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CHAPITRE PREMIER

CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES. — IN- FIXEISCE DU SOL SUB LE CARACTERE IT LES INSTITUTIONS.

Ite même que l'être physique est inséj-araMe de l'être moral , ainsi deux élé- ■Knu constituent les agglomérations <f indindus ou les peuples : le sol où ils Mitent et les institutions qui les réu- ■ssent en sociétés. Les régions de plains et médi terra nées, ouvertes à toutes W invasions, semblent être fatalement te'irwes à la dépendance ; leurs richest* appellent la conquête ; tôt ou tard tties complètent les Etats qui ont grandi ta» des conditions plus favorables à la bttt. et elles ne jouissent du repos qu'aux dépens de leur liberté.

Ce qui est obstacle pour le fort es* me garantie pour le faible ; les montaoies les cotes maritimes abruptes et semées «recueils, les marécages, les déserts sont des remparts naturels qui ont sauvegardé les nationalités ou leur «ut permis de survivre a toutes les dé

faites. Quant aux fleuves, également favorables à l'attaque et à la défense, ils réunissent ceux même qu'ils séparent, et le commerce tend à rapprocher par les relations les intérêts que la politique divise.

Il semble que la guerre soit née dans les montagnes, et que la fable des Titans n'apparaisse dans les âges mythologiques que pour exprimer cette vérité sous Je voile d'une ingénieuse allégorie. C'est là que l'oiseau de proie établit son nid, que les animaux féroces cachent leurs tanières. I^s fugitifs viennent demander à ces retraites de l'homme primitif un asile contre l'oppression du vainqueur ou la vindicte des lois. Le montagnard est accessible à tous les instincts de la vengeance et d'une liberté sans frein ; il croit que l'habitant de la plaine lui est hostile en sorte que le pillage ne satisfait pas moins son orgueil que ses besoins : selon l'expression du Circassien, ne descendre qve pour remonter^ c'est vivre deux fois. Dans la montagne l'avantage du lieu supplée au

1" cUrraffo*. (Provinces Danubiennes.)

L1J1IIYERS.

. nombre; là une poignée d'hommes déterminés peut arrêter une armée entière.

Des retranchements naturels , des précipices, des positions qui, à chaque pas, dominent ou tournent l'ennemi, la facilité de l'attaque et de la résistance, tout donne au montagnard , quand il se borne à défendre sa retraite, un avantage incontestable sur le soldat discipliné, qui marche entouré de toutes les entraves de la guerre savante.

Mais la lutte, si favorable dans la montagne, change de caractère dans la plaine ; la fuite qui, dans une gorge ou un défilé, n'est souvent qu'un piège peut de venir fatale devant un ennemi supérieur que rien n'arrête; et dans ces conditions, des expéditions lointaines deviennent presque impossibles aux montagnards. D'un autre côté, l'habitude de ne compter que sur soi irrite l'orgueil et entretient des haines héréditaires de tribu à tribu, de famille à famille, et la désunion paralyse souvent ces tiers courages. Aussi I histoire nous montre les montagnards redoutables chez eux, mais inhabiles à conserver leurs conquêtes. Ceux qui ont acquis une gloire durable par les armes, comme les Macédoniens et les Perses, avaient déjà renoncé à l'indépendance de la vie isolée. Les Helvétiens et plus récemment les habitants des Carpathes, des Alpes illyriennes et de l'Hémus ont été soumis de nom plutôt que de fait, et dans les luttes séculaires de leurs puissants voisins, Grecs,

res avancent toujours, et l'aval grossit de ce qu'elle n'a point écra Bien de peuplades ont été absorb ces invasions où eHes ont perdi leur langue et leur nom! Ln efl là seuls les suivaient en corps qui s'associaient volontairement tune des envahisseurs, tandis vaincus dont la réunion eût éU reuse étaient distribués séparent le reste du butin entre les vaii dont il leur fallait prendre les n le langage. Quand ces révolution trouvées mêlées aux destinées dei historiques, elles apparaissent ■ dans leurs annales, mais au del rares limites tout est resté chaos tare : les traditions mille fois r Pincertitude des appellations, I'I de ne considérer les peuples qu'au point de vue de la conquét sence presque complète de mon toutes ces causes ont restreint la sancedes origines à des études c raies.

