CHAPITRE II
l'OEIL SLA LES PROVINCES DAl ES NES DANS LES TEMPS A3- S.
u'à Philippe de Macédoine, les ifs dont nous nous occupons ont s ou moins sous l'influence de lisation grecque. Les Alpes noet illyriennes, le Pinde et ses
ramifications," le mont Hémus brisaient le flot des invasions qui se répandaient dans le bassin du Danube et se dirigeaient les unes vers la mer Ionienne et le golfe Adriatique, les autres vers la Pont-Euxin. Cette influence passa ensuite aux Macédoniens, lesquels durent la cédera Rome républicaine, qui la conserva sous ses deux formes d'empires d'Occident et d'Orient.
Les Daces ou Gètes, peuplade scythique qui habitait les bords de l'Oxus , eurent cependant leurs époques de gloire; mais ce ne fut que lorsque les grands intérêts politiques se débattaient en dehors de leur sphère d'action ; ils durent céder quand ils furent eux-mêmes le but direct de quelque grande expédition, parce que leurs ressources ne répondaient pas à leur courage. Darius , après avoir franchi le Danube, ne fut pas plus heureux en Scytbie qu'il ne l'avait été contre les Grecs , et il s'empressa do repasser en Asie avec les débris de son armée. Alexandre le Grand, trouvaut que la Dacie lui offrait plus de dangers que de gloire, porta ses forces sur un plus brillant théâtre. Lysimaque, roi des Thraces, échoua dans une expédition semblable : enveloppé de tous cotés, et manquant d'eau et de vivres, il dut son salut à la générosité de Dromichétès , roi des Daces, auquel il donna sa fille en mariage.
La Thrace des ancieus, oui s'étendait sur une partie de la Macédoine depuis l'espace renfermé entre le Strymon , la chaîne de l'Hémus et le Pout - Euxin jusque sur le Danube et le Borvsthène , jeta souvent ses hordes dans fa Mœsie et la Dacie; les limites entre ces pays restèrent longtemps flottantes et suivirent la fortune des invasions. Il parait que les tribus dont se composait la population des Thraces formaient une confédération guerrière , où chacune conservait ses mœurs et ses institutions.
Ainsi Homère, qui parle de Rhésus comme d'un roi des Thraces , se sert de la désignation de chefs pour Piroùs et Acamas : Bp^ixx; yf 'Axdaa; xa\ Ihfpoo; rjoto;. Les Odryses, dont le territoire était renfermé entre le Strymon et l'Euxin, paraissent appartenir à la même nation. Ils eurent plusieurs rois, dont le dernier, Chersoblepte, parvint à s'em-
L'UNIVERS
parer de quelques places maritimes.
Philippe le soumit et réuuit ses États à la Macédoine, qui depuis y recruta ses meilleurs soldats. Les Gaulois occupèrent aussi pendant quelque temps une partie de la Thrace; mais ils furent expulsés par les Odryses. Enfin, sous Vespasien, tout le pays devint une province romaine. Ainsi , dès les temps les plus reculés, il semble que la destinée de ces peuples soit d'être vaincus , à cause de la disproportion des forces , sans qu'ils renoncent jamais à une indépendance qui est comme un nroduit uaturel du sol.
A l'époque des expéditions des Romains dans la Gaule Cisalpine, le consul Quintius Flaminius traita si cruellement les Boïens que l'émigration leur parut préférable au joug des vainqueurs. Leurs restes vinrent s'établir au confluent de la Save et du Danube, de sorte que le sang gaulois mêlé à celui des Daces et des Sarmates coule peut-être dans les veines des Serviens, non moins rebelles que leurs ancêtres à toute domination étrangère.
Vers 165 ans avant J.-C, Paul Emile mit finau royaume de Macédoine; l'Hlyrie et l'Épi re eurent le même sort et virent leurs places fortes démantelées; cent cinquante mille habitants furent vendus comme prisonniers , et Rome put s'avancer sur le Danube sans que les légions quittassent son territoire. La Grèce avilie fut jugée assez faible pour obtenir quelques privilèges : Car* tjjjgfl était détruite; bientôt la
pellecellesen bria qui se retrou vent dans un assez grand nombre de villes habitées par les Thraces , aux environs du Bosphore et du Pont-Euxin.
Les rivages du Danube ont aussi été ravagés par les Cimbres. Repoussés des bords de la Baltique par une forte inondation , ils franchirent en grand nombre l'Ister, envahirent 1a Noricum et dévastèrent la Thrace et la Macédoine; puis le torrent alla se perdre dans les vallées des Alpes helvétiques.
On a déjà pu remarquer, dans ce qui précède, que les Illyriens, les Thraces, les habitants de la Dacie et de la Mœsie avaient, malgré leur isolement, opposé une résistance opiniâtre aux efforts des États les plus puissants. Un roi de Pont conçut le projet de renouveler en Asie et pour les provinces qui avoisinent le Bosphore la tentative d'Annihal. L'entreprise était grande : plus que tout autre peut-être, Mithridate pouvait espérer de l'accomplir, il s'agissait d'appeler tous les peuples las du joug de Rome a une guerre de délivrance, de reunir dans cette cause commune l'Asie et l'Europe, et d'opposer au courage et à la discipline de l'orgueilleuse république la puissance du nombre et celle d'une volonté forte. Mais comment rallier dans une action commune des peuples d'origine diverse et presque toujours hostiles entre eux ? il étudia leurs mœurs, s'appliqua à les bien connaître et se familiarisa avec leurs idioJTies.il s'eutretenait , dit-on, avec leurs députés en employant la langue de
e souciait peu de moraliser vaincus ; pour elle la religion la sanction et le complément des privilèges du patriciat; mpruoté aux Grecs leur phileurs arts , leur littérature, sant partie de la conquête; s qu'elle civilisait à son insu et l'esprit positif deson admîtes peuples soumis s'irritaient e des aphorismes légaux avec des proconsuls et l'impudeur du fisc. Mithridate exploita tous ces griefs ; et, sachant beaucoup exiger à condition p promettre, il appela à lui euplades belliqueuses, et penite années il tint suspendues s du peuple roi.
tues , qui s'étaient montrés pendant la longue lutte de nlre les Romaius, disparaisii de la scène de l'histoire, 1s n'y figurent plus sous le . L'Hostilité contre Rome se ncore après la mort de Miir des exnéditions de piratetes de rillyrie et de l'Epire , la Grèce, le littoral du Pontus les embouchures du Tyras ube jusqu'à Sinope servirent aux pirates, dont le nombre ait ae tous les mécontents.
nt la dévastatiou et l'effroi les côtes de l'Italie, et meome elle-même. Il fallut des immenses et Pompée pour e.
» du système romain s'étaient sein même de la conquête nre sociale et par celle des es barbares savaient déjà que exercé impunément la tyranjnnurent bientôt que dans les t iles c'était surtout leur force t de la victoire. Quand César t les soldats romains de Pomi ses soldats, qui comptaient rangs des Gaulois et des Illyesijaciemferi! il pronostiméme la chute de l'empire fonder. Les partisans les plus de la république , voyant que it sans remède , se tuèrent :
acceptèrent la clémence du l'on vit le sénat envahi par des
Espagnols et des Gaulois. Les événements qui suivirent le meurtre de ce grand homme ont montré qu'il avait bien jugé son époque : ce qu'avait commencé le génie guerrier de César, la politique déliée d'Auguste l'acheva, et J'avénement du christianisme vint hâter la ruine du vieux monde.