‹ Provinces danubiennes et roumainesChapitre 203 sur 218 · RE XV ET DERNIER · texte numérisé non relu

RE XV ET DERNIER

I, MOIfimilITS, MGBTJBS,

oororums, etc.

• et uoMVUMjrn. — Époque m des originel. — Époque re- •tdeTrajaA,lato«r de SJéves, villas et voies romaines. — ftVnffi .• Campo-Iangé, église gk,a*onastèrede Niamtso. —

i des pavaana. — Ameu- ; de ménage. — Instruras. — Caractère. — Fêtes et ihgi anses : Noël, Piquet, l'Aitoi de Saint-Basile et de Saintnier iour de mai. — Célébration et du mariage. — Funérailles; ne*. — Superstitions, préjugés, tantes populairea : la kora; la htmrig la danae de la ctimturt; le nmsique. — Airs et chanta ballades, doinas, eompUintei; i; expression du génie antique

ris It MONUMENT». — La ahie , quoique foulée et raatnment par les Barbares , teore aujourd'hui en restes éet du moyen-âge. Ces mowoniros la plupart à l'Eu- S se rapportent à trois épotes : l'époque dacc, l'époque ipoque des premiers aonmi

iace. — Peu d'auteurs se i jusqu'ici de rechercher et riginesdelaDacie(l); néants ainsi que beaucoup d'autres fMamsmatique, à la topogra- Mncipautésy a été traité d'une tète par M. César Bolliac, Routante, qui emploie ses années aWer les matériaux d'une grande Roumanie. Le peu de données peées ici sur les origines et les i la Deoe a été extrait, en , de notai numnacrites qu'il a m communiquer.

It7

notas flnsfaft avéré aulofjrd*bui que It beilftqueose nation avec laquelle ks Romains se trouTèrent en contact dès le premier siècle était formée du mélange de trois nations, ou plutôt de trois peuplades, distfnetes bien qu'elles se rattachassent à un tronc commun : les Davl ou Danavi (1), qui étaient les plus anciens habitants du sol ; les Péiasges , venus par les Palus-Méotides et par rEuxin , et qui s'unirent aux premiers il y a environ trente-neuf siècles; enfin, les CèUes, qui , au temps des grandes migrations gauloises, envahirent le pays par trois points. Les Galates vinrent parle bas Danube, sous la conduite de leurs brenns. qui ont laissé leur nom à diverses localités et à plusieurs cimes de montagnes ; les Bastames débouchèrent par les Palus-Méotides , et occupèrent la branche supérieure des Carpathes, qui prit d'eux le nom d'Alpes Bastarniques. Une troisième tribu , partie de la grande Germanie , s'établit vers les sources de la Tisa (Theiss). C'est ainsi que se peupla cette contrée, dont les habitants sont confondus par les historiens de l'antiquité sous les noms de Scythes, de Gètes ou de Daces. Strabon seul les divise en deux groupes distincts, les Gètes dans le bas, et les Daces dans le haut Danube, bien que ces deux groupes ne formassent au fond qu'une même nation établie entre ce fleuve, le Dniester et la Theiss , ayant la même religion, vivant sous les mêmes lois, parlant la même langue. Le costume même était semblable, comme le prouvent les bas-reliefs des monuments romains (la colonne Traiane, la colonne Antonine, le portique de Septime-Sévère), et la série de médailles recueillies par M. César Bolliac. Les premiers néanmoins paraissent avoir possédé un état de civilisation plus avancé que les Daces proprement dits. Voisins de la Thrace et par la Thrace de la Macédoine et des autres contrées helléni- Ses, ils subirent, à un degré trèsble sans doute , l'influence de la civilisation et de l'art grecs.Leur alphabet,

(i) Ce sont les mêmes qui donnèrent leur Mm an Dansée, et am m nom de Damai* répandirent par k Mmne et la Macédoine dans une grande partie de la Grèce.

L'UNIVERS-

uVsl l'alphabet grec; leurs monnaies, a en juger du moins par tes échantillons recueillïs <i<ius cette partie de La Dacie, goût des imitations de la drachme et du statere grées ua inacedunie as , et dénotent une certaine pratique des arts du dénia et de la gravure. Au contraire»

les Dû ces du haut Danube, qui s'étendaient entre l'A Juta et la Theiss, faisaient usa&e des lettres latines, et leurs monnaies» qui se rapprochent du type yalloromain, sont beaucoup plus grossières Quelques- unes portent sur le revers la tête de ritnist ou boeuf sacré des Daces, et sur la face IVtïigie Ut Jutes César, le co nq uéra d t d es G a u les ,

Le culte des druides, mêlé aux principes de Pythagore, apportés dans la Dacie par son disciple Z a mohis, formait la base de la religion et des lois, du moins h l'époque ou la lumière de Ihistoire commence à pénétrer dans ces contrées lointaine*. Les Daces croyaient à l'unmortalité de lame, el voyaient dan* la mort un simple changement d'état.

Leurs principales divinités étaient Mithro (le Soleil), dont le culte fut apporté de la Perse par les Péîasges ; les Dioscures, introduits par les Argonautes et dont la tradition a conservé le souvenir sous les noms de Zoriia et Mur pila. Hercule, qui fut reçu en Dacie par Diane Chasseresse M), enfin Le bœuf ITrus, la divinité la plut ancienne du pays. La Dacie avait ie plus son Génie

fro lecteur, Genimn Duciuram , comme atteste l'inscription .suivante trouvée à Jlbu ÇaroUm (Carlsburg) H) Transylvanie (2j ;

QxJe&H Auguste

Et OEscuUpiu Xugtiâlo

£l i n'ii i' <

Car Intima et

Gelllo D ad arum

Vulua, TerttQtlus Prudeq* VttetUauufr

Le«. XIII. tam. Les»

Au g. proprael- Pruvini;ia! fttieUm»

(i)Vmànrv,Oljfnp.tUl,

(a) I/aaeîenue Çolorûû Jputcruîs des RonijLiji, rebâtie par ta chef magyar Gyula, Juut i -Ut- porta le nom jusqu'au iiecle dernier ( A (ht Ju/ia , en magyw Gyitta Feitrvar )t ensuite euuoie d'une eitiideile |wi le pi Kugètie, sou» le règne de l'empereur Uim>

* Le nom de ce génie, dit M. Ccfalniceano > t'est conservé jusqu'à nos jours : c'est une vieille femme qu'on appelle Uaba Dokiu, ou la vieille Dokia. Elle a une statue colossale * moitié laite par la nature, moitié par la main des hommes. Elle est entourée de vingt brebis , et de ses partie» naturelles sort une source. Cette statue se trouve sur le sommet le plus élevé du mont Cecliû en Moldavie, et les paysans racontent une toute de traditions sur cette divinité dace. »

Quant a la langue, elle était formel du dorique et du celte, mêlés plus taie) au latin et à l'idiome d'Ulpbalat; et c'ait ce mélange qui produisit à la longue le roumain actuel.

Les Daees formaient, plusieurs siècles avant Jésus-Christ, une na t ion puissante, que ni les efforts de Darius ni ceux de Mil h rida te ne purent entamer* Lorsqu'ils viiireul en lutté avec les Romains, cette

Puissance avait atteint son apogée. Plus e cinquante villes daces mentionnées par les géographes anciens, et dont on a conservé les noms et quelques i ges; le costume et les armes des guerriers représentés sur la colonne Tri* jane et qui se distinguent aisément dss combattants demi -nui et grossi ère meut équipés des autres nations barbares; les dépouillas ravies pur les Romains au moment de la conquête; les vues d'or et la magnifique coupe formée de la corne du bœuf Urus, dont Traita s empara pour en faire une offrande!

Jupiter Cassien , lors de son expédition contre les Par thés, attestent q<.

Dacie, lorsqu'elle cessa d1 exister, u déjà plus qu'à demi barbare.

Cependant les monuments qui datent de celte époque, ceux du moins que le hasard a fait découvrir { car les Principautés n'ont jamais été explorées dani un but et, un intérêt scientifiques)! S0D* aujourd'hui peu nombreux , et leur origine est tr< i constater Lesplui apparents sont des vestiges d'ancien* fossés, suivant l'usage adopte par lai peuples barbares d'entourer leurs camsf

les VI, i loti sou nom moderne J\ ralàna, A«*v/> fijctvmt eu oiagj.ir, but g en nlleinaud.

