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CHAPITRE XI

ETAT PRESENT DU MONTENEGRO D A- PRÊS LES DONNÉES DE CYPR1EN ROHËRT, W1LK1NSON, KRAS1NSKY, NEUGEHAUit, ETC.

Le prince Daniel, neveu et successeur de Pierre II , a été, comme lui , élevé à Saint Pétersbourg, où il a pu étudier les tendances de la politique russe. Sa tâche dans l'état présent de l'Europe est d'une difficulté extrême; pour le faire mieux comprendre nous allons, d'après les sources les plus récentes, indiquer sommairement la situation actuelle du petit pays qu'il gouverne. Depuis deux règnes , ceux dés vladika Pierre Itr et Pierre II, la marche semble désormais tracée , et Ton peut dire que la politique de ce dernier n'a été que le complément intelligent et nécessaire des volontés de son vénérable oncle. Kn effet, le prédécesseur du nriuce Daniel était un homme que ses hautes qualités et ses talents auraient fait regarder partout comme éminemment propre à gouverner. Il aimait la lecture , parlait plusieurs langues avec cette facilité que donne aux Slaves la pratique de divers idiomes dans leur première jeunesse; il s'était même distingué comme poëte dans le dialecte riche et énergique des Serviens. Il joignait à ces avantages ce coup d œil sûr et ce tnct délié nui font

le droit de Krvina, ou de vei du sang par le sang ; il soumit à des peines , et écarta des us qui était un reste du paganisn

Il aurait bien voulu persuad montagnards qu'il était temps noncer à la coutume barbare i per la tête aux ennemis tombés champ de bataille ou à des pris massacrés de sang-froid, pour le ser sur des pieux comme d phées de victoire. « Mais, dis M. Wilkinson, vous qui cou les Turcs depuis longtemps , vou comprendre mieux que person est impossible que nous renonc premiers à cette coutume, e me conviendrait peu de le pi Les Turcs ne manqueraient p:

tribuer ce changement à la \ leurs vexations n'en deviendrai plus fréquentes et plus insuppo Si je faisais un essai de cette ce serait les inviter à envahi territoire. Je suis donc forcé d< durer un usage que je regrett rnent de ne pouvoir abolir. »

Cependant quel sera le résul de ces réformes? Au point de la morale et de l'humanité, 1.

tion if est pas douteuse; mais il i pas de même à considérer l'ave liti(|ue du Monténégro. M. Cypi bert, dont l'avis est d'un grar pour tout ce qui a rapport généra! , pense que h

MteUe importance stratégique Minerait probablement la eon- \amto la presquile. Un accord m mnm entre la Rouie, i'Aui Turquie suffirait pour mettre is daus l'impossibilité de continuer la guerre*

Cse trouve, vis-a-vis de nue situation analogue; s elle s'est soutenue par le » religieux; aujourd'hui elle nopter sur les secours et les ■ de rOeeident qu'à conrdbndre ses institutions et idifler dans le sens et l'esprit Usation moderne : dans cette arien, ce qu'elle perdra en mt être largement compensé ■sources qui naîtront de ses alliances et par le concours pointions chrétiennes. Si .ces rots s'opéraient brusquement ansitkra ,' en cessant d'être ce tait , elle n'aurait pas eu le s devenir autre , et la guerre s aujourd'hui pour la faire rorniere du passé continueublement pour le partage de niques possessions.

du Monténégro nous paraît inné a celui de la Turquie. La réque s'opérant dans des condiirables, les montagnards n'ont n prétexte pour continuer des ps excusables uniquement à eprésailles; si le cimeterre otbrise au lieu de plier, toutes ides de la presqu'île illyrienne uivre, dans un temps plus ou pproché, la fortune des vainou, si l'on tolère l'indépenquelques-unes , ce sera pour s qui la subordonneront a des fuu ordre général.

formes de Pierre II ont déjà • les mœurs des montagnards Nice incontestable.

innée 1831 il établit un sénat i pouvoir législatif et judiciaire m de soixante membres choisis chefs les plus considérables de . Un tribunal inférieur, formé rente-cinq personnes appelées , fut institué eu même temps é des affaires d'une impor-

tance secondaire. Un corps régulier de gardes publies , auxquels on donna le nom de périanilchi ( du mot sldve péroy à cause des plumes qui garnissaient leur bonnet), forma une espèce de gendarmerie. Les militaires qui composaient ce corps d'élite touchèrent une solde annuelle de dix dollars pour l'entretien d'un cheval et pour que leur tenue ne laissât rien à désirer ; ce qu'on obtient facilement des montagnards , qui aimeut par-dessus tout les belles armes et les ornements militaires. Le traitement des sénateurs est fixé à deux cents francs; on leur alloue en outre une certaine quantité de farine.

La paye des gardiens ne dépasse pas cent cinquante francs sans aucune autre allocation.

Les autres dignitaires sont l'archimandrite , le secrétaire d'État, le capitaine des Périanitchi et quarante capitaines ou préteurs, qui remplissent les fonctions ue juges provinciaux.

