SCÈNE I
puis deux ou trois ans. Y pensais-tu quand tu portais des balles de coton? N'en livraîs-tu pas à tout le monde indistinctement, et t'informais-tu de la couleur des gens pour leur faire acquitter les factures ?
PAUL DURAND
Bah !... tu déraisonnes ; dans ce temps-là j étais ouvrier, et je ne connaissais pas la Charte. Aujourd'hui, je dis tout haut ce que j'ai sur le cœur , et personne n'a le droit de s'en mêler.
DURAND
Attends donc au moins que j'aie fait comme toi ma fortune, pour m'engager à suivre ton exemple.
( Entrent le marqub de Borigny . œadune de lorigoy. ) MADAME DE BORIGNT , i U couline.
Payez le postillon et transportez nos effets au salon.
LE MARQUIS
Bon Dieu ! que ces voyages sont désagréables !. . C'est bien le dernier qtie vous me ferez entreprendre. \
MADAME DE BORIGNY.
Vous me l'avez assez répété. . . Bonjour, Durand.
DURAND
Madame la marquise , j'ai bien l'honneur de vous saluer.... Faut-il vous servir à déjeuner?
MADAME DE BORIGNY.
Oui, yous allez faire mettre le <y>uvert dans notre appartement.
DURAND
A l'instant, madame la marquise.
LE MAROCIS.
Nous n'avons pas de temps à perdre.
PAUL DURAND
Oh ! je m'en vais , car cela m'humilie de voir mon frère oublier sa dignité devant ces gens-là. (Haut.) Adieu ; je reviendrai.
(Il «ort. ) LE MARQUIS.
Ëh bien ! Durand, que dit-ron , mon ami ? Vous, qui voyez des gens de toute sorte, vous devez entendre bien des propos. "
DURAND
Je vous avouerai, M. le marquis, que je ne fds guère attention à ce qui se dit chez moi.
MADAME DE BORIGNT.
Il a dû passçr ici beaucoup d'électeurs!...,. N'est-ce pas votre frère qui était à cette table quand nous sommes entrés?
DUfiAND.
Oui , madame la marquise.
LE MARQUIS
N'est-ce pas lui qui fait du cotpn , ou quelque autre chose comme cela , près de mon château?