‹ Provinces danubiennes et roumainesChapitre 103 sur 218 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

empruntons les détails suivants (tes inédites de M. de PouquebuI à Raguse en 1813. Costume vnewr. — Dans les solennités le but Bogdan portait un justaui satin bleu, parsemé sur le debeillesd'or, sur lequel était jeté teau court d'une etofte de soie ge foncé, dont la coupe rappesanteau espagnol et qui s'attar des agraires d'or en forme de ilives. Son chapeau était garni es blanches ou noires ; sa ceinsatin cramoisi était enrichie de i d'or représentant des feuilles ?r et d'olivier entrelacées. Son i, ample vers les hanches et réi naissance du genou, laissait

bas de soie ou de coton. Selon i ou le temps, il portait tantôt s, tantôt des souliers à boucles, oanka, chaussure ordinaire des ards.

te les autres Monténégrins , il t jamais sans ses armes ; c'éle carabine chargée à balle , un i et une paire de pistolets, inc de ce costume, dont la riïre un singulier contraste avec irs simples des Monténégrins, juels le luxe consiste à se parer

armes, remonte, dit-on , à l'é- ' Charles-Quint. Un des chefs ivait armé un vaisseau à Cataro

pour aller complimenter l'empereur, qui entre autres présents lui donna un costume espagnol. Ce chef de la famille des Bogdanovitch rapporta le costume dans son pays, et depuis les gouverneurs l'adoptèrent.

Les cérémonies qui précèdent la réconciliation entre les familles que divise la vengeance du sang ressemblent à celles que nous avons décrites en traitant des mœurs des Albanais; cependant quelques différences nous ont para devoir être signalées.

Quand un chef de famille a remarqué, à certains indices, que les parents du meurtrier et ceux de la victime ne seraient pas éloignés d'un accommodement, on constitue un tribunal de réconciliation. Il est composé de vingtquatre membres choisis parmi les notables de l'endroit. Douze sont nommés par la famille de l'offensé, c'est-à-dire du plus proche parent de la victime, fûtce par droit héréditaire; les douze autres sont désignés par la famille du meurtrier. Toutes les vengeances qui ont été la conséquence du premier meurtre ne changent point le caractère du procès; mais elles entrent en ligne de compte lorsqu'on en vient à débattre la compensation. Le curé du village où demeurait la victime , ou même, en son absence, toute autre personne agréée par les deux parties , remplit les fonctions de président, et son vote est déterminant en cas départage des voix.

Quand ce tribunal , que Ton appelle kméti dans la langue au pays, se rassemble , on accourt des points les plus éloignés pour assister au prononcé de la sentence, qui n'a qu'une forme morale puisque l'offensé a toujours le droit de refuser la compensation.

La curiosité n'est pas le seul motif de cet empressement général. Les Monténégrins, qui paraissent si étroitement unis lorsqu'il s'agit de combattre l'étranger, sont divisés entre eux par des haines héréditaires qui tiennent à des rivalités anciennes ou récentes et à une foule de causes difficiles à apprécier en dehors de leurs mœurs. Les alliances, les contrats de vente ou de cession , les liens qui se forment ou se rompent dans les crises politiques sont autant d'obligations pour ces montagnards, dont chacun

Livraison. ( Pbovincbs Danitbikhnks. )

L'UNIVERS

connaît les traditions du pays et l'histoire des principales familfes. La réconciliation entre deux chefs importe donc à la population en général, pois-

Qu'elle rétablit des rapports que l'état "hostilité avait nécessairement suspendus.

Le conseil s'occupe d'abord à établir le calcul des sangs répandus.

Un sanq, c'est-à-dire une blessure, est évalué a dix sequins ou cent vingt francs ; la mort d'un homme, ou une tHe^ équivaut à dix blessures et se rachète en conséquence an prix de douze cents francs. lia tête d'un prêtre comme celle d'un chef de commune est taxée à sept fois celte somme, à moins qu'on ne traite de gré à gré par un intermédiaire. La cérémonie s'ouvre par les préparatifs d'une messe solennelle ; et l'on voit les drapeaux de toutes les paroisses flotter autour de l'église. Les cloches sonnent ; mais Ton s'abstient de tirer des coups de fusil : cette démonstration favorite des Monténégrins n'a lieu qu'au moment de la séparation. Tous les membres du kmétl sont à jeun , et les assistants ont revêtu leurs habits de fête.

I^e cérémonial est réglé par le vladika et le gouverneur, qui ont soin de se conformer aux anciens usages.

Quand on est d'accord sur la somme à paver et dont, le quarantième revient aux juges , qui en font remise au condamné, le greffier fait porter au domicile de l'offensé douze enfants portés par leurs mères. Ces enfants, qui tieimeut à

arme et la jette au loin; aossitc1 sistants s'en saisissent et la me pièces. Le coupable, après avoii

Su'il ace pte la décision de si emande à l'offensé s'il renoue initié et à la vengeance.

Le dernier donne tons les sig violent combat intérieur ; il s'agi des larmes, et lève les yeux ver comme pour demander à la mis infinie la force de pardonner. El ment, les instances des parent!

amis redoublent. Cœur de «lace on, ne te laisseras-tu pas fléchit tendez, répond-il, mon âme n encore prête. On s'éloigne, corn lui laisser le mérite d'une résolu doit venir de lui seul, et durant bat le suppliant reste immobi pieds.

Cette scène se passe dans le y fond silence. Enfin, le prêtre s dit quelques paroles à l 'oreille fensé et lui montre le ciel de 11 c'est le terme de la lutte entre voirs du chrétien et les obliga la famille, qui venge le sang par l'offensé relève le suppliant, et te s'embrassent au milieu des oppl ments de l'assemblée.

Précédés du prêtre et des arb se rendent ensuite au domicile « nistié, qui fait préparer un banq comme en Albanie, la partie i souvent remise de la somme q fixée comme réparation par le on s'abandonne à la joie; on ri

eolftaçe. Elles sont construites eu groenerementécarries, et coule dalles en schiste, placées, l'une de l'autre sans régularité ni sy- Cfaacun est l'architecte de sa « ; lorsqu'il s'agit dequelque mo- L, comme d'un monastère ou d'un tour le vladika ou le gouverneur, loie un architecte et des ouvriers rs Quant à l'intérieur des habi- < il suffira d'en décrire une pour vue idée de toutes les autres.

Monténégrins couchent sur des (tendues sur la terre. Le feu s'al- 1 milieu d'une pièce spacieuse Itre en terre, autour duquel sont aies escabelles en bois où l'on m cercle. C'est sur ce foyer préparent les aliments qui cuioj une marmite en cuivre suppar un trépied de fer, nommé », ustensile qui fait partie du moins toute la Grèce, ainsi que le H, espèce d'auge, dans lequel on > pain et qui sert de berceau aux . Quelques planches fixées aux M servent à placer le laitage et des destinées à la nourriture de le. Les vêtements d'un usage er sont accrochés à des chevilles i angle de la chambre. Quelques ru on peut facilement enlever, en erte, renferment les habits de rgent et ce que la famille a de écieux. Mais le plus M orne- : l'apnartement d'un Monténést le faisceau d'armes qui coini arsenal et celui de ses enfants.

Page 1