PROVWW JWMAI1IES.

tche mente. Tel dist un rempart t d'une étendue considéranLe, ms le pays sous le nom de f'aanoiui [le Rempart de Trajan), l m porte aucune trace de con-

romaine. De plus, le tracé u vallum serait le contredire tolhese. Ayant sou point de ùè~ tessous de la ville de CzerueU, a frontière du Banal, et sépal'ouest à Test le pays plat de mu nia gu es % il s1 approuvait du du cùié de Galatz, et de là t les rivages du Pout-Kuxin environs de Tigina (Bender) irabie. Or, on ne comprend ■lie raison stratégique eût porté tins, maîtres des provinces sinon! et au sud de la Dacie, à

rempart, dont leurs historiens f aQJtel «tienne mention et gjfa naiiwblahle d'attri*

âpre également dans les enviiIMbifwien Ciwfra Trctfani, ngJtÊBQt monuments eyclo- DtiflMiques, qui se rapportent ent à r époque dace. Des traces motion» semblables se voient \ Portes de Fer dans la nt provenir d'un renv j toi Daees pour protéger * 6armiiœfiéthu5a 0).

ide Arama, dans la Petite-Va* 9 trouve de nombreuses traces dont respect diffère essentieib OffJui m établissements du tira exploité* par les Romains, sjt9 à croire que cette contrée mbe de l'industrie minière au

«iBrRolliac découvrit dans Valaehle, au milieu d'un champ lefirible distance du Danube, un ■ésanisnt un sacrifiée au dieu

ne est tout à fait semblable à i Daees figurés sur la colonne et les antres monuments rot on peu plus loin une tête dace

'Ifia Tnyana de Trajae; ce n'est inflwi qu'un simple TlUsf e, appelé Uea du Tort). Dans le voisinage est

ï* 1|* Hw«fc> Vof?« *> Oéwndo, |p*Me# p. S71 et sur.

dont la pfa jsJonosnie et la ootffure piésentent (s «rima analogie . Cee deux objet* se trouvant actuellement au musée de Saint-Sava. è Bucarest.

La numiamatiqua daoe est plus riche auel'arobéosone monumentale. M. Bolfiac posséda à lui seul une collection de cent trenteH)uatre médailles ou monnaies, dont vinat«eept portant des noms propres de eue», recueillies par lui tant dans la haute que dans la basse Dacie, celles-ci avec les caractères greee, les autres avec les caractères latins. Ces dernières, quoique d'un travail grossier, offrant une analogie frappante avec nos anciennes monnaies gauloises (l).

Époqu$ romaine, — Si les Principautés n'ont conservé que de faibles traoes de l'époque dace , en revauehe les vestiges et les monuments romains y abondent. Sans parler des nombreuses chaussées qui sillonnaient le sol dans presque tous les sens, les débris du pont de Trajan, la tour de Séverin, Caracaila, ttomano et tant d'autres villes dont le nom seul indique l'origine attestent encore aujourd'hui la puissance et le génie du peuple de qui les Moldo«Va«

(i ) La numismatiaue de la Roumanie est partagée par M. Bolliac en quatre parties ou période* :

i' La numismatique dace, depuis les origines jusqu'à la conquête romaine;

%° La numismatique romaine, depuis Domines jusqu'à Aurélieu, comprenant les médailles relatives à la Paeie, mais frappées à nome ou en Italie |

3° La numismatique déco-romaine, reufer* mée dans U précédente, mais restreinte dans une plus courte période (de Philippe à A.urélien), comprenant les médailles relatives à la Dacie, frappées en Dacie. Toutes ces pièces présentent à la face la figure de la Dacie, avec les mots Pnvincia Dacia , sous des formes et avec des attitudes diverses, mais toujours coiffée du bonnet de Mithra et ayant à chacun de ses cotés l'aigle et le lion, emblèmes et divinités tutélaires de la Ve et de la XIIIe légion, fondatrices des colonies romaines de la Dacie. Elles portent à l'exergue un numéro qui va de 1 à 17 ;

4° La numismatique roumaine proprement dite, commençant avec les premier»

domjù, bien que les Pins anaiennei pie ne remontent pas an ftli «f

qnto^isjii

tduriffted* llir-

LTTN1VERS.

laques s» font gloire de descendre*

J'ai déjà dît quelques mots (1 ) du pout

de Trajan , l'une dfes constructions les

plus gigantesques qui soient sorties des mains des Romains, Ce pont, construit par l'architecte Apoltodore Tan 104 ou 1 06 d e Jésus-Cb ri s t , se com posai t d e vingt arches de cent cinquante pieds de hauteur, présentant d'une pile à l'autre une ouverture de soixante pieds. Sa largeur était également de soixante pieds et sa longueur de neuf cents. Les opinions sont partagées au sujet de son véritable emplacement. Les uns le placent â Ce* leiu, un peu au-dessus du confluent de roito7 là où se voient encore quelques restes de fortifications romaines , et croient que les deux énormes piles en* eore debout, l'une sur la rive serbe, Vautre sur la rive valaque, à six ou sept kilomètres au-dessus de Cerncti (Czer* netz ), et visibles au temps des basses eaux, sont les têtes dTun autre pont bâti par Constantin en 332. Les autres, par une hypothèse diamétralement opposée et que semble justifier la description que l'historien grec Dion Casmus nous a laissée du pont de Trajan, le placent précisé m eut à Fend mit où les premiers trouvent celui de Constantin.

On voit sur la rive valaque une suite d'à relies basses qui continuent le long du rivage. En 1844, on découvrit dans les environs une quantité d'armes, de cuirasses et d'ustensiles de campagne trèscurieux pour l'histoire de cette époque. A un quart de lieue au dessus du pont de Trajan se trouvent les ruines de la tour de Se vérin ( Turnu Severinuiui\ bâtie, vers 240, uar Sève ri nus, gouverneur de la M ces te sous l'empereur Philippe (2). Il ne reste plus de cette tour fameuse, que les Barbares ont détruite, qu'un grand pan de muraille sur une ëmmence artificielle fermée par un fossé dont les deux extrémités aboutissent au Danube (3),

(t) Voyez plu* haut* p- *©♦

(a) Cette opinion est celle de M, Rolliac, qui mérite toute confiance pour l'exactitude dp ses recherches. La plupart des auteurs, avant lui, attribuaient la fondation de celle tour a l'empereur Sévère après sa malheureuse expédition en Thrace.

{3} La tour de Sévcrin et le bourg qui en

Non loin des ruines de la tour de Sevérin, Ton aperçoit les vestiges de U citadelle de Théodora, bâtie par JusUni en et qui joua un grand rôle an moyen âge dans les guerres entre les Romains et tes Barbares. A la Go, die tomba au pouvoir des l long rois» qui 11 détruisirent. C'est alors que le banc et l'ëvêque de Séverin transportèrent leur réside née, le premier à Arc ma, plu* tard Craiuva, le second à Romnic, pendant que les habitants se réfugiaient à quelques milles plus bas et fondaient sur remplacement de l'ancienne Tien»

une nouvelle ville, qui est aujourd'hui Cernetï (!)♦

On remarque encore le long du Danube des vestiges de plusieurs villes romaines : Ratiaria, ancienne capitale oV la Dacie Rïpéenne; Hegiana^ â l'embouchure du Mà;Sicibidat près de fr leiu, à l'embouchure de l'oito* formant la tête de l'ancien pont de lions tan ti a et qui a fourni un grand nombre Ût monnaies antiques à l'effigie des Cesari depuis Trajan jusqu'à llëraetïus, aios que de plusieurs rois goths et vandales (2).

Caracalla (Castra nora), chef-lieu du district de Romanati t dans la Petite- Valachie, doit son origine à Tempereur Antouius Caracalla , qui y établît son quartier général et lui donna son nom Des fouilles pratiquées dans les environ presque au raz du sot ont amené Ja découverte de tombeaux , de statues «t d'autres objets extrêmement eurieuv

Toute la rive gauche du Danube jusqu'à Gai aU est parsemée de débris d> monuments, ouvrages des anciens maîtres du monde et sur lesquels est rest* debout Ja nationalité roumaine. A une

a prit sou nom, chef -lieu du district 4e Util inditi t ne doivent pas être confondu! tnm ira autre Turnu, situé vis-â-ris de Nicopoiu, Ce dernier est l'ancienne Tttrris litt<**tat ainsi nommée parce qu'à partir du pool de Trajan la rive gauche du fleuve est aussi plaît et unie que la rive opposée est escarpée ti abrupte. De là tint aussi que tes deux Dacica, celle d*Àurclien et celle de Trajan, furent distinguées par les noms de répart* et àt fittvrata,

(0 M*i. de M, Ccjar Bolttat.

f» îbid.

PROVINCES ROUMAINES

£Gttat*,prfcdu< ntralesrafa avoir été l'i pif. Cantûnir nous apprend «ouvrit de Mm temps quantité as matines, ainsi qu'un marnt nette inscription : Imm.

fe./tfo Nervm Trafamo. Aurm. Dadeo. Pomt. Max. Fei.

