‹ Proverbes romantiquesChapitre 47 sur 157 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

puis deux ou trois ans. Y pensais-tu quand tu portais des balles de coton? N'en livraîs-tu pas à tout le monde indistinctement, et t'informais-tu de la couleur des gens pour leur faire acquitter les factures ?

PAUL DURAND

Bah !... tu déraisonnes ; dans ce temps-là j étais ouvrier, et je ne connaissais pas la Charte. Aujourd'hui, je dis tout haut ce que j'ai sur le cœur , et personne n'a le droit de s'en mêler.

DURAND

Attends donc au moins que j'aie fait comme toi ma fortune, pour m'engager à suivre ton exemple.

( Entrent le marqub de Borigny . œadune de lorigoy. ) MADAME DE BORIGNT , i U couline.

Payez le postillon et transportez nos effets au salon.

LE MARQUIS

Bon Dieu ! que ces voyages sont désagréables !. . C'est bien le dernier qtie vous me ferez entreprendre. \

MADAME DE BORIGNY.

Vous me l'avez assez répété. . . Bonjour, Durand.

DURAND

Madame la marquise , j'ai bien l'honneur de vous saluer.... Faut-il vous servir à déjeuner?

MADAME DE BORIGNY.

Oui, yous allez faire mettre le <y>uvert dans notre appartement.

DURAND

A l'instant, madame la marquise.

LE MAROCIS.

Nous n'avons pas de temps à perdre.

PAUL DURAND

Oh ! je m'en vais , car cela m'humilie de voir mon frère oublier sa dignité devant ces gens-là. (Haut.) Adieu ; je reviendrai.

(Il «ort. ) LE MARQUIS.

Ëh bien ! Durand, que dit-ron , mon ami ? Vous, qui voyez des gens de toute sorte, vous devez entendre bien des propos. "

DURAND

Je vous avouerai, M. le marquis, que je ne fds guère attention à ce qui se dit chez moi.

MADAME DE BORIGNT.

Il a dû passçr ici beaucoup d'électeurs!...,. N'est-ce pas votre frère qui était à cette table quand nous sommes entrés?

DUfiAND.

Oui , madame la marquise.

LE MARQUIS

N'est-ce pas lui qui fait du cotpn , ou quelque autre chose comme cela , près de mon château?

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