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CHAPITRE X

RETOUR DES PRINCES INDIGENES.— RÈGNES DR GRÉGOIRE GHICA ET DE JEAN STOUHDZA.

Interrègne. — La défaite d'Hypsilantis et de son parti fut suivie d'un interrègne d'un an environ, pendant leuuel les principautés, rendues à ellesmêmes, reprirent une apparence de tranquillité et de bien-être. Les Turcs continuèrent à occuper militairement le pays , mais sans se mêler en rien de l'administration intérieure. Il fallut pourvoir à la vacance du trône. Des deux hospodars placés à la tête de l'administration à l'arrivée d'Hypsilantis, l'un, Michel Soutzo, après avoir pris parti pour les rebelles, était gardé, a vue par l'Autriche, l'autre, Charles CallimacJii , enveloppé dans la réaction qui atteignit, après la découverte du complot, les principales familles du l'hanar, avait expié par une mort imméritée sa fidélité à la Porte (I). Une caïoiacamie fut instituée suivant l'usage, en attendant que le divan eût statué définitivement sur le sort des principautés. Une longue expérience avait appris aux Turcs à se défier des Grecs. Les emplois de dro#m a i) s riq la Porte et de l'amirauté, dont

boyards, qui exposeraient à Si les griefe et les vœux du payi.

torze députés arrivèrent le 2 Constantinople, où KhaJet eff jours en possession de la 6va maître, le reis-efendl (ministi faires étrangères) et le Aiakhbt tre de l'intérieur) leur firent, à I accueil splendide. Une somme en outre du tain (1) ordk fut allouée, par ordre exprès di à titre d'indemnité pour les p la guerre leur avait fait subir. 1 tint plusieurs séances extraor où les députés moldo-valaquc appelés à diverses reprises; mois après leur arrivée, N ayant déclaré sa résolution so de confier désormais rhospodai

f>rinces indigènes, Jean Stourdz Otfothète oe Moldavie, et < Gnicn, grand ban de Valacbie, digène et descendant de Vlac Valacliie, Tau tre issu d'une fan rigine albanaise en possession digénat depuis cent cinquante rent choisis (juillet 1827). Le chérit impérial (2) portait que tesse « vu l'ingratitude des Gn fidélité des Moldo-Valaques, leui un prince indigène pour sept a

AVBNBMRNT DE GrÉGOIH ET DE JEAN StOHADZA.. — D

khatti-chérif qui fixait leurs atu et leurs prérogatives, les nouve n'avaient que le rang de pacha

et recevaient le

PRovroo» whulunes.

ttl

i vouloir à l'égard des prinei»

tordre à uoe partie de

spaaser le Danube. ^ les Tartans et les fanisfë femeient le gras de l'armée ■ratant cm que les deux prinei- "tenéant «Éunfies an dmr-ul-i$b nnlièrsnft en pleine révolte en HKfMIss demeuraient an nouas infidèles. Plusieurs martien 4Mb* anéanties et pillés, et les ms #annésde terreur, s'enfui-

jours

is Min (août).

désordre, les

i Bucarest, qu'à l'arrivée des nos-

:*i «valent quitté Constantino- •noût, et s'étaient rendus à Si- Oi ils reçurent l'investiture du wnnana. De Silistrie ils contit fcw route vers leurs capitales, Irait leur entrée, Grégoire Ghiea mit, le 6 octobre, et Jean M, i laasi, le 19 du même mois.

r no pats a l'arbitre des kabs. Intrigues db la Rus- - A cette époque la Russie, It rappelé sa mission de Console, n'était plus représentée ni i tantale ni dans les provinces 'urquie. La protection des intéees avait été confiée à l'ambaset aux consuls anglais. D'un Até, f occupation turque, si elle ait de grever les principautés berne que les misères des derennées rendaient encore plus n'entravait en rien l'administra- • hospodars. Dès lors ceux-ci prendre impunément plusieurs » utties. à la faveur desquelles tants subvinrent, sans vexations i» à toutes les charges qui leur ' », et jouirent d'une trann'avaient pas goûtée de-

Ces oommeoeemenu n'étaient point du goût de la Russie, menacée de perdre toute aa prépondérance dans les principautés, si elles se maintenaient en paix et en prospérité sous le gouvernement de leurs princes indigènes. Il était urgent de détruire un état de choses qui otait tout prétexte au protectorat; et le protectorat, c'était, dans la pensée du cabinet de Saint-Pétersbourg, r acheminement à la conquête. Elle chercha un prétexte. La présence des troupes turques au delà au Danube, après la cessation complète des hostilités, constituait un état de choses illégal, contre lequel les principautés, dont elles affectaient l'indépendance, n'osaient réclamer. La Russie intervint pour demander l'évacuation complète du territoire moldo valaque : parla elle se posait encore comme le défenseur des droits et l'interprète du vœu des principautés.

