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CHAPITRE XX

DEUXIÈME GBOISADE.

La seconde croisade trouva les Grecs plus disposés à profiter pour eux-mêmes des secours des Latins qu'à favoriser la cause de l'Église. Pour cette fois, deuxpuissants monarques, Conrad m, empereur d'Allemagne, et Louis VU, roi

(1) Gibbon, Histoire de la décadence et de la chute de t empire romain , t. II, p. 364 <*t suiv.y de la traduction française de M. Guizot.

Livraison. ( Provinces DANUBrawifES. )

L'UNIVERS

île France, se mirent à la tête de l'expédition, lu route des Allemands était toute tracée. Ils passèrent le Danube à Katisbonne, traversèrent ta Hongrie, les deux Pan non les. Le pays des Bulgares* fa Thrace; puis, après s'être arrêtés à l'bilippopolis et a À.ndrinople, où l'empereur Manuel les accueillit avec une feinte bieiiveillanee , ils arrivèrent à "onstantinople et passèrent eu Asie.

Le , trompés par leurs guides auxquels Manuel avait donné la mission de lei égarer, ils virent leur armée se fondre nu milieu de désert** arides et de combats continuels où le nombre et le courage étaient inutiles. L* expédition des Français eut une issue presque aussi malheureuse. Ils côtoyèrent l'Asie Mineure pour être à portée de leur (lotte; mais ta longueur de la route ne tarda pas à les décourager. Les barons arrivèrent seuls a Antioche, hissant la multitude qui les avait suivis à la merci des infidèles. Les deux souverains se retrouvèrent à Jérusalem , ou Conrad s'était rendu comme pèlerin ; ils se concertèrent pour délivrer Damas ; mais Leur rivalité Ut nvorter ce projet, et ils reprirent le chemin de l'Europe, laissant les Sarrasins dans la persuasion une Y Asie était le tombeau des armées des Latins. Si la troisième croisade ne peut être comparée aux deux premières pour le zèle et la ferveur religieuse, elle se distingue entre toutes par le caractère des princes qui In conduisaient. Les affaires des Latins se trouvaient dans un état

huit ans, oublia ses démêlés avec Henri il Lion, et prit la croix. Richard d1 Angleterre et Philippe de France suivirent son exemple ; et les eh ré Lien s de Tyrt reprenant courage, allèrent mettre le siège devant Saint- Jean d'Acre.

Cependant Frédéric s'avançait vers l'Orient à la tête d'une armée puissante Fidèle à la politique de ses prùdéces* seurs, Jsaac l'Ange ne négligeait rien pour entraver la marche des croises. Il commence par contester au vieux monarque le titre d'empereur, et refuse de b laisser passer, à moins qu'il ne donne des otages. Frédéric se fraye un passage les armes à la main , emporte ta viUV d'Iconimn , passe le mont Taurus , et perd la vie comme Alexandre pour .s'être baigné dans ie même fleuve. Frédéric de Souabe . son lilg, fut emporté par la peste au sië^e de Ptolémaïs. Ce ne fut qu'au printemps de la seconde année que les Hottes de France et d'Angleterre parurent en vue de la ville assiégée.

Il va six siècles et demi que les bannières de ces deux puissances rivales se réunirent dans les plaines d'Orient. Alors Constanliuople était hostile, et le bat des puissances occidentales était l'abaissement du Croissant. De nos jours, le même théâtre s'ouvre à une lutte lotit* politique. La lutte est entre la crois lo* linc et la croix grecque. L'Église anglicane, n'étant sympathique qu'a ellemême, apporte dans la lutte des intérétf de prépondérance et de commerce, tes Tu rc s profi t en t avec éto u ne rrren t d "i

guerre. Son héroïsme a laissé n terrible souvenir. En Syrie, prononçaient ton nom pour n enfants; et, si nn cheval «art, le cavalier le gourmannt : « Aurais-tu aperçu le roi

ira de Jafîa et de Gésarée i aux débris du royaume de

naais Asealon ne lui livra ines. Il était sur le point de Jérusalem, quand la jalousie i de prudence détacha de lui (nous, à l'instant même ou lit trop épuisé pour lui dis* lomphe. Henri VI retint inen captivité le héros qui avait «r des Sarrasins; et la troi- ■de n'eut d'autre effet iraporrelever en Asie la réputation ire des Francs, et de justiûer,

de Constantinople, toutes que les expéditions des La* it inspirées aux empereurs

m fondés en Orient par les lèrent tour à tour entre les

Latins et des Turcs, pour Hivernent au pouvoir de ces e royaume de Jérusalem, qui

la Palestine avec les villes de Tvr et de IHolémaïs, eut er roi Guy de Lusignan ; le lesse , conquis dans l'origine i, frère de Godefroy de Bouillant à plusieurs priuces frauen 1144 où l'atabeg Zenghi maître ; la principauté d'Anba en partante à Boémond , Tareute, dont les héritiers mis y réunirent le comté de i avait clé fondé par Raymond, Toulouse. Les mameluks les nt d'Autioche en 1268 et de 1280. Knûn, le royaume de e Richard Cœur de' Lion enrecs, fut cédé par ce prince à >ignan, dont la postérité replia : jusqu'en 1487, époque où assa sous la domination des

es des premières croisades «essairement en faiiv récitertse. L'expérience avait crueluvé que les échecs des Latins mt être attribués ni à leur

faiblesse numérique ni à leur infériorité comme force militaire. Malgré le courage fanatique des Turcs, ce qu il y avait de plus difficile en Orient pour une armée chrétienne, c'était, non de vaincre, mais de subsister. Il était donc de la plus haute importance d'avoir comme point d'appui entre l'Asie et l'Europe une ville riclie et dont les ressources fussent à la disposition des Latins, dans la bonne comme dans la mauvaise fortune. Cette ville était et ne pouvait être que Constautinople, passage nécessaire pour ceux qui arrivaient d'Europe par la Hongrie, et entrepôt des produits du bassin du Danube et de ses nombreux affluents. Tous eea éléments de succès avaient été paralysés parle mauvais vouloir des Grecs, ce qui attira justement sur eux la catastrophe qu'ils voulaient écarter.

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