XVL Imp. Fi. Cous. r IL pmnio. Pub. Marco. C. Au- 9 : fou il tire la conclusion ftéfté fondée par Trajan. Des Hnment, ont perl'emplacement et de la forteresse, de forme

«d'une quadruple mules limites de la ville, drfm trois directions, sud, *• En outre ces fouilles ont ■leurs découvertes intéressani avec des tombeaux, et i d'urnes, de lampes, de et d'autres ornements funéi Gupidon en bronze de trente- MS,une Gérés de marbre blanc, nettes d'ordre toscan, plupi teaux corinthiens et des fiaspiéaentant les guerres des Rôle les Rarbares et qui paraisrtenir à la céramique plutôt dptnre. Du moins une grande le briques qu'on a recueillies Irait et portant l'empreinte du \.rVliril,Xx*çk avec ledoigt, sa noms mêmes donnés au vils'élète actuellement sur l'emb de la ville romaine, Gertina, Triglina, semblent indiquer lilerie considérable y existait

» n'est pas seulement sur les Danube que les vestiges romdent ; le voyageur les trouve, i dire, à chaque pas dans toute des Principautés. Kinéni , le »de Topolnitza, l'église de la mité à Czernetz conservent m avec des inscriptions latines des empereurs; et dans quellit que 1 on fouille le sol, il est Fon ne mette à découvert un lias ou moins considérable de s médailles, de pierres gravées, ines et d'autres otyett précieux obéologie de ces provinces.

Mata ce qui frappe le pins le voya-

S, en sont les restes de chsnssées, le tracé est visible dans beaucoup

d'endroits, mais principalement dans la Petite- Vakchie. Suivant le rapport des historiens, les Romains, après s'être empares de ce pays . y construisirent plusieurs voies.doot l'une psrtaitdu pont de Trajan et aboutissait à la ville d'Ulpia Trajana (la Sarmizsegethusa des Dans ), capitale des colonies romaines dont rétablissement datait de la première guerre dacique. Une autre voie partant du bourg de Geleiu, près de l'emplacement supposé du pont de Constantin, se dirigeait vers le nord , parallèlement à l'Aluta, et s'avançait au delà des Carpatbes. Un tronçon de cette dernière, de Céléiu au bourg de Biska, sur un parcours de quarante kilomètres; existe encore en entier; puis la voie se perd, pour se montrer de nouveau dans un parfait état de conservation, une première fois près du village de Colibasi, puis un peu avant Romnik.

Époque des domni. — Les premiers domni, ou voïvodes, ont bâti un grand nombre de châteaux, d'églises, de monastères, de forteresses ; mais la plupart de ces monuments ne sont plus aujourd'hui que des ruines ; les autres ont à peine laissé des traces de leur existence. Deux tourelles crénelées marquent seules remplacement de l'ancien château de Rodolphe le Noir à Campû-Lungû; mais l'église bâtie par ce prince est demeurée presque intacte. Une des raretés de cette église est un portrait en Eied de Rodolphe, vêtu d'un long habit rodé en or et en argent avec un pardessus orné d'une fourrure noire , et la tête couverte d'un diadème. Le visage, fortement accentué, est d'un brun mat; les cheveux et les moustaches sont noires, ce qui valut sans doute au prince son surnom (1).

Plus tard Rodolphe transporta sa résidence à Curté (TArgis, où il bâtit un nouveau château et une église qui passe à bon droit pour un des plus beaux édifices de la Renaissance dans le monde entier. L'architecte fut un Roumain du nom de Atanoli, dont la légende a

(i) Teyei Cng^iiinaan, p. 47.

L'UJMVKKS.

émouvants récits {[)* Néanmoins elle ne ait achevée que deux siècles et demi après, par JMeagu Bassaraba, qui en Ût La dédicace solennelie, le 17 août 15 IM, ni présence du patriarche oecuménique de Janina, de cinq archevêques, y compris le métropolitain de Valachie, et d'un nombreux clergé (2)*

Le vaisseau de La basilique, mélange harmonieux des trois styles grec , arabe et| byzantin, est recouvert d'un dôme surmonté de quatre tourelles, deux à eoli tors et deux à facettes octogones , que Ton découvre a plusieurs lieues dédis»

tance, Le portique, orné d'une statue en pierre de Rodolphe le Noir, placée autrefois sur son tombeau (8), et ou l'on parvient par un Large escalier de douze marches en pierres massives, est remarqua Lie par sa légèreté, ainsi que par la H iicsae et la RrAce de ses sculptures et de ses reliefs (4), L'intérieur resplendit d'ornements et de dorures. Les murs, couverts de fresques dont les sujets sont empruntes à l'Apocalypse t offrent plusieurs groupes admirables de dessin et de couleur. La nef est garnie de chai]ul nii« Je stalles pour les femmes, et se referma sur le chœur, où l'on pénètre par une seule arcade. Le catapetazma, ou voile du sanctuaire (&), richement

ilj Voyez Aleviindri, Battadt* et chants pa* aires de fa Roumanie; Paris, Deulu, iS55, (7) Le tombeau de Nrzigu bu**aiabq se voil eaonre dan* Ti m trieur de l'église à côté lr i clui de m tvmuiL' et de sou fila. Un peu plus loiu EL cH rrftrèseiilu «%ec une haute staltirc, Le visage niai nul, une émisse chevelure blonde flottant sur se* épaules, vètn d'un coi Lu nie hongrois brudâ J'or et I* téta tu i nie du diadùtn*.

(3) ta alatue, d'un travail grotiitfr, a 1 arcjiiuti de bailleur ; Le prince est repro» s< -hic dune nu aocuutreuit ut hitnirr, im-pdi lie de cuir et Je fa .

(4) Voy« BelUnjger, L II, p. 43a.

(&) Ou appelle ainsi la etoison (jui sépare le Sinct .iiii ire de La partie de L'i-gli» ou se tiennent les fidèles. La consécration de l'hostie devant ie faire, d'après Le rite grec, hors de La vue des aisi§1anta , l'officiant ne M montre qu'au moment de l'élévation, et fait |ii',m--ii.iuirl[Miiriii k Itw iU- PègLiti iUIW dtt uw «eatyii». Le* portes du tuurlumn» *e riternirht *u»uol que le eaLiee a été replacé mii L'autel*

sculpté et couvert de dorures, est ptra de trois portes : L'une, nu cetltre, pour Tofliciaut; tes deux autres. Latérales, pour ses acolytes. Le pourtour ex teneur dr régi i*e, réserve, suivant r usage, aux sépultures, est flasque par Les murs a déni ruines d'un monastère dont on attriboe la fondation à la femme de Rodolphe, princesse catholique romaine, et qui est ha hué aujourd'hui par une petite communauté de moines dominicains. Ces vieux murs, entourés d'épais massif!

d'arbres fruitiers , offrent un aspect d« pi us pittoresques (1 ).

La plupart des monastères qui peuplent Le sol de la Roumanie remontant au temps des premiers voï rodes* Bâtit dans les sites Les plus pittoresques des mont a pues, entoures de précipices ft de ravins, munis d'épaisses t mirai Iles crénelée* et percées de meurtrières comme les forteresses du moyen âge, ils offrent un égal intérêt su peintre, a l'archée* logue et nu voyageur, qui sans eut serait condamne, la plupart du temps* a passer La nuit a la belle étoile, et réduit à la nmmalîga du paysan pour toute nourriture. Tels sont les menas < ter es de Hsmuna près de La frontière hongro-transvLvaine, uû des plus i monuments de l'art du moyen âge en Valaehie (3), remarquable par la ffo\Xt et Le tombeau de saint Nlcodéme, utoa, avee ses trois églises et ses fresques dues à un peintre qui n'a jamais eu de maître ; Paner e , avec son charmant ruisseau et ses frais ombrages, où des mil lions d'oiseaux mêlent leurs concerts aux hymnes sacrées de ses cent soixante reîfgieuses ; Su&mû » ou CanUeuEène fut enfermé par ordre de Nicolas Mauroeordato ; Jgapia.en Moldavie, oui sert de retraite a un filles nobles sans dot; yeratice* aux toitures orientales, à qui sa riante position au pied des Carpathes, au milieu d'une immense prairie toute parsemée de fleurs , bien mérité sou nom ( 3 ) ; Èiutnai et

(i) Yoycx Bcllaoeeri Aw- «"*#• TiilUot,

(2) Achevé en i3(W parte prince 1 iïtottioil est dra pi h a ivaiai-ijiijbU': : ■ ri pi ion cpi'eu a donnée VailUnL p, 3*1

(3)Friutuiier.

PROVW«»AOIWAII<M.

, qui conserve le tombeau le Grand ; Caldanaani^ une entière moins les femme*, \t* lalanstére de moines, sur le d'un plateau qu'entourent dô brêtseï dominant un lac d'une ide étendue.