Une première note transmise à la Porte par le canal de l'ambassadeur d'Angleterre, lord Strangford, à la fin de 1823, demeura sans résultat. L'année suivante (10 avril 1824) lord Strangford remit au divan une nouvelle note, signée par les représentants des grandes puissances , pour l'inviter à procéder sans délai à I évacuation des principautés et à les replacer, sous tous les rapports, dans le même état et dans les mêmes conditions où elles se trouvaient avant les troubles. Cette nouvelle démarche n'obtint pas plus de succès que la première. Le czar néanmoins ne se tint pas pour battu. Résolu à poursuivre ses réclamations sans pour cela en venir à une rupture avec la Porte , il envoya à Constantinople le conseiller d'État Minziaki. La mission de M. Minziaki n'avait pas trait seulement à la retraite des Turcs des principautés ; il était porteur d'une proposition qui de* vait, dans l'opinion du cabinet de Saint-Pétersbourg, mettre un terme au différend oriental, aggravé de jour en

tour par le progrès de l'insurrection lellénique. Il ne s'agissait de rien moins que de l'établissement , au sein de l'empire turc, de trois principautés de terreferme, sous les noms de Grèce orientale, Grèce occidentale et Grèce méridionale, dans des conditions analogues à celles où s'était trouvée jusqu'alors la Moldo*

ISS L'UNIVERS.

lachie, et régies isolément par des liospodars à la nomination du sultan. La Porte, quelque étrange que dût paraître le moven de conciliation proposé par les Russes, ne témoigna m surprise ni colère, et ne s'occupa qu'à traîner les négociations en longueur, suivant son habitude ; et ce ne fut que plus d'une année après , en apprenant la mort de l'empereur Alexandre à Taganrok et l'arrivée de son successeur dans cette ville avec des forces considérables, qu'elle envoya l'ordre au reste de ses troupes demeurées en Moldo-Valacbie de repasser le Danube.

Du projet chimérique de M. Minziaki, il n'en fut plus question. Toutefois la Porte consentit, sur sa demande, à l'ouverture de conférences en vue d'apaiser les différends qui subsistaient depuis plusieurs années entre les deux cours, et de régler définitivement le sort des principautés d'après les stipulations du traité de Bucarest.

Convention d'Akerman. — La petite ville d'Akerman en Bessarabie fut indiquée comme lieu des conférences.

Les plénipotentiaires étaient : pour la Russie, le comte Michel de Woronzof, gouverneur général de la Nouvelle- Russie, dont la nouvelle province de Bessarabie était considérée comme une annexe, et M. de Riben u pierre, ministre de Russie à Constantinople; pour la Turquie, Séîd-Méliémet-Nadi efeudi, contrfllmir général d'Annlolic f Turquie

gènes. Ils recevront leur investi la Porte, qui sera maîtresse d'.

l'élection, mais seulement povi tifs graves et avérés par les de« La durée de l'administration é podars reste fixée à sent ans.

peuvent être destitués qu'avec Pi ment de la cour de Russie. Eh destitution, d'abdication ou de d un hospodar, et jusqu'à ce qs' donne un successeur, VùUérim <k rempli par descaïmacams nomma divan de la principauté.

2° Que les hospodars déferas les impôts et les charges annoell principautés conformément aux ments établis à la suite du khatt rif de 1802, et en ayant égard représentations du ministre é Majesté Impériale et à celtes 01 consuls de Russie leur adresseront prés ses ordres.

Remarquons d'abord ce droit à sure que la Russie s'arroge, comn passant, sur la conduite des hospo et qui les met naturellementaa dépendance en même temps quel'; nistration tout entière est livrée à merci. Cette dépendance est rendu étroite encore par les clauses qui > buent l'élection du prince à l'assen des boyards, composée presque en veinent des créatures de la Russie plus encore, autorisent sa proroga après l'expiration du terme de années, au cas ou auru

PROVINCES ROUMAINES

mm dan* ?otre iMe à remplir nias fonctions honorables que i a confiées et que la Russie

tionner par ses suffrages.

b approche aè «* change' ^féefadmimistrationpourra %pk*je vaudrai» voue devoir nsniMasemice pour vas $oUa

Mkkl était consul générai à dopais la rétablissement des Automatiques antre la Rua-

Farta. Dès lois Isa anciens erettout progrès

i nasUs di bbfobme. —

laa débute des deux nouveaux atsnt été marqué* par plusieurs *"' * i et profitables an pays, ent pas tout à fait Fat- , Grégoire Ghiea et Jean , pendant le peu de temps qu'ils )nm% hors de la présence des i k Russie, s'étaient montrés r letton et les intérêts du pays, ma tu comment, en Valachie, marnent était parvenu à payer te cinq millions de piastres qu'il tinette i l'effet de solder les da la Forte et qui n'avait pu wnraée à l'époque des troubles.

art dés vexations qui depuis i siècle pesaient sur les paysans nt, et, si l'on en excepte quelathrea du parti russe réfugié en anfe, tentatives qui furent aibrimées, les principautés jouiflant cm aix années d'une tran-

ire Ghica en profita pour prennes mesures propres à améaitnation morale et matérielle 11 nomma un comité de cinq i qu'il chargea de rédiger un réformes basées sur les anciens nsues, fit rentrer dans la poste l'Etat les monastères fondés ia par la piété nationale et qui M usurpés par le clergé , forma de pandours , à l'imitation des a gardes civiques, fit paver les es rues de Bucarest, agrandit m lee hôpitaux de la Philan-

oo, ttmt du principeuêù de Va* fc Jfetf*», p. 43.

thropie et de Fantéléïmon , rétablit les écoles nationales, et donna une vive impulsion aux études par la fondation du collège de Saint-Sava, construit sur les ruines du couvent du même nom.

