‹ Providence et libre arbitre selon Saint Thomas d'AquinChapitre 67 sur 144 · S. th., 1 p., qu. 23, art. 4, ad · texte numérisé non relu

S. th., 1 p., qu. 23, art. 4, ad

5. S. th., 1 p., qu. 19, art. 6, ad 1; — cf. 23, de Veritate, art. 2.

LES TROIS rp:ponses. 215

vont simplomont ot absoluinont s'accomplit. Pour 1(3 bien entendre, il faut considérer que Dieu veut dans la créature tout ce qui est bon. Or, une chose prise absolument et en ellemême peut être bonne ou mauvaise, qui, jointe à telles ou telles circonstances, devient le contraire. Par exemple, la vie d'un homme est un bien, et tuer un homme est un mal, à prendre les choses en soi ; mais si cet homme est un criminel dangereux, sa vie est un mal, et il est bon de le tuer. On peut dire, d'après cela, que le juge veut, d'une volonté antécédente, ([ue l'homme vive, mais, d'une volonté conséquente, il veut que l'homicide soit pendu. De même le salut de tous les hommes est voulu de Dieu d'une volonté antécédente, car, absolument parlant, c'est un bien ({ue Thomme soit sauvé; mais, conséquemment. Dieu veut que certains hommes soient damnés, pante qu'ainsi l'exige sa justice, « secundùm exigentiam su8e justitic'e^ »

1. In voluntate divinTi non ponuntur antecedetis et consequens ad importandum ordinem successionis, qui roput^Miat a'ternitati; sed ad donotandiim divorsani coniparationeni ojus ad volita. — Ouia Dons omnes homines propter beatitndineni fecit, dicit-nr voluntate antécédente omnium salutem velle; sed ^|uia ([uidam sua* saluti advorsantur, quos ordo sua* (divime ) sai)ientia' ad salutem venire non patitur propter eorum defectum.... eos per Justitiam damnât. ("23 de Veritate, art. "2, in corpore et ad 8).

Qu'est-ce à dire? et en conséquence de quoi Dieu veut-il que certains hommes soient damnés?

Il y a dans la réprobation quelque chose de pénal, à savoir, la damnation et le délaissement dans le péché ; et quelque chose qui n'a point ce caractère de justice, à savoir, la permission de la faute, et, avant tout, le malheur de n'être point aimé et élu de Dieu comme le sont les prédestinés.

Sans nul doute, la condamnation à la peine est une conséquence de ce que Dieu veut montrer sa justice par le châtiment des pécheurs; elle suppose donc en Dieu la prescience, et partant la permission du péché (car Dieu ne prévoit les péchés qu'autant qu'il les permet), et, de plus, l'intention de manifester la perfection de la Justice divine ^

Mais la volonté de permettre que certains hommes manquent leur fin, cette partie négative de la réprobation, de quoi est-elle la conséquence, et comment s'accorde-t-elle avec la volonté générale du salut de tous? — Dira-t-on qu'elle est une suite du péché originel 2? —

1. Aliquem hominem vult Deus salvari voluntate antécédente, ratione humana? naturse quam ad salutem fecit; sed vult eum damnari, voluntate conséquente , propter peccata quœ in eo inveniuntur. (23 de veritate, art. 2, ad 2.)

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