SCÈNE I
( Une salle de l'auberge. )
DURAND, PAUL DURAND déjeunant Ah ça , mais tu ne finiras dpnc pas? Quel appétit !
PAUL DURAND
Sais^tu bien que ma filature de coton est à cinq bonnes lieues d'ici.,., et puis, quand on est électeur du grand collège , il faut se préparer aux importantes fonctions qu'on doit remplir.
DUllAND.
Si la préparation continue de cette manière , Texécution finira par en souffrir. Vois-tu , Paul , entre frères on a le droit de se dire tout: eh bien, vraiment tu devrais songer à devenir plus sobre. Toutes les fois que tu viens dîner ici , tu babilles en sortant de table , tu ne fais pas attention à tes paroles, et tu en lâches quelquefois de si fortes que cela peut nous compromettre tous deux.
PAUL DURAND , ▼idant wn vem.
Durand , tu me répètes toujours la môme chose. .
qu'on dise de moi ce qu'on voudra , cela m'est égal : je suis manufacturier , et je ne dépends de
personne un ancien soldat comme moi ne
craint pas les mouchards.
DURAND
Tais-toi donc.
PAUL DURATO), ii^h«it
Non, je^ ne les crains pas, et si tu en ^ dans ton hôtel, c'est tant pis pour toi. On peut avoir son opinion , je pense ?
DURAND
Mais moi , qui appartiens au public , je ne dois pas en avoir, et lorsqu'on t'entend brailler comme tu le fais, on peut croire que je partage la tienne.
PAUL DURAND
J'espère bien qu'il en est ainsi.... N'as-tu pas le droit de penser? N'es-tu pas Français?
DURAND
Du tout , je suis aubergiste , et comme l'argent des libéraux ne vaut pas un sou de plus que celui des ultra , je ne veux mécontenter ni les uns ni les autres.
PAUL DURAND
C'est en raisonnant de cette manière qu'on nous ramènera la féodalité
DURAND
Ah ! voilà les grands mots que tu as appris de-