‹ Proverbes: Un mélodrame: De bas en haut: Le testament normandChapitre 8 sur 52 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

LE DOMINO. — Il n'est plus temps d'empêcher, il s'agit de punir.

(Pierrot-Straton et Nina traversent le théâtre en se tenant par le bras. Le domino les arrête et demande :)

Avez- vous rencontré un magicien?

NINA, à part, — N'est-ce pas le domino de tout à l'heure ?

PIERROT-STRATON, à parti — Il me semble que je connais cette voix. (Haut.) Je l'ai rencontré plu-

sieurs fois; il doit êlre en ce moment autour des

danseurs.

[\je domino sort.)

piERROT-sTRATON. — Je ue puis deviner qui vous êtes ; mais ce que je sais, c*estque vous connaissez très-bien, et moi et mes affaires. De bonne foi, croyez-vous qu*ilest bien agréable pour Marc et pour moi, qui avons été élevés par notre oncle Raymond, qui avions toujours pensé, comme tout le monde, que nous serions ses héritiers, de le voir un beau jour épouser cette jeune femme et tuer d'un coup toutes nos espérances ?

MSA. — Toutes, c'est beaucoup dire. -- Hélène n'est ni avide ni ambitieuse ; elle ne détournera jamais son mari d'assurer votre fortune.

PIERROT-STRATON. — Mais enfin, supposons qu'elle ne nous fasse pas déshériter ; n'est-elle pas venue du moins réduire nos espérances 7 ne voyons-nous pas ce vieillard, dans son fol amour, ne reculer devant aucune prodigalité? Tous les joailliers de la ville cherchent pour lui des perles monstrueuses et des diamants extravagants. Hier , elle avait un patrimoine â chacune de ses oreilles.

NINA. — Rendez-lui la justice de dire qu'elle ne provoque pas ces libéralités, et que, à part quelques bijoux qu'elle aime plutôt à cause du précieux travail de l'artiste que de la richesse de la matière , elle ne se pare guère des somptuosités que Raymond rassemble pour elle.

PIERROT-STRATON. — Lui , Ic vicux fou ! il parlait bier à un poète, et je disais à Marc : «Je parie qu'il marchande une étoile pour la donner à sa femme. »

UN MÉLODRAME. Il

Mon Dieu ! je le croîs encore. Gomme vous me le dites, Raymond nous laissera de quoi vivre dans Taisa née ; mais qu*esl-ce que cela auprès de Tune des p1us{p*andes fortunes de Tltalie qui nous échappera en détail? Tenez, rien que dans ce grand coffre que celle femme a dans sa chambre, et où elle renferme SOS étoffes et ses bijoux, il y a la valeur de deux principautés.

(Paul et Hélène reviennent. Nina entraîne Pierrot-Straton, et ils disparaissent.)

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