SCENE I. i
L'ONCLE
Qui?... La femme de chambre de ma sœur?...
Comment, drôle...
LE NE^U , montrant la lettre qo'il tient.
Ah ! mon oncle... J'ai mon excuse en main.
£t)NCLE.
Tu as raison. Aussi bien, c'est presque toufour* là le début. Continue donc.
LE NEVEU, lisant.
« Monsieur Charles ,
» Depuis que ces dames sont ici je suis bien » malheureuse ; j'étais défà assez à plaindre d'en- » tendre tout le château me dire des méchancetés » par rapport à vous : il faut encore que je sois » témoin des agaceries de mademoiselle Rosette, » et de la manière aimable dont vous lui parlez ! » Je devais bien m 'attendre à cela , et penser que » vous n'aviez eu pour moi qu'un goût de jeune » homme. Moi, j'ai eu la faiblesse de m'attacher * à vous et j'en suis bien punie , sans compter ce- » qui arrivera si madame est instruite , comme » cela ne peut pas manquer. Quoique vous me » fassiez bien du mal , je dois vous prévenir que . » mademoiselle Rosette est une fille qui ne mé- » rite pas votre attention , d'abord parce qu'elle a » très-^nauvais ton, et ensuite parce que je sais
i66 LE PORTE-FEUILLE, etc.
» qu'elle trompe sa mautresse. Ce que j'en dis n est » pas par jalousie , mais par intérêt. Adieu, Mon- » sieur ; je pleure en écrivant ces lignes, car je » vous aime toujours. »