SCÈNE II
DDPIN.
Je connais la valeur des mots.
MADAME BESCHAMPS.
Vous auriez vu qu'il n'est nullement question de cela dans la lettre.,... et que M. Delport ne parle d'entretenir personne.
DDPIN.
Delport , dites-vous je n'avais pas pris garde
à la signature : je le connais, c'est un riche banquier, une de mes pratiques Justement lorsque je suis rentré on m'a remis une lettre de lui... Eh mais... j'y pense ; il me commande un meuble de salon et une chambre à coucher, le tout trèsélégant pour une jeune femme.
MADAME DESCHAMPS
C'est peut-être pour Julie.
MADEMOISELLE ZOÉ
Pas de doute, c'est pour elle^
DUPIN
Cela me paraît probable...- Diable, ma cousine, savez-vous que c'est un homme charmant, des manières très-distinguées, un ton affable, payant toujours comptant
MADAME DESCHAMPS
Mon cousin , faites-nous cela au plus vite : je vous demanderai pour ma part une bergère bien
i5o LE CONSEIL DE FAMILLE.
profonde et un petit tabouret en velours , c'est ma passion. ^ ^
DUPIN
Soyez tranquilles, je connais vos goûts je
ferai le salon comme celui de monseigneur Të-
vêque de Cahors Toul le chapitre m'en a fait
compliment , et la chambre à coucher d'un joli bleu ; cela va bien à ma nièce.
MADAME PBUDHOMME.
Elle est si fraîche Dieu que c'est heureux
de trouver encore aujourd'hui des gens respectables comme ce monsieur Delport.
MADEMOISELLE. ZOÉ
C'est un homme comme il faut 9 à ce qu'il paraît^ un homme que l'on est sûr avec lui que les choses seront bien faites.... Ma tante , je porterai ce soir, à Julie, une robe délicieuse, c'est un vrai cadeau que je lui ferai.
MADAME PBUDHOMME
Comme ce sera honorable pour la famille d'aller la voir dans sa chambre bleue l
MADAME DURET
Oui, si Ton vous reçoit.
MADEMOISELLE ZOÉ
Vous n avez que des idées vulgaires*