Les peuplades agricoles qui contraient sur le passage de cet courants d'invasion étaient e comme les autres, et lorsque 1' tion victorieuse s'arrêtait pour définitivement, elle offrait un i où étaient représentées toutes 1 diverses , toutes les variétés de avec leurs souvenirs religieux, l< ditions héroïques et l'expérience | de leur vie antérieure. Cétait

lant quelle différence entre les t les idées de l'un et de l'autre !

s lagunes, le coin le plus aride, isolé des côtes de l'Adriatique, ait la sécurité et la grandeur : les Vitaliens de la Baltique, lies de la Méditerranée et de la e, si fameux par leurs dépréle sont adonnes à la piraterie, p la nature de leurs retraites art ; ils n'ont cédé que lorsque, î faire la grande guerre manie sont trouvés hors du cercle pérations habituelles.

Montesquieu a dit de l'influence peut donc s'étendre aux loca- •tte observation paraîtra frap- >n l'applique à des po pu lapant un espace borné et emin caractère local nettement i phénomène est déterminé eurs causes. Le sentiment té , sans lequel le type est in- ! ou mérite peu d'être étudié, !jue chose de sa force quand, re communiqué de l'individu Ile . il passe les limites de la ssi , dans des conditions géos qui isolent les habitants, les itnaturellement républicaines; nfluences individuelles eutrelors des rivalités qui changent « éléments de force et de proes que la liberté s'agite, l'arisjparait, et dnns ces luttes de ilique le but est trop souvent \u reste ce qui nous semble et désordre est pour leServien ntenégrin le mouvement et •an sers aux idées abstraites et f une civilisation avancée, ils it a exercer dans leur plénicultés de l'homme primitif, et de la vie est pour eux le su- Tcctif des chances contraires, ts principaux résument leur politique : l'indépendance indans les masses, et au-dessus tie du clan. I^s délits prives s par les anciens; niais, dès ctes touchent aux prétentions , ils entraînent souvent des rmes.

leurs alliances, aussi bien que res, sont presque toujours aci. leur politique reste isolée de

même que leurs intérêts. Indifférents aux dangers qui menacent leurs voisins, ils ne s'inquiètent que de ce qui les touche directement; presque toujours la connivence d'un chef avec l'étranger se rattache à quelque vengeance de parti ou à des rivalités d'influence.

La Russie est surtout habile à exploiter ces divisions : à un instant donné, elle est en mesure de jeter dans la balance des partis tout le poids de ses intérêts occultes : c'est ce qu'elle fait depuis un siècle, par ses agents accrédités ou secrets, dans les provinces moldovalaques,en Servie, en Albanie et dans les parties insoumises du Caucase.

Quand il s'est rencontré à la tête de ces tribus guerrières des hommes dont le regard avait plus de portée, et qui savaient rallier a une action commune tous ces éléments de force, on les a vues s'élever rapidement; mais cette prospérité, née avec un homme, tombait avec lui ; ce n'était qu'un heureux accident. Après l'avortcment des grands efforts tentés par le génie, il y a un instant de prostration qui permet aux ambitions médiocres de s'imposer ; la lutte des influences recommence , et la politique étrangère, dont le but est de diviser, triomphe par l'effet irrésistible d'un système arrêté et suivi.

Une agitation instinctive et l'amour des armes ont souvent mêlé les peuples du bas Danube, ainsi que les Illyriens, les Ser viens et les Albanais, aux grandes guerres européennes; mais plus d'une fois l'histoire, confondant le guerrier avec la cause qu'il servait, Ta dépouillé de son titre national. C'est ainsi (jue des annalistes hongrois ont imaginé des circonstances romanesques pour faire de Jean Corvin Hunyade un lils naturel de l'empereur Sigismond, tandis que le vainqueur de Belgrade était Ynlaque : dans les dernières guerres qui ont amené l'indépendance de la Grèce, combien de fois la France n'a-t-elle pas applaudi comme Hellènes ces intrépides Souliotes qui n'étaient que des Al banais ?