Le poète Héliade et deux boyards patriotes dont nous retrouverons plus tard lee noms, Constantin Golesco, nouvellement retourné de l'exil (1826), et Jean Campinéano, secondèrent dignement ses efforts, et rédigèrent, de l'aveu du prince, les statuts d'une société de progrès en Valachie. Ces statuts contenaient en projet :

1° L'étaolissement de collèges nationaux à Bucarest et à Craïova ;

2* L'établissement d'écoles normales dans chaque chef-lieu de district par les premiers élèves sortis des collèges ;

8° L'établissement d'écoles primaires dans chaque village ;

4° La fondation de journaux dans la langue nationale;

5° L'abolition du monopole typographique ;

6° Les moyens d'encourager la jeunesse à traduire et à écrire des ouvrages dans la langue nationale ;

7° La formation d'un théâtre national (I).

L'opposition de M. Minziaki rendit inutile la bonne volonté du prince; et les novateurs , privés du patronage officiel qu'ils avaient espéré , ajournèrent leurs plans de réformes. Cependant un second collège fut établi à Craïova, et Héliade réussite fonder plusieurs journaux, entre autres le Courrier roumain ( Currier romanesti ), qui furent supprimés lors de l'occupation russe de

En Moldavie, Jean Stourdza semblait décidé à marcher sur les traces de son collègue. Il rouvrit le collège Basilien à Iassi, y établit des fontaines publiques et entreprit d'autres travaux d'utilité générale. Le peuple tout entier, dit M. Elias Regnault, s'associait au mouvement de rénovation. Le paysan, délivré des garnisaires étrangers, avait reconstruit sa cabane; les boyards, revenus de l'émigration, relevaient leurs palais; le commerce ae fiusait avec sé-

(i) J. Bjdoletco(HéU*de), Mémoire* sur Ckutoir* de bréfénéretim remmmê.

L UNIVERS

curité ; l'agriculture reprenait son essor ; uu bien-être inaccoutumé s'annonçait au pays.

Ce calme , cette prospérité ne furent pas de longue durée. A peine réinstallé, le consulat russe devint ce qu'il était auparavant, un foyer d'intrigues et de menée* tantôt patentes, tantôt occultes, destinées à entretenir dans le pays une agitation favorable aux vues de la Russie, h On vit le consulat, rétabli quelques mois auparavant dans les principautés, commencer à élever ses prétentions en insistant pour que les iwyardsdu parti russe lussent employés de préférence et en tâchant d'enlever toutes les faveurs aux boyards du parti opposé. I/intrigue russe parvint bientôt a les brouiller soit entre eux, soit avec le prince. Klle sema des nouvelles alarmantes au sujet d'une rupture entre La cour de Saint-Pétersbourg et la Porte, aussi bien que sur une nouvelle invasion des principautés par les Turcs.

Os cnûntes étaient si peu fondées que la Porte permit, au contraire, au prince de laisser sévir les autorités locales contre les Turcs reconnus coupables.

Autrefois on les renvoyait toujours devant les pachas pour leur faire subir ie châtiment de leurs crimes ou de leur mauvaise conduite (1). »

Conséquences avantageuses de hk convention i>*Akehklàn, — Cependant nous devons dire, pour être |uste, que la convention d'Àkerman renfermait plusieurs clauses réellement

tensiblement comme la tutrice ai Moldo-Valaques, et relâchait de ptma plus le lien qui les rattachait à la T» quie.

Cette politique , à l'aide de laqa* la Russie parvint, pendant prêt do siècle , à donner le change aur ms véritables desseins, reçut une nouvelle rt»

sécration par l'établissement des Njkmenti organiques, ou Codes admis»tratifs des Principautés, dont les am commencèrent à être jetées dès cette épique , bien qu'ils ne furent acheva a promulgués que cinq ans plus tard, a

Origine des Règlements obginiquks. — L'avant-dernier article à la convention d'Akerman portait « qot, les troubles survenus dans les dernieni années en Valacbie et en Moldm ayant porté la plus grave atteinte à Tsrdre dans les diverses branches de l'administration, les hospodars seraient tenus de s'occuper sans le moindn délai , avec leurs divaus respectifs, d» mesures nécessaires pour améliorer la situation des principautés, et que cfs mesures seraient l'objet d'un règlement géirfral pour chaque province, lequel sera it Triis t ni m éd ia te men l à exécution ■ Kn conséquence de cet article, deai comités préparatoires furent établis ù Bucarest et h lassi vers le milieu et 1827. Chacun de ces comités était composé de quatre membres* dont deux a la nomination de la Russie, Dans le nombre se trouvaient deux futurs bos*

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