» tous « *js monastères le plus ii ls contredit est le monastère îût en Moldavie , auquel une liéT)«n fiéculairus, qui rappelle )leau, sari d'avenue. Cette foeux ë|{J i«e» du monastère avec fore m clochers, Ses sapins qui Hlte à «a porte, les hautes monuvert** de neige qui eneadrent tout cela est d'un effet grau»

i plus vaste, le plus peuplé , ;he de tous les couvents de la , il en est comme le cueMieu, sut eu pèlerin âge de toutes les i la principauté. A quinze cents ■op de &ou enceinte s'élèvent de rancienne forteresse, toute La souvenirs c tiers aux Molf , et d'où le voyageur s'élott le poétique regret des

eà les fessas* moldaves lèsent

l braves (1)

rvoir autrefois servi de refuge m et à, la littérature nationales, tn de fliamtzo possède enuraliui une imprimerie et une

Ri» un hôpital, une école , plusieurs établissements S, notamment une fabrique 4é serge provenant de fondastee, II est question, en outre, f on grand séminaire ainsi que pratiques d'agronomie, deméipflle et d'art vétérinaire, à 1 dergé des campagnes.

I « coutumes pu Mues plus haut , p. 43.

itte une fort belle ode sur les ruines reste de Niamtio, par M. Chrisoeeien aide de camp du prinee Mort en 18ÎÔ. lia peintre de Muoté dans l'épisode d'Etienne le de sa mère , tel qu'il a été repliant, le sujet 4 un tableau, le fortêi d* V\*mt*o% <ptf sa voit * WeWléada Jaa*

Ci- r^^mmûm *w«autes, atmd que Ira» frères de ta Transylvanie et de la Bukovins, ont conservé fidèlement les usages de même que le type physique de leurs ancêtres, leurs cheveux noirs et longs, plantés jusqu'au milieu du front, leurs sourcils épais et bien arqués, encadrant des veux à l'expression tour à tour vive et mélancolique, leurs membres robustes rappellent les figures de prisonniers sculptés sur 1a colonne Trajane , ou ces captifs barbares dont les statues ornent les salles du Louvre (t).

Habillement. — Cette ressemblance est complétée par le costume. Voyez un paysan des Carpathes; vous vous croyez encore au temps des empereurs romains. Une chemise de toile grossière, serrée à la taille par une large ceinture de cuir ou par une large pande d'étoffe de laine, qui sert en même temps de poche; un pantalon de toile , trèsample sur la cuisse et resserré depuis te genou jusqu'à la cheville ; pour chaussures des sandales (opina) de peau de chèvre ou de cheval écrue, coupées, suivant la forme du pied et attachées par des courroies croisées sur le bas de la jambe (2); sur la tête un bonnet en peau d'agneau (carfofa), à la façon du cuculius phrygien et garni de poils longs et frisés, tandis que les cheveux, longs et tressés derrière la tête, flottent sur les épaules. Quelquefois le paysan de la plaine remplace cette coiffure par un bonnet de laine, court et plat, assez

(t) Le type national ne «'est conservé dans toute sa pureté que parmi les Roumain* des campagnes, chez ceux-là surtout qui avoisineut les Carpathes et qui ont eu moins l'occasion 4e se mêler avec les autres races postérieures à la conquête romaine. Les habitants des villes se rapprochent davantage par leur physionomie du tvpe crée. Du reste le lecteur voudra bien avoir prisent à l'esprit que, dans cette courte et imparfaite esquisse, je me suis attaché presque exclusivement à donner une idée des usages et du genre de vie des habitants des campagnes, quirepréscoteat plus fidèlement que les autres le caractère national.

(3) L'hiver, les paysan» aisés remplacent les sandales par de hautes et large» nottes»

***** kmî^!!!^S^Ât * ^ll^

semblable à celui qui distinguait il y a une soixantaine <r années nos chauffeursf et l'habitant des montagnes par v\n chapeau rond à larges bords. Tel est le costume habituel du paysan roumain. Les jours de fête t en hiver, il porte une veste de peau d'agneau brooée en laine sur les coutures : le reste du temps,, il jette sur ses épaules un long pardessus de fourrure de mouton d'où pend , eu guise de collet , une petite toison d'agneau noir; ou bien il endosse une large douillette de molleton blanc, en forme de caban, que sa femme lui a fabriquée; car aux femmes appartient le soin de filer, de tisser, de confectionner le linge, les vêtements, la literie de la famille , et il n'y a pas encore bien longtemps que cette coutume toute romaine était suivie par les femmes même des boyards. Quelquefois il se contente d'un manteau de peau d'agneau, dont la toison tournée en dehors Je garantit de la pluie. C'est alors qu'il offre le véritable type de ce paysan du Danube si vigoureusement et si élo* quernincnt dépeint par La Fontaine.

Le costume des paysannes est propre et élégant, Elles portent une chemise de toile ornée sur la poitrine, au collet, au poignet et sur les épaules de broderies en laine rou^e on bleue; une ceinture de couleur fixe la chemise , qui est fort courte, et qui rejoint une jupe blanche, I a quel te ne cou v r e j a m a ls 1 a ciie v il I c * De * van Le t derrière Hotte un double tablier ( catrînza } d'une étoffe assez compacte, à raies bleues, rouges ou jaunes, et garni de franges dont les plis en s'en lr ouvrant laissent voir la jupe. Pendant l'hiver ou par les temps humides, elles se couvrent d'une pelisse de mouton ou d'un surtout à larges manches. Comme les J 10 m mes , e 1 1 es son t ch a ussée s de sand aies ou de bottes pendant l'hiver ; mais Tété elles remplacent cette chaussure par des bottines rouges ou jaunes, à l'instar des anciens Polonais. Encore les portent-elles plus souvent sous leurs bras qu'à leurs pieds , surtout s'il s'agit de passer un ruisseau ou de franchir un torrent. Un mouchoir d'étoffe légère, attaché ou plutôt jeté sur leur tête de la façon la pins pittoresque , forme la coiffure. Les jeunes filles ont la tête nue et réunissent leurs cheveux en une seule

L'UNÎVKRS.

natte qui tombe sur le dos et de laquelle elles attachent un ruban ai une pièce d'argent Quelque I parent leur front d'un diadème gant de verroteries et de perles soufflées, t suspendent a leur cou des colliers i pièces d'argent ou de cuivre,

NOUBBITURE ET HABITATIONS M

PAYSAN ROUMAIN. — La nOUïTÎtllfl

du paysan roumain est des plus simple?

pour ne pas dire des plus misérable!

Une bouillie épaisse t faite de farine d maïs, appelée mamaliga , et qui lu tient lieu de pain , en compose le fond La préparation de la mamaHga es»

peu de frais. Il suffit de faire bouilli de l'eau dans un chaudron et d'y M en y joignant un peu de sel, la quanta nécessaire de farine > qu'on remue « qu'on laisse épaissir au point de ferme une pâte. Quand elle est cuite, on larai verse du chaudron sur la table, et cta cun en coupe un morceau avec un fil, comme on fait d'une motte de beunr Dans les bons jours on v ajoute un p* de lait , de beurre ou Je crème , et c* assaisonnement en fait un mets an agréable. Mais il faut y être habita depuis l' fii fa née comme le paysan rw main pour pétrir la mamaliga enin ses doigts et la manger , en guis* è pain, avec des radis ou des oignom crus. L'eau compose sa boisson ordi noire; toutefois il fait une grande cdu sommation des liqueurs fortes , et prm ci paiement d'une eau-de-viV de prunt* appelée raklou (I), dont l'usapandu dans toute la Turquie d'Euro^ Le bas peuple des villes remplace «un mu né ment l'eau par une sorts de bien de millet, appelée bragat que les Albanais ont introduite et vendent dm h pays.

Il y a quelques années, les pajsati mol do- va laques n'avaient pour" df meures que des tanières obscures n enfumées, nommées ho?

sées eu terre, à une profondeur de ri«n mètres, sur une superficie de quatre mètres en longueur et de dem a trois en largeur. Une fois Je trou pp tiqué dans les dimensions voulues,*

(t) Raki, en turc.

(a) Mot de la langue dt* Ttipi Bohémien!, suivant M. Taillant,

ouïueç, H

vêmm m

PROVINCES MMAjUMNES. *ft

tan «Orémitfr donc rable que les tanières sépulcrales dont tes Ts%ancs colonisés font encore leur ,

habitation.

