‹ Provinces danubiennes et roumainesChapitre 100 sur 218 · INFLUENCE DE LA. BUSSIB SUR LE MONTÉNÉGRO · texte numérisé non relu

INFLUENCE DE LA. BUSSIB SUR LE MONTÉNÉGRO

C'est un fait incontesté que la Russie, depuis Pierre le Grand, n'a point cessé d'exercer une grande influence politique sur le Monténégro; et l'on en conclut généralement que cette petite province n'est qu'une annexe de l'empire moscovite. L'or russe, payé exactement au vladika et qui forme plus de la moitié de ses modestes ressources , les rapports constants de deux gouvernements dont l'un est trop puissant pour être autre chose que le protecteur de l'autre, le rôle d'auxiliaires que les montagnards ont toujours accepté dans les conflits où se trouvaient engagés les intérêts russes en Orient , tout semble, en effet, indiquer que cette petite province est une dépendance non reconnue des vastes États du tsar.

« Cette vassalité est cependant plus apparente que réelle. Les Monténégrins ont constamment trouvé dans les Russes des protecteurs; la conformité des croyances, celle du langage, qui atteste une origine commune, tout les rapprochait d'un peuple qui masquait habilement ses vues , et conservait tous les dehors d'une généreuse sympathie.

Mais il y a loin de la gratitude à l'asservissement. Si les rapports entre les deux races sont de nature à les rendre en quelque sorte solidaires dans les grands conflits européens, les différences qui les séparent sont encore plus frappantes. Il y a plus de liberté dans le plus pauvre des bourgs du Monténégro qu'il n'en existe dans tout l'empire de Russie. Le despotisme moscovite sait prendre toutes les formes; il a plus d'intérêt à conserver la république telle qu'elle est qu'à ajouter à ses possessions quelques lieues de terri toire; il veut affaiblir l'Autriche et la Turquie, et il entretient habilement la haine des montagnards contre les Allemands et les Turcs, qui , il faut en convenir, ont tout fait pour la mériter.

Quant au subside que le consul russe à Raguse paye régulièrement au vladika, son origine remonte à la guerre Îiue les montagnards soutinrent contre es Français, quand ces derniers étaient

L'UNIVERS

maîtres de la Dalmatie; il représente une indemnité des perles qu'essuyèrent les Monténégrins dans cette lutte , et en particulier des dommages de Pévêché, qui, à cette époque, fut privé de ses suffragants dans la circonscription dalmatique. Ce subside a donc le caractère d'un engagement obligatoire; c'est une dette qui ne peut s'éteindre qu'en vertu de conventions réciproques ultérieurement consenties.

La recommandation faite par Pierre Ier à ses sujets de ne jamais se montrer ingrats envers la Russie; le séjour qu'y firent ses deux neveux en 1840, les envois de grain à la république par les transports "d'Odessa, les images saintes distribuées aux popes par le gouvernement moscovite prouvent seulement des rapports de bonne intelligence, et dé la part des montagnards la volonté de s associer à une politique dont jusqu'ici ils n'ont tiré que des avantages. Nous le répétons , la soumission entière des Monténégrins, c'est-a-dire un acte qui les assimilerait aux autres conquêtes des tsars et leur enlèverait leur nationalité, ne pourra être consommée qu'à une époque où le caractère indépendant et belliqueux de ce peuple se sera énervé au contact de la civilisation, c'est-à-dire quand ils n'auront plus dans le inonde politique d'autre importance que celle de leur assiette géographique.

Les objections tirées de la confor

tème plus généreux et pins fondé sur la réciprocité des inté

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