SCÈNE I. i
• vous voudrez bien me métfre à même de vou* » donner des preuves de tout l'intérêt que vous » m'avez inspiré? Je suis, en attendant une ré- »ponse,
«Votre dévoué serviteur,
»Dklport. »
11 paraît que c'erf un Monsieur qui est amoureux de Mademoigelle.
MADAME DESCHAMPS
Amoureux , sotte que vous êtes ! Vous ne voyez pas que c'est quelqu'un qui veut lui être utile... Vous savez bien comme on les reçoit ici, les amoureux.
FRANÇOISE
Oh, pour ma part, Madame , j'ai bien rembarré tous ceux qui se sont adressés à moi!... Ce serait si grand dommage de voir Mademoiselle faire comme les autres , et cesser d'être honnête.
MADAME DESCHAMPS
C'est bon , gardez vos réflexions pour vous.
FRANÇOISE
Voilà Mademoiselle qui rentre.
( M^Ame Deschamps serre là leilre. ) (Eutre Julie.)
niLIE.
Maman , le spectacle est changé : je danse ce soir*
i54 LE CONSEIL DE FAMILLE.
llâOAME DESCHAMPS.
Ah!.... hé bien tant mieux, mon enfant.....
quand on est jeune il faut cultiver son talent. Françoise , vous nous ferez dîner de bonne heure. . . Elle ira t'habiller, parce que je vais ce soir au spectacle.
JULIE
Où donc!
MADAME DESCHAMPS
A la Gaîté avec le petit voisin.
JULIE
Dieu! que c'est désagréable... moi qui aime tant les mélodrames ! J'ai envié de dire que je suis malade,
MADAME DESCifAMPS.
Du tout. Mademoiselle , yous danserez... Je vous conseille de vous négliger vraiment , et de laisser briller les autres à votre place* Quand on n'est pas riche, il faut faire son état, en attendant qu'onje devienne.
JULIE
Ce pauvre M. Gustave qui s'est donné la peine de prendre des billets !
MADAME DESCHAMP&
Le voilà bien malade, n'est-ce pas? Il verra toujours le spectacle ; ainsi son argent ne sera pas perdu.