Le sénat ou conseil ( Soviet ) est un bâtiment oblong, construit en pierre et couvert de chaume. Il n'est élevé uue d'un étage. De ses deux portes 1 une conduit à des salles qui servent d'étable pour les bœufs et les muleta, l'autre mène à deux appartements séparés ; le premier est garni de bois de fit sur lesquels on a étendu de la paille et destinés aux sénateurs, dont les carabines pendent à la muraille *, le* second est la salle du conseil.

D'un côté et le Ion? de la muraille règne un banc de pierre \ au milieu est un foyer autour duquel les sénateurs se rangent ordinairement pour délibérer, et où l'on prépare leur (Huer.

Quand le vladika est présent , il siège sur le banc où sa place est marquée par un tapis de laine. Tous ceux qui ne peuvent trouver à s'asseoir ainsi que les parties qui ont à comparaître occupent des sièges bas en bois autour du foyer centrai, et attendent eu fumant leurs pipes. Toutes les fois qu'il faut prendre note de quelque chose, on appelle le secrétaire du vladika, qui va rédiger le document nécessaire dans le couvent , ou qui l'écrit séance tenante, sur ses genoux à la manière des Turcs.

Huit cents gardes nationaux sont répartis dans les différents districts , où

L'UNIVERS

ils sont chargés des mesures de police, parmi lesquelles la plus périlleuse est l'arrestation des meurtriers. Si l'individu qu'ils sont chargés d'arrêter s'enferme dans sa maison , ils n'ont pas le droit de violer son domicile, ce qui serait regardé comme un attentat odieux parmi les Orientaux.

Cependant Pierre II a trouvé moyen d'éluder la difficulté. Il décréta que la demeure du criminel serait incendiée sur sa tête, en le laissant libre de périr dans les flammes, ou de s'exiler sans conserver autre chose en propre que ce qu'il peut emporter avec lui.

Mort civilement, et dépouillé de ses terres et de son bétail , il n'a plus d'autres ressources que celle de se réfugier chez les Turcs , à moins qu'il ne soit accueilli par quelque bande d'Uscoques.

Cette manière sommaire de procéder rappelle certaines dispositions des codes barbares ; les enfants du coupable se trouvent ainsi réduits à la mendicité; mais heureusement ces jugements ne s'appliquent que dans des cas extraordinaires et lorsqu'il est question d'atteindre quelque grand criminel, qui avec l'appui de ses amis et de ses clients trouve souvent le moyen de repousser la force armée. La propriété de ceux qui, après avoir commis quelque grave attentat, se réfugient dans les forêts n'est point confisquée.

Lorsqu'un individu est condamné à mort nar le sénat, la BPJffliflfl est

revient au vladika, la resta et entre les sénateurs et les ofl gouvernement. Le vladika tien a ce que les lois répressives so rement exécutées; il y a un à Cétinié, où l'on renferme 1

Î [liants : le gouvernement ne fe rais pour leur entretien; lapai dont se compose leur nourri payés par leurs parents ou le Il était plus facile de faire aux Monténégrins une police que les impôts qui en sont le « indispensable. Leur répugnai égard a été longue et opiniâti tués à considérer toute espèce comme le résultat d'une dé avaient de la peine à comprea pouvoir tutélaire et de leur c leur demander ce qu'ils n'< eux-mêmes que de leurs enuc trefois ils ne donnaient aucun leurs chefs, qui se payaient de 1 près mains, de sorte que le bi était non-seulement permis, cessaire. Ils disaient; nous ce contre les Turcs, parce qu'ils lent point payer le karatscl nous taxe, autant vaut-il ac condition de rayas. Cependai dika persista dans sa résolutioi famille ou maison fut taxée i cinq francs par an ; et-le peup il laissa le droit de contrôlei de ses finances , finit par pav kniez ou princes furent fusillé refusé de

itait de manifestations esté* ■i prouvent tout au plus Fhacbef de l'État et la confiance ire a son peuple. Pour qu'une ion porte ses fruits il faut que née eu saisissent l'esprit et la I fut qu'elle vienne en son ; qu'on la veuille. Par une dantàelle et qui se rattache ni à la loi de conservation, les s'appuient instinctivement ■6, même lorsqu'ils conseni laisser conduire dans une «Ile. Cest donc surtout à l'enï !■ jeunesse qu'il convient de pour le triomphe futur d'un aril renferme en lui des élé- Anrée. Pierre n , voyant que ignards se montraient plutôt ar déférence que persuadés, D'il fallait prendre la réforme nmeneement ; il établit des mentaires dans les villages.

riants qui montraient le plus itions apprirent à lire et à m popes dirigent toutes ces s ne chargent ordinairement le deux élevés, qui les serdo domestiques et auxquels sent à déchiffrer le missel de ilavon. L'institution donnée >Ius large échelle serait sans s efficace que les moyens de oar faire disparaître les préais elle devrait s'écarter de convient aux peuples avancés Être dégagée de toute influence En un mot, il faudrait qu'elle !ment greffée sur les usages le caractère national. Envoyer capitales de jeunes Monténélerait s'exposer à les voir rapts leur patrie les idées et les l'Europe avec des goûts et les vices qui leur rendraient inle la vie pauvre et guerrière meitoyens. L'espérance a trop rouvé que ces essais ne réusnt. Transformés par un long étranger, des jeunes gens ont ne se faire commis de magaaro que de reprendre la vie ères.

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