Amiublbmehv bt ustensiles m kbnagi. — B%kT pour ce qui est du comfort et *du Jnen-étre intérieur, ils n'existent pas plus ici que là. A l'exception de sot lit en forme de divan (paJù),Tbetlé dans le plancher et recouvert d'un Ions matelas sur lequel il étend en guise de housse un long tapis à larges raies bleues , rouses , jaunes et noires ; à l'exception des oreillers et des couvertures au'il y déploie chaque soir et reploie chaque matin, suivant la mode turque (1), le paysan roumain ne possède point de meubles, ni commode, ni armoire, ni buffet , ni chaises : deux ou trois coffres , rangés le long de la muraille et recouverts de courtes-pointes , lui tiennent à peu près lieu de tout cela. On trouve cependant dans quelques cabanes des bancs et des escabeaux. Les ustensiles de cuisine consistent en une marmite , une poêle,

Slusieurs pots de terre, une demiouzaine d'assiettes et de cuillers de bois : les fourchettes sont rares; l'usage des bouteilles de verre est presque inconnu. Pour savonner, les femmes emploient de longs vases de bois d'une seule pièce, creusés en formes de barques et appelés albii. Ces vases, de même que le dessous du lit, servent aussi à déposer les œufs et les légumes d'hiver.

Quelques-uns sont assez grands pour qu'un garçon de dix ans puisse y dormir à l'aise , et Ton s'en sert comme de barcelonnettes pour y coucher et y dorloter les enfants au maillot.

Instruments aratoires. — La charrue, à son état le plus primitif, le boyau, la pelle et la fourche de bois, voilà à quoi se réduisent les instruments aratoires et les ustensiles de travail du cultivateur moldo-valaque.

Quant à la herse , le plus souvent une énorme touffe d'épines y supplée. Le fléau pour le battage des grains est inconnu; les pieds des chevaux en tiennent lieu. J'ai souvent été témoin dans les Principautés, de même qu'en Bulgarie et dans le reste de la Tur-

(i) Voyei TJbîeud, h Tnymi «cteftfr; Pirii, i855,p.«06.

par nue forte' > coté de laquelle Ton on des aisseaux en m pied environ de l'ouverture. tout à fait primitif était recouéHn oo de terre battue, sauf qtte ouverture destinée à livrer à la fumée. Cette terre ne

Si M lavtfr d'herbe, les hases psf un amas de coju m de cette sorte faisaient l'effet ipsnse taupinière, et sans la fuuWtomenlom révélait la présence Ne le voyageur eu t marché longla, ncfaeîrefiedo village qu'il fouisons ses pieds. Dans le voisii âsoutagaes, où tabokest à procès trous en terre étaient remm des espèces de cases formées sijiunahes d'arbre tressées, cré- Éériearement et extérieurement erra argileuse et recouvertes de eède roseaux. Ces cases étaient jasant fort basses , et ne receikunièreque par de petites fendillées dans le mur et garnies de V de vessie. AujourcTbui cases W ont disparu presque entière- Bt le peu qu'on en rencontre ne plus guère que de celliers aux cas, d'èubles pour les buffles et les MStiaax , ou d'ateliers de forges pnes. Depuis 1842 , les paysans construit de véritables cabanes «bes on de claies enduites de blanchies à la chaux, et comordinairement de trois pièces t un parallélogramme. Celle du

S est la moins grande, fait par atichambre et dans le fond ne. Les deux autres servent de es a coucher pour toute la fai elle est nombreuse ; sinon, l'une ut est transformée en magasin abaret. Chaque cabane possède m de quatre cents mètres carrés rfiek,si bien que, se ressemblant mr les dimensions et la couleur, i par des intervalles égaux et i comme les réverbères de nos les communiquent aux villages, si aspect riant et animé que doni plantations de haies vives suis maisonnettes, do moins une u* moine tristes* moins misé-

I/UNIVERS

2 nie d'Europe, de ce mode de battage, ta nivelle le sol en plein champ ; on trace une aire circulaire au moyen d'une corde fixée à des pitfux de distance en distance ( la récolte Anbncelée garnissant l'enceinte extérieure J; on plante au milieu un autre gros Dieu, auquel %st attachée une longue corde^erminée par une paire de licous ; pufs,ies gerbes

ayant été étendues sur Taire, deux forts chevaux, que l'on a soin de relayer d'heure en heure , les piétinent jusqu'à ce que le grain ait été séparé de l'épi. Point de granges pour serrer les récoltes. I* foin est entassé en meules ; le blé, le maïs et les autres graines sont conservés tantôt dans dés fosses creusées en terre, tantôt dans de grands paniers, ou mieux de grandes cages de coudrier revenues de chaume, éehafaudées àquelques pieds du sol sur un gros piquet fiché en terre. Ces greniers en plein air, dont le,nombre est parfois considérable, et placés tous dans un même enclos, présentent un coup d'oeil tout à fait singulier.

Les transports s'effectuent au moyen de chariots, et, pendant l'hiver, de traîneaux. On ne saurait rien imaginer de Klus grossier que ces véhicules, dans i construction desquels il n'entre pas la plus petite parcelle de ter : aussi sontils d'un bon marché, à vrai dire, fabuleux. T<e plus solide traîneau ne se paye pas plus de cinq francs, et le prix d'un chariot a quatre roues* delà plus^rniifie dimension, n'es cède pas trente iranca.

servitude, quf paraîtrait intoléra d'autres, ils sont incapables de c voir l'espoir d'une meilleure codc La dépression morale à laquelle il habituellement soumis s est cou en une sorte de stupeur et d'à] naturelle qui les rend également férents et insensibles aux joui»

delà vie comme* aux angoisses souffrance et de h douleur (I). • % Cette apathie qui forme le fm caractère du paysan moldo-valaç un fait atteste par tous les histon les voyageurs. Chez lui la résigna tué l'énergie. Kn se voyant si cou ment opprimé, il a fini par croire q destinée de malheur pesait sur i il n'a plus t&nté aucun effort po soustraire. Victime de l'étranger q vahit son territoire, victime du î qui s'approprie les fruits de sonl; il les hait l'un et l'autre; mais haine ne va pas jusqu'à couvrir h de guérillas lorsque le sol est es ou, lorsque l'oppression a attei extrêmes limites, à briller leschi et les seigneurs. Mais s'il a perdo guerrier qui caractérisait autref race, s'il a remplacé la passion de* par l'amour de In terre, il n'a r« aucune des qualités qui forment le soldats et les solides armées, la sol la discipline, le courage. Il est doo tout a un haut degré de l'opiniâtre!

résistance. Dape moarte, « donn qu'à la mort , » est un proverbe rmi ]t:? Vainques. Quelque ch(

PROVINCES ROUMAINES

tonalité, Trajan, est leur

I de la terre moldave d'oft -elleP — D'Italie , crue tout croie. — Flacons d'abord , in ont amené ici — les ancêheureux habitants de ces Is ont fixé les limites ; — par qui existent on peut les rrajan , de la souche de ce empli— la terre roumaine, et la Moldavie. — Les preunt debout; on les voit par — La tour Séverine se depuis longtemps » (1).

primait, Il y a près de deux ithée, métropolitain de Molune pièce de vers imprin de son Psautier. De là rajan est considéré comme ancêtre, le Romulus de la ton souvenir est empreint is la tradition, dans la lanmonts, dans la plaine (2), lime. Ainsi la Voie Lactée, nin de Trajan ; l'orage est alanche est son tonnerre ; son camp -, la montagne est ic escarpé est sa vedette. Il lain, c'est-à-dire l'homme nt par excellence.

Test pas d'aujourd'hui seules Roumains des Princi- 'on s'obstine encore à faire Slaves (3), revendiquent leur

t, la Roumanie, t. III, p. i65 :

i Moldavi de unde derad'à

Ulil tôt omul aè cred'à.

a, apoi Traian an «dus pe al ce

Cl qaeetor t'eri de nemn ea fwrta*|

t'erilor botarele tnte

|ae ttatt in recî a «e ▼c<1Ô pote.

. quettai aem, tVrn romaneflea

Ardtalal •'! MoldoTeoesca.

,ù de se vid de densal fàcute

rinolal «e custa'n vreral moite.

! de plaine» encore aujourd'hui noms de pratal TrajanoUU, nolui.

songe, accrédité à dessein par russes, est répété chaque jour res classiques d'histoire et de La Turquie d'Europe se divise ies, la Turquie d'Europe proel les principautés slaves tri- M>nt la Moldavie, les Valachie, Petit Cours de géographie mo-

origfne romaine. Cette origine d'ailleurs n'est pas attestée seulement par l'histoire et par les monuments; la langue, les traditions, les coutumes, les mœurs, la religion elle-même en rendent témoignage.

Fête* et . cérémonies religieuses.

