LK PROBLÈME ET LES DEUX SOLUTIONS
Parmi les difliciillés auxquelles se heurte l'esprit humain, quand il cherche la vérité sur les rapports du fini et de Tinlini , il n'en est peutêtre pas de plus célèhres que celles qui regardent l'accord de la science et de la volonté de Dieu avec la liherté et la destinée éternelle des créatures raisonnahlos. Trois points surtout, dans ce grand prohlème. piijuent la curiosité et attirent Fattention de l'esprit.
Comment la i)rescience de Dieu s'accorde-t-elle avec notre lihre arbitre? Si ITnIinie Sagesse connaît avec une pleine et parfaite certitude tous nos actes futurs, est-il possible que nous jouissions d'une vraie liberté? Ne l'aut-il [)as croire plutôt, malgré le témoignage impérieux de la conscience,
que notre libre arbitre, sous l'oppression de cette prescience immuable, n'est qu'une apparence vaine, une illusion du sens intime?
Comment le concours de Dieu à nos actes libres ne détruit-il pas notre liberté? Si la cause première, dont l'efficace est toute-puissante, comme l'enseignent à la fois la raison et les Écritures révélées, opère avec nous dans tous nos actes ; si chacune de nos actions, selon toute sa réalité physique, procède de son infinie et universelle causalité, comme de la source première de tout l'être créé, est-il possible que nous ayons vraiment la dignité de causes libres, que nos actions nous soient imputables, et que nous fassions des œuvres moralement mauvaises, dont nous porterons un jour peut-être l'effroyable châtiment ?
Enfin, sur quels principes, d'après quelles règles Dieu a-t-il disposé de nou:^pour le temps et pour l'éternité? Si l'on considère ces deux vérités incontestables, que la Volonté divine est toutepuissante, et que Dieu veut sincèrement, ainsi que l'Église le prêche après saint Paul, l'illumination par la foi et le salut éternel de tous les hommes, comment accorder ces deux vérités avec ce fait terrible, qu'un grand nombre d'hommes (le plus grand peut-être), enfants et adultes, n'arrivent pas a la lumière de la foi et tombent dans la mort éternelle? Si Dieu est l'Infinie Bonté et l'Amour sans mesure, s'il a vraiment pour le genre humain les entrailles d'un père et le cœur d'une mère, que n'a-t-il pourvu, dans sa toute-