‹ Proverbes romantiquesChapitre 79 sur 157 · SCENE II · texte numérisé non relu

SCENE II

MADAME DESCBjDKPS.

On ne peut pas demander de ces choses-là , quoique certainement on en ait grand besoin chez nous , d'abord pour solder vos mémoires.

MADAME PBUDHOMME.

Fi donc 9 est-ce que nous y pensons?

MADEMOISELLE ZOÉ

Ce sont d«s bagatelles, et nous devons pas eu parler. Le mien est de quatorze cents francs.

MADAME DESCEAMPS.

Non , non , neuf cent cinquante.

MADEMOISELLE ZOÉ

Pardon, ma tante, quatorze cents, j'en ai la note bien exacte.

MADAME DBSCHAMPS.

Et moi aussi, j'écris tout — Sans cela j'en verrais de belles.

MADEMOISELLE ZOÉ

Grand merci vraiment.. Voilà ce que c'est que de faire des crédits. On perd l'intérêt de son argent , et on reçoit de mauvaises raisons... Moi qui ai habillé votre fille depuis ses débuts, je vous demande un peu.

MADAME PRUDHOMME

11 ne faut pas s'emporter.

MADEMOISELLE ZOÉ

Non, mais c'est que çà révolte.... Je voudrais

i46 LE CONSEIL DE FAMILLE.

bien savoir comment cette petite s'en serait tirée sans moi.... Que je lui aï fait faire des panti^ons de soie qu'on jurerait que c'est sa jambe.

MADAME DESCHAMPS ( furieuie).

Je vous prie de croire que ma fille est très-bien faite.

MADAME PRDDHOMME.

Eh bien , eh bien , n'allez-vous pas vous fâcher... entre parens, ce serait joli... Je suis bien sûr, Zoé, qu'on ne nous fera pas tort d'un sou, et je ne donnerais pas les cent écus qu'on me doit pour deux cenl quatre-vingt-dix-neuf francs.

MADAME DESCHAMPS

Comment, comment , cent écus, ma cousine?

nous ne vous devons que cent-quarante francs.

MADAME PRUDHOMME

Cent écus , tna cousine , je vous ferai voir mon livre.

MADAME DESCHAMPS

Je vous ferai voir le mien.

MADAME PRUDHOMME

Allez-vous me faire une.chicane comme à Zoé ?

MADAME DUIET.

C'est bon, c'est bon, vous aurez le temps d'éclaircir tout cela.

^SCÈNE IL i47

(Bntre M. Dopia. )

Eh ^ien , Mesdames , est-ce pour vous disputer que vous vous êtes réunies chez moi ?

Madame dubet.

Non, mon cousin, c'est pour passer le temps en vous attendant.

DUPIN

Ah ça, de quoi s'agit-il? Est-ce encore de l'argent qu'on vient me demander pour ma nièce. •• si c'est cela, d'abord....

MADAME bESCHAMPS.

Du tout , mon cousin , c'est quelque chose de très-sérieux , et cette lettre va vous en instruire.

DUPIN . t'Mnyttit et tirani ms hmettei»

Vous êtes cause que je me suis pressé en achevant la tenture de l'église des Petits^Pères, pour le requiem de demain ; je suis sûr que ce sera mal fait, et que monsieur le vicaire me grondera... •

(Uïk.) MADAME DESCHAMPS«

Bast !. . . Vous êtes d^ la fabrique , vous ne cran gnez rien.

MADAME DDRET.

Qu'est-ce qui est mort?

MADEMOISBLUS ZOt.

Un général.

i48 LE CONSEIL DE FAMILLE.

^ MADAME mJRKT.

AH! qui demeurait rue du Mail. Je Taî gardé , o'était un mauvais malade.

DUPIN

Comment, madame Deschamps, c'est pour une pareille affaire que vous assemblez un conseil , et que vous me dérangez de mes occupations !

MADAME DESCHAMPS

Mais, mon cousin... comme vous portez beaim coup d'intérêt à Julie*. .

DUPIN

Vous vous moquez , je crois : que votre fille tire de sa position le meilleur parti possible , rien de mieux; cela ne regarde que vous et elle; mais venir me consulter pour savoir si je consens à ce qu elle soit entretenue !

MADAME DESCHAMPSi^

Entretenue !.. Vous avez des expressions...

MADEMOISELLE ZOl

Fi donc , mon cousin , on voit bien que vous ne parlez d'ordinaire qu'à des valets de chambre.

MADAME PRUDHOMME

Certainement, nous n'avons jamais compris que ma nièce dût être une femme entretenue. Dieu merci , il n'y eu a jamais eu dans la famille !

MADAME DESCHAMPS

Si vous aviez lu avec attention

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