du midi me sourit d'avance. J'^i pris un passe-port pour l'Espagne. Nos armées viennent de porter la paix <lans ces contrées, et nous pourrons, sans inquiétude, jouir de l'aspect enchat>teur des rives de l'Èbre et du Guadalquivir; il me tarde de contempler une autre nature; de revoir successivement , en sotivenir, à Cordèuè, les exploits de "Gonzalve; à SévîUe, les espiègleries de Figaro:..
Et de goûter à Malaga^ à Xérès, à Alicante, les vins délicieux dont nou5n'»vonsf ici que des
' i8 LE COSMOPOLITE.
contre-façons. Dis-moi donc : il paraît que les femmes sont fort jolies, de Tauti^e côté des Pyrénées?
AUTHUR.
Des yeux noirs, une taille divine
BICHAHD.
Ce sera charmant; nous nous fixerons là , n'estce pas?
ABTH9R.
Nous en causerons plus tard ; en attendant , je vsds ce soir méditer sur la carte d'Espagne.
BICHABD.
Et moi , sur xjelle de Véry,