Cette existence à part qui ne se révèle au monde politique que sur les champs de bataille échappe aux avantages comme aux vices des peuples avancés :

le brigandage y a ses règles et son point

d'honneur ; les passions ne s'y déguisent que pour arriver plus sûrement à leur but; c'est la chasse avec toutes ses ruses, sauf cette seule différence que l'homme est alternativement le chasseur et la proie. La férocité des montagnards dans la guerre s'explique par les mœurs des peuples qui, tour à tour, se sont disputé leur territoire, depuis les versants des Alpes illvriennes et les vallées du Pinde et de 1 Hémus jusqu'au bassin du Danube inférieur et à la Bessarabie. Les Romains d'Occident et d'Orient, les Avares, les Bulgares, les Hongrois, les empereurs d'Allemagne, les Polonais, les Mongols, les Russes et les Turcs leur ont fait une guerre d'extermination ; on s'étonnerait même qu'ils aient pu survivre à tant de revers, si on ne les voyait se recruter sans cesse de tous ceux qui échappaient à d'autres vainqueurs. Quand leurs voïvodes ont été cruels , ils ont égalé les Domitien les Christiern et les Jean IV. Leur rôle fréquent d'auxiliaires les a familiarisés avec les progrès de Fart militaire; mais l'absence d'un système régulier d'administration et de finances ne leur permet pas d'utiliser toutes leurs ressources; d'ailleurs, surveillés par des voisins puissants et ambitieux, ils ne peuvent que difficilement entrer dans la voie des réformes. Placés entre les Autrichiens et les Polonais catholiques, les Bohèmes protestants, les Grecs et les Russes qui professent les doctrines de Photius, et les inahométans, dont la

il y a confusion et incertitude dans ce qui est le moins sujet au changement, dans les conditions géographiques. La détermination précise d'un lieu mettra en défaut toute la sagacité de l'érudit; quand les textes ue s'accordent pas ou qu'ils se taisent, chaque point contesté enfantera des volumes de commentaires.

Dès qu'on aborde un sujet spécial, il se révèle des difficultés qu'on n'avait pas même soupçonnées. Quand Pierre le Grand vint à Paris, il y a cent quarante ans à peine, il corrigea de sa main le tracé de la mer Caspienne ; et aujourd'hui que l'attention se porte sur l'Orient nos ingénieurs relèvent tous les jours des inexactitudes dans les cartes russes, même pour le cours du Danube et le littoral de la mer Noire. H a fallu la guerre actuelle pour attirer notre intérêt sur l'IUyrie, la Servie et les pro vinces danubiennes. La politique remanie sans cesse les frontières sans respect pour les nationalités. Pendant longtemps les VaJaques , les Moldaves et les Transylvains n'ont fait qu'un même peuple ; aujourd'hui la Moldavie et la Valachie forment deux principautés distinctes, sous la souveraineté du sultan et le protectorat contesté du tsar, tandis que la Transylvanie est autrichienne. Sans doute ces changements sont communs à tous les États; mais si l'on s'habitue bientôt à ceux oui affectent les grands pays, à cause de la fréquence

des rapports, il n'en est pas de mène

es âges. Chez les anciens la science our ainsi dire, individuelle; cha-

trouvait obligé de la refaire à u ; c'est au point que des auteurs ss ignoraient jusqu'au nom des ns spéciaux qui les avaient pré- En l'absence de ces académies

nos jours coordonnent et comtes données de toutes les sciens idées des anciens sur le monde i se réduisaient aux périples , à es voyages, aux relations avec «lies et aux détails que fournisdes guerres sans cesse renais- Mais les historiens de leur temps laîent en général tout ce qui coules vaincus; et quand plus tard les rent changés, ils aimèrent mieux nsecret sur leurs défaites que d'en ettre consciencieusement le sou-

solonies étaient dans des condiarticulièrement favorables pour voir et pour recueillir les tradinais, comme leur établissement ic conséquence de la conquête f fallait assouplir la haine que le portait à leur mère-patrie , en ta* 'effacer les mœurs et les sounationaux, pour absorber toutes stances dans l'unité romaine, icurité redouble quand on essaye onter aux origines ; la multitude rasions, le vajrue des données logiques , le mélange des races , irition de quelques-unes, l'abresque totale de données et de mos, l'invraisemblance des systèsultat naturel des difficultés du es pièges que cachent si souvent ilogies étymologiques, tout est e aux recherches consciencieuses.

► sage est de ne pas promettre ce ie saurait donner. Nous nous jetons donc de faire de notre dans l'impossibilité de faire bien.

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