SCENE L
»fait enrager toute la soirée, en me disant que » dans un château habité par plusieurs jolies fem- «mes, tu pourrais bien ne pas songer toujours à »moi« Je leur ai répondu que ce danger là pe ©m'effrayait guère, et que si j'avais par hasard »une rivale, elle ne me ferait pas oublier, parce » qu'elle ne saurait pas t'aimer comme moi. N'est- -ce pas, Charles, que j'ai raison? A ton retour » tu me le diras ; car je suis sûre que tu me racon- » teras tout. Tu nous as bien manqué dimanche : » une des demoiselles de mon magasin avait gagné » à la loterie , et a voulu nous traiter ; il était contenu que nous serions absolument seules. Ces » Messieurs l'ont su par Hortense, et nous ont «suivies de loin à la campagne. A peine étions- »nous à table qu'ils sont entrés tous les trois et » se sont assis d'autorité. On a dit bien des folies , » et deux de ces demoiselles qui faisaient d^abord »la moue ont fini par rire aux larmes. Après le 3 dîner, que ces Messieurs ont voulu à toute force » payer , on a fait une cavalcade à ânes : j'ai pensé » en mourir quand j'ai vu ce pauvre vicomte sortir » d'une mare où sa monture l'avait lancé la tête la » première ! Sa queue semblait.un tuyau de gout- » tière , et il est arrivé à l'auberge escorté par tous »les polissons de l'endroit. Son cousin a eu la » malice de ne pas trouver un perruquier dans tout
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» le village , et nous avons obligé ce pauvre garçon »à revenir sans poudre à Paris. Voilà, mon ami, » toutes les nouvelles que j'ai à t'apprendre.
» Amuse-toi bien là bas , et pense souvent à celle 9 qui t'aime tous les jours davantage. Je t'ai ménagé » pour ton arrivée une petite surprise qui te fera «plaisir; tout le monde trouve inon idée heu-
»reuse Mais je ne veux pas t'en parler plus
» long-temps , car je finirais par te dire ce que c'est. )» Adieu, mon bon petit Charles, je t'envoie un «bien long bavardage, mais j'ai tant de plaisir à «causer avec toi!.... Tu t'es souvent moqué de » l'orthographe de mes lettres: compte bien les » fautes qui sont dans celle-ci et fais-en ton profit^ »car je t'embrasse autant de fois que tu en trou- »Teras.