«Les Roumains, dit M. Vaillant, suivent le rite grec orthodoxe et les dogmes du concile de Nicée, qui leur assurent , disent-ils, la catholicité des temps, tandis que, suivant eux, l'Eglise romaine ne peut espérer que la catholicité des lieux. Ils rejettent du Credo la formule et du fils , de leurs églises les statues et de la vie future le purgatoire. Ils ont les sept sacrements , communient, selon les préceptes de saint Basile et de saint Jean-Chrysostome , sous les deux espèces , observent quatre grands carêmes, font abstinence le mercredi et le vendredi de chaque semaine, et changent en adoration la vénération due aux saintes images, dont les mains et l'habit peuvent être en relief de cuivre, d'argent ou d'or, mais dont la figure doit toujours être peinte. Le signe de la croix se fait avec le pouce, l'index et le doigt du milieu réunis, emblèmes de la Trinité. La place du Fils est marquée à l'épaule droite. Se signer, se prosterner devant les images et les baiser, al* lumer des cierges en leur honneur, jeûner cent dix jours par année, tel est le christianisme du peuple (1) » Ses prêtres, non moins grossiers que lui, seraient bien embarrassés pour lui en enseigner un autre. Confondus dans les rangs des pavsans, dont ils ne sont extérieurement distingués que par une longue barbe, voués aux mêmes labeurs et à la même servitude, partageant leur misère et leur ignorance , la plupart d'entre eux ne savent ni lire ni écrire, et sont obligés d'apprendre par cœur les formules du rituel. Tout ce que j'ai dit ailleurs de l'état misérable et de l'insufïisance du clergé grec eri Turquie (2) Ipeut être appliqué justement au clergé moldo-valaque.

<lerne, par Cortembert, autorisé par le conseil royal de T instruction publique, p. -8.)

(i) Im Roumanie,'. Ttl, p. 70.

(2) Voyez Uhicini, Lettres sur la Turquie, t. II, p. 169.

LUtflVERS.

L'Kglise roumaine célèbre un grand nombre de fêtes; les principales sont Noël (Cretitine, la crèche), Pâques {Pas h* tetor) et l'Assomption [adormire^ endoriii ïsse meut). Chacune de ces fêtes est marquée par certains usages tradition' uels, qui se sont transmis fidèlement dons ïe peuple depuis les temps les plus reculés. Ainsi la Noël donoe lieu en* rare aujourd'hui à une mascarade renouvelée de notre moyen âge et qui a pour objet de représenter la naissance de Jésus , la crèche où il est couché, Tétoile qui l'annonce aux mages de l'Orient, Le départ de ces derniers pour l'Occident et leur recherche du lieu ou vient de naître à minuit, avec la lumière d'une nouvelle année, le Sauveur du monde, Un enfant porte en guise de bannière une étoile gigantesquede papier peint et découpé; il est suivi des mages vtltus a l'orientale ; l'escorte est formée de soldats romains, tenant une tance dans leur main droite. Chaque individu est muni d'une lanterne, et le cortège se promène ainsi par la ville, et va de parte en porte et de maison en maison, récitant des AoHnde, sortes de complaintes religieuses qui rappellent nos anciens nocls (t)

Les plus grandes solennités sont celles de Pâques- Aux approches de la fête, on badigeonne L'intérieur et l'extérieur des maisons; on lave les planchers \ on substitue des persiennes aux doubles fenêtres nécessitées par le froid rigoureux de l'hiver; tes ménagères étainent leurs casseroles; les boyards redorent leurs équipages; citadins et villageois s'habillent de neuf; et lorsque le grand jour arrive toutes les cloches sont en branle 9 tous les cœurs sont épanouis ; parents et amis , dans leurs plus beaux atours, se visitent et se félicitent mutuellement, et les passants dans la rue se saluent de la phrase sacramentelle : • Il est ressuscité le Christ ; le Christ est ressuscité ta inviat Krktû^ Krktû a tnviat . i Pendant les huit jours que se célèbre la fête, la ville offre le tableau le plus animé : ce ne sont que brillants équipages, éclatantes livrées , s p le n dvd es toilettes , serviteurs portant dans leurs bras de jeunes agneaux parés de rubans

(i) Voye* plm bas, p. %t$*

bleus ou roses , comme les band des anciennes victimes , ou sur Je d'énormes corbeilles remplies de brioches, de pots de confiture ( dula<is \ qui jouent un si grand rôle dans l'hôpital i te orientale, de dragées et à autres friandises que Ton s'envoie en présent, De larges et copieux festins réunissent tous les membres de là k mille : les plus pauvres prennent pan à ces réjouissances ; car il a été distribue à I avance à tous les indigents des vêtements, de l'argent et des titra Disons aussi que eest généralement j cette époque que se déclarent les fièvres intermittentes et d'autres maladie*.

causées par le passage subit du rèpme plus qu ascétique du carême a l'intempérance et aux excès des Jours Gras.

Outre ces trois grandes fêles emo niques , il y en a d'autres que Tusa^ a en quelque sorte popularisées en Rou* manie : ce sont la Saint-Basile, qui * célèbre le lor janvier , la Saint Georgtf (23 avril) et la Saint- Déinétrûis [K octobre

Ces deux dernières , séparée* ta de l'autre par un intervalle de six mu*, sont en Roumanie ce que sont d<> nous la Saint-Jean et la Saint-Martin, I époque ordinaire du renouvel] emeni des baux pour le fermage des terres et k loyer des maisons.

Le premier dimanche de mai, les pa; sans va laques célèbrent encore pu tradition la fête de Flore; ils sera dent dans la prairie et la forêt vois um se couronnent de fleurs et de feuillage et reviennent danser au hameau. £k même, aux approches de l'été, ils ^bû tentdevantleurs chaumières uuelongut perche, surmontée de branches d'arbres et de foin, qu'ils appellent artnlndaut- C'est là, assure-t-onT une coutume romaine ; les colons militaires consacraient l'ouverture de la saison des combati en élevant à leurs portes ce qu'ils nommaient arma Dei ou M art te (1).

Célébration des fiQnçailtt< inariage* — Les demandes en mari**.

les cérémonies des fiançailles et de l'h y menée forment chez tes pivsatf roumains de petits drames enfreint de luttes guerrières et se terminant.

(i ) De fteraiidu, I , I, p, 3 1 1 .

PROVIUCËS B0UMAINES.

i lllle du village a , le jeune homme «sagers, précédés de cornemuse, qui adresse a l'aBecutk» suivante :

yandspèrca et les ancêtres Ans, allant à la chasse et ■t les bois, ont découvert le i bous habitons et qui nous la Jouissance de son miel et EL Or, poussé par cet exeminotanle garçon N\ est aussi eàasse à travers les champs , et les monts» et ilarenconfahequi, timide et réservée, présence et s'est cachée. Mais ma» en suivant ses traces, ma été conduits jusqu'à cette Or donc il faut que vous la sentre nos mainsouquevous «tria l'endroit où s'est cablahe que nous poursuivons tdefetigues et de peines. »

bout de cornemuse déploie • les ressources de sonélo- : sème son discours d'autant ions et d'allégories qu'il en

répondent que celle suivent n'est pas entrée dans n. Les messagers insistent; mnts font venir la bisaïeule i Me. — Est-ce là celle que ihcz? — Non. — La grand't à son tour. — Peut-être hd?— Même réponse. Vient - Non, non, ce n est pas ceilel. — Après la mère on fait servante laide, vieille et cou- Isjllons. — Eh bien v c'est Hd que vous cherchez? — : car notre biche a les cheto comme l'or et les yeux de ses dents sont comme une «ries, et ses lèvres vermeilles s cerise ; elle a la taille d'une n sein est ferme et rond et sa i blancheur du cygne, ses t plus délicats que la cire , t plus radieux que le soleil et

Cr la menace d'en \ parents amènent parée aussi richement que

possible. On célèbre les fiançailles, et la Jeune fille rentre dans sa chambre, ou eue ne doit plus quitter que le jour du mariage.

« Ce jour-là, si le promis habite un autre village que celui de sa fiancée , il envoie dravance, pour annoncer sa venue, quelques hommes à cheval, que les parents de la jeune fille vont attendre sur la route. Dès qu'ils les voient approcher, ils se précipitent sur eux et les emmènent prisonniers dans leur maison. Aux questions- qui leur sont adressées les prisonniers répondent

âu'ils étaient les hérauts envoyés pour éclarer la guerre ; que le gros de l'armée est reste en arrière à peu de distance, qu'il s'avance pour prendre d'assaut la forteresse. Les parents s'en vont alors , avec les prisonniers , à la rencontre du promis, qui se présente avec une suite plus ou moins nombreuse.

Lorsque les deux partis réunis sont arrives en face de la demeure de la fiancée , ils se livrent tous ensemble à l'exercice de la course qui simule un tournoi. Les cavaliers les mieux montés et qui arrivent les premiers au but reçoivent des mains de la fiancée un voile brodé d'or ou de soie.

« Ces exercices finis , tout le monde se rend à l'église. Le jeune marié et sa fiancée se tiennent debout sur un tapis où l'on a jeté des pièces de monnaie, témoignant par là le peu de cas qu'ils font des richesses pour ne chercher que le bonheur domestique. Lorsque le prêtre dépose sur leur front la couronne nuptiale, un des assistants jette à droite et a gauche des noix et des noisettes, pour montrer que les jeunes mariés renoncent à tout jamais aux amusements de l'enfance et que des objets plus sérieux occuperont désormais leur vie.

« De retour à la maison, un dîner est servi. Les mariés occupent le haut bout de la table; à droite et à gauche se placent les beaux-pères et les témoins.

Alors un des frères, ou en son absence un des plus proches parents du jeune homme , se lève et lui adresse la parole en ces termes :

. « Frère, vous voici arrivé à l'âge du « mariane et de la joie; notre père vous « accorde une place à sa table et vous « marie aujourd'hui en vous unissant

raison. ( Pbovincbs Roumàthfs.

L'UNIVERS

<i à une autre famille. Gardez toujours

■ néanmoins la mémoire de ceux a qui m voua devez le jour et conservez tou- « jours votre amour à vos frères. Con- 'i limiez à demeurer soumis de coeur « aux volontés de vos parents^ afin d'ob* n tenir leur bénédiction. Honorez votre « père et songez toujours n ce que voire « mère a souffert pour vous; car ce

■ sont eux qui vous ont donné la vie, « Puisse leur bénédiction et celle du

* Seigneur Dieu vous maintenir tou- « jours dans la joie ! »

«Après le repas, quand le jeune homme est sur le point de se retirer nvee son épouse, te rata chef, qui porte un bâton orné de fleurs et de rubans et se tient derrière la fiancée, se lève et demande , au nom de celle-ci , pardon à ses parents eu ces mots :

« nuand nous nous demandons, ho-

* n arables parents , quel ett le vérita- « ble bonheur de la vie t nous trouvons i qu'il n'en est pas de plus grand ni de

* plus solide que celui que nous proeu-

* rent les enfants, En effet, ce bonheur » est, ainsi que le disent les philoson phes, proprhtm lutturw^ c'est-à-dire ■■un bonheur réel et conforme à la « nature; car ils sont notre sang, ils « sont d'autres nous-mêmes, Ce bon-

* Heur, la sainte Écriture l'atteste aussi: » l'otre femme dans f intérieur de vo-

■ fre maison sera comme une nlgne « fertile et abondante; i?oj enfants,

■ tomme de ttour-cattx plant* d'ofi-

■ rirr , environneront votre table.

« Vous voilà clone aujourd'hui , vous, » honorable père, ainsi que votre « épouse , au comble de la joie* Con- « templez tous deux le bonheur pur, « réel et sans mélange de votre fille, - et jouissez de la joie intarissable des « parents. Car voici que, d'abord par « votre volonté et ensuite par vos bé- « uédîctions, votre bien -aimée fille de-

■ vient, pour toute sa vie , la compagne

* de notre frère N*. Parvenue à cet âge

* heureux, votre enfant, en quittant

■ votre maison pour aller dans celle que i Dieu lui a choisie, doit, de concert

■ avec son compagnon , vous remercier

■ et implorer vos bénédictions; car la i bénédiction des pareuts est un rem-

* part inébranlable autour de sa mai-

* son, Il est temps que votre IHle înv

* plore votre pardon pour tout ce qa ri h

■ a manqué de faire a Un d'accompl" « vos volontés et les désirs de ses ire- « res. Que sou bon naturel et son îm*

* pure la poussent à vous remercier d<

* [a sagesse avec laquelle vous l'a*?] m élevée dans votre maison* Qu'elli « s'étonne de ne pouvoir trouver a&sa

* de soupirs et de larmes pour implore! « son pardon. Qu'elle s'étonne de m a pouvoir trouver assez de douces pa i rôles de reconnaissance pour tous m <» soins pleins de tendresse et de bonu « paternelle. Aussi en appelle-t-elle tfi m toute sou lime à T inépuisable bont*- « du Très Haut, et le prie de taire que » vos enfants et les enfants de vos ea<

■ fants jusqu'à la quatrième génération

* vous comblent de joie. Elle vouscoa- « jure aussi, conjointement m

« mari, de leur conserver votre tes-

* dresse à l'avenir, i

* Cette allocution terminée, les mariés font leurs adieux et vont baiser 11 main des parenls*

r Ceux-ci , les yeux baignés de lar mes, répondent à leur tour i

m En vous accordant aujourd'hui, a jeune homme, la main de notre bien- « aimée fille , nous ne faisons que nous « soumettre aux décrets de la dirâe « Providence T qui a permis cette union.

■ Et, bien que la plus parfaite béné*

* diction soit celle du Très- Haut, cc-

* pendant, de même que nos père»

« nous ont bénis, de même amour* « d'hui nous vous bénissons. Fasse le

* Seigneur Dieu qufen vous unissant « il vous affermisse dans l'amour tf

* répande ses bénédictions sur vos têtes' » feu ne homme, n'oubliez pas d'oh- « server fidèlement le, précepte de TE* n gllse : «Tu aimeras ta femme et ne

* fui causeras point de chagrin

» \i\ras avec elle ^ uns la paix du §£ « gneur. » F.t toi, notre fille chérie ..toi « que nous avons élevée dans nos brai « que nous avons entourée de notre » amour et de notre sollicitude pater- « nelle , toi que nous avons non « lait de notre tendresse et fort « nos enseignements , voici l'heure u> « la séparation; nous ar-romplisanf n aujourd'hui un devoir bien doui, " mais bien douloureux a la lois , en i*

* laissant arracher de nos brai j>our

PROVINCES ROUMAINES

fit

ttftne celai 4M ton «Mr t choisi.

Vfrneopiii: quant à nous, nous

nier le Seigneur qu'il voue accorde de longues et heureuees années, qu'il ▼ou dirige dans sa sagesse et tous affermisse dans l'union et l'amour, afin que notre âme se réjouisse de votre bonheur; car vous êtes le seul soutien de notre faiblesse et la seule des douleurs de notre Que le Seigneur Dieu daigne envoyer aussi ses Bénédictions sur vos fils! »

« La jeune fille se jette alors dans les braa tremblants de ses parents. Le marié se dispose enfin à emmener sa femme; mais les frères de celle-ci se mettent en travers de la porte, la hache -èji main, —jadis c'était le sabre nu,— e* ne le laissent sortir que lorsqu'il a aonaantl à racheter son épouse par un ion. L'épouse monte slors sur un chariot qui porte sa dot, ayant à ses côtés sa belle-sœur ou sa belle-mère. Le marié suit à cheval en compagnie des assistants, ses smis, qui , tout le long de la route, poussent des cris de joie et déchargent des pistolets.

« Cependant le marié n'est pas encore m bout de ses tribulations. A peine •st-on arrivé à la maison que les parents de la jeune épouse s'emparent «relie et renferment dans une chambre. Les amis du jeune bomme vont la demander à grands cris, et, n'obtenant pas de réponse , ils enfoncent la porte. L'heureux épout se précipite alors dans la chambre et arrache son épouse des bras de ses parents; sur le point de franchir le aeuil, en commémoration de l'enlèvement des Sabine* par les Romains , il la prend dans ses bras et l'emporte dans la chambre nuptiale ( 1 ). »

Funérailles. Culte des mânes. — Les funérailles rappellent par certains détails l'ancien culte des mânes. Dès qu'un malade est près de rendre le dernier soupir, on lui met un cierge allumé dans la main et on en allume plusieurs autres dans l'appartement, tandis que le prêtre récite a haute vois les prières des agonisants. Aussitôt qu'il

(i ) Voïoesco , itou* de t Orient, t. XXVI, p. 17), i854.

est expiré, ou le lave, 00 le rase, ou lui couvre le visage , on le pare de ses

S fus beaux habits, puis on le dépose ans la bière, oui reste découverte, après avoir eu soin de placer une petite pièce de monnaie dans sa main (1 ). Les funérailles ont lieu ordinairement le joui même ou le lendemain du décès. Lei riches y déploient une grande magnificence. Le char funèbre est traîné psi deux ou quatre chevaux noirs, complètement recouverts d'un caparaçon noir qui ne laisse voir que leurs yeux. Des vatasel, également couverts de manteau* noirs et coiffés d'énormes chapeaux à larges bords, marchent aux côtés du char tenant à la main des torches allumées ; deux autres précèdent le char en portant la corbeille qui renferme la eo« Iybe ou l'azyme, espèce de brioche bénite, que l'on mange en l'honneur des mânes du défunt; derrière, deux épistates tiennent le couvercle de la bière, sur lequel est déposé le couteau du défunt en signe de droit de port d'armes. Si le convoi est celui d'une jeune fille vierge , on porte devant le char un mai d'où pendent des tresses de fils d'or, semblables à ceux dont les fisncéei ornent leur tête au jour des épousailles; si c'est un garçon , le mai est un jeune sapin auquel on attache des rubans de diverses couleurs. Derrière les existâtes marchent les prêtres revêtus de leurs habits sacerdotaux , et suivis de la foule des parents et des amis, tenant chacun un flambeau dans la main.

Le convoi ainsi formé s'arrête h plusieurs reprises avant d'arriver à l'église; on pose le cercueil à terre; les plus proches parents l'entourent, adressent au défunt les expressions les plus tendres , l'embrassent, lui demandent parti) Encore un souvenir de l'autiauilé païenne. Quelquefois l'offrande destinée à payer le passage du défunt dans l'autre vie est collée au cierge que Ton place sur sa poitrine pour être enterré avec lui. Cette coutume subsiste également parmi les Rontnams de la Transylvanie malgré les efforts nue l'empereur Joseph II tenta pour l'abolir. « Il est rare, dit M. de Geraado, qu'un tik bien effactnanm laisse enieveir son père mi» dîner qsssfM iinUssri dans la bméi du trépassé ».

L'UNIVERS

don pour tous les petits mécontentements qu'ils peuveril lui avoir causés durant sa vie, témoignent leur douleur par des regrets et des louanges qu'ils chantent en s1 interrompant par des sanglots, en s1 arrachant tas cheveux et en dt-Hiirant leurs virements. Quelquefois ce rôle est rempli par des pleureuses à gages {prmticŒ)% comnu+dans les f une* railles de l'ancienne Home.

Au sortir de l'église Ton se rend au cimetière , appelé le jardin de$ morts : le cercueil est déposé sur le bord de La fosse , pendant que le prêtre récite les dernières prières et asperge d'eau béuite le cadavre, la terre et les assistants. Alors les vatasei recouvrent la bière de son couvercle , et la descendent dans la fosse (I). La tombe est recouverte d'une croix de pierre ou de bois . Souvent au pied de cette croix est creusée une petite niclie y fermée par une porte eu fer, où les parents du défunt font brûler une lampe et où ils déposent de temps à autre de petits pains azymes.

Ce culte pieux et constant des mânes est la source d'abondantes aumônes. Le jour anniversaire du décès, la famille distribue aux pauvres de l'argent ou des virements, accompagnés de provisions de gâteaux composes de froment cuit à l'eau, de noix broyées, de miel, ci recouverts de sucre eii poudre , que Ton a exposés pendant quelque temps dans l'église, tl se mêle a l'hospitalité, chère à la nation. C'est une coutume gë 1 1 érale d an s t ou te 1 a R ou ni a ni e „ com m e dans les pays musulmans , de déposer sur le bord des routes et devant les portes des maisons des vases remplis d eau pour le passant et le voyageur, Les plus riches , rapporte M. de Gérando, mettent du pain, ils donnent a cet usage le nom ûe pomane { pour les mânes) ; car ils espèrent que ceux qu'ils ont perdus ne sou (friront dans l'autre monde ni de la faim ni de la soif s'ils soulagent mux- mêmes les vivants.

(i) tl n'y n guère que le* gens du H Hfl -, Le» pMfTrto} k* marchand* ou les peliti boyard* qui sôieuL enterré* dans les cimetières. Les grands boyard* et ks. riche* partiruliirr» ont leur place marquée d'avance dan» quelque pieui asik', pgW ou monns- H'm , Mti |«r «3|n mi parlrnr* ...r,,

« If ne autre cérémonie qui présent* quelque chose de singulier et de touchant à la fois, c'est l'exhumation qui a lieu après l'expirai ion de là troisième année , ordinairement à la mort de quelque proche parent ou d'un époux , dans la tombe duquel on dépose les restes de la personne qui lui avait été unie , et cela après les avoir lavés dans du vin. Cela a lieu quelquefois aussi après la septième année* pour voir si le corps est entièrement corrompu; car, s'il en est autrement et qu'il soit encore un certain état, c'est une marque d'excommunication, et que Tâme du défunt n'est point en repos; ce qui exige que ses parents on ses amis fassent de nouvelles dévotion* pour obtenir sa délivrance (1). »

Superstition*, préjugés. — Les Roumains conservent un grand nombre de superstitions f dont la plupart ont un fond antique. Ils croient aux fées, aux Inups-garous, aux vampires, aux sorcières, aux charmes du mauvais œil, a ceux des sorcières* Les vampire* sont des revenants qui la nuit sucent I? sang des hommes en poussant des cm de strygie, d'où leur nom de str 11 y a aussi les ttaffii^ autres esprits malfaisants qui se tiennent dans les lieux isolés, au milieu des ruines, et qui font une guerre implacable aux vivants. Nul voisinage n'est aussi danse reux, aussi importun que le leur. Malheur au pauvre diable qui oublie de leur porter chaque jour à manger et à boire, et le samedi, pour surcroît, un bassin d'eau pure pour leurs a M ut ions' \ on cependant se soustraire à ces esi

Sences incommodes, le pope se chargF e ce soin. M consacre devant une fiole d'huile, dans laquelle il m fuse un papier plié d'une façon n terieuse , et vous attache ce papier sur sur le crâne avec sent cheveux | la lisière du front. En moins de semaines, grâce à la vertu du sp s ta 110 i ou strigoî ont ressë leur nt suite. (2) Les fées (6a bt) sont de viei femmes auxquelles on atln fluenee maligne plutôt qu»>

(i) Lettrei sur ta Falaclù* , par F p. 7I

efttnger, t. I. p. s4j.

PROVINCES ROUMAINES

on doit seuletoent prendre garde de ne rien dire on rien faire qui leur déplaise : car allas font très-susceptibles et partant trie Tindieatives. Cest surtout à la tombée de la nuit, à l'instant où elles vont perdre leur puissance d'un jour, qu'elles redoublent de méchanceté contre les pauvres humains. Aussi nombre de gens évitent-ils de sortir après le coucher du soleil , pour n'avoir rien à démêler avec la fée du mardi soir ( le mardi et le vendredi sont les jours de la semaine les plus mal famés ). La mot mra t'emporte ! est une de ces phrases charitables que Ton adresse à aes ennemis (l).

Une foule d'autres êtres fantastiques, oui rappellent les dragons et les monstres nmihersdela Fable, peuplent les légendes et les ballades. Tels sont \esbafauri} doués par l'imagination populaire de proportions tellesque, lorsqu'ils ouvrent leur gueule pour avaler leur proie, une de leurs mâchoirestouche au ciel, tandis que l'autre s'appuie sur la terre. Les bafanri sont en lutte perpétuelle avec de poétiaues aventuriers, les personnages avons de la muse populaire qui leur prête toutes les qualités des héros, et les caresse avec amour du nom de Fat- Ftumosi (les Beaux Enfants). Naturellement la lutte finit toujours au désavantage des premiers, qui , vaincus et coupes en mille morceaux par leurs adversaires, sont doués d'une telle forée vitale que « leurs tronçons remuent sans cesse et cherchent à se rejoindre tant que le soleil n'a pas disparu. »

Les zmei sont une autre espèce de monstres, d'une force et d'une grandeur surnaturelles et munis d ailes immenses. Ils habitent au centre de la terre, ou bien au sein de forêts impénétrables, où ils cachent leurs trésors ainsi que les filles de sang royal qu'ils ont enlevées. Suivant un autre préjugé répandu dans toutes les provinces danubiennes et qui.remonterait jusqu'au temps d'Hésiode 'y les pierres précieuses seraient formées de la bave des serpents , en sorte que les nids de ces reptiles contiendraient des richesses incalculables.

(i) DeGénnd*,Ll,p. 5i6.

Mais à edté de ces dragons , de et monstres ailés qui donnait lieu à d'ef fravants récits, il y a le serpent familier l'hôte du foyer ( serpi de casa ), que le paysan roumain, par l'effet d'une tradi tion dont il ne se rend pas compte entoun d'un respect quasi idolâtre. 11 voit en lu à la fois un hôte sacré et comme la di vinité protectrice de son toit; il l'adme l'hiver près de la cendre de son foyer, e l'abreuve de lait matin et soir. Un de uo< amis , raconte M. Michelet , s'arrétanl chez une paysanne de Transylvanie la trouva tout en larmes. Elle venaii de perdre son fils , âgé de trois ans « Nous avions remarqué, dit-elle, que tous les jours l'enfant prenait le pair de son déjeuner et s'absentait une bonne heure. Un jour je le suivis et je vis , dans un buisson, à côté de l'enfant , un grand serpent qui prenait sur ses genoux le pain qu'il avait apporté. Le lendemain j'y conduis mon mari, qui, