p., qu.tS8, art. 1 : Nfrùni honio sit liberi arbitri
n'est pas du tout nécessaire à la liberté que le libre arbitre soit la cause première de son acte, (( prima causa suî, » pas plus qu'il n'est nécessaire qu'une cause soit la cause première de son effet. CTést pourquoi Dieu est la Cause Première qui meut, « Prima Causa movens, » et les agents naturels et les agents volontaires. Dans les agents naturels, la motion divine n'empêche pas que les opérations soient naturelles; de même, dans les agents volontaires, elle n'empêche pas que leurs actes soient de la volonté : tout au contraire , la motion divine fait plutôt qu'ils le soient « sed potiiis hoc in « eis FACiT, )) car Dieu opère dans le.s êtres suivant la nature propre de chacun d'eux ^ » Qui ne reconnaît dans ce texte, si clair, si précis, la pensée ferme et le génie profond du grand Docteur? La Cause Première est transcendante; sa causalité universelle se plie, sans rien perdre de son efficace, à tous les modes d'être et d'agir des causes créées. Toujours première et toujours souveraine, elle rayonne à travers la substance et les forces des créatures, donnant aux êtres toutes leurs qualités et aux causes toutes leurs perfections. Loin de nuire aux créatures , elle maintient leur être et féconde leur activité. Que nulle cause ne
1. Ejus auxilium non excludit a nobis actum voluntatis, sed ipsum prœcipué in nobis- fagit. Co7it. Qent., III, 148. — Cf. 24, de Veritate, art. 1, ad 3 et 5.)
redoute son efficace toute-puissance : c'est à elle que le libre arbitre doit d'agir, et d'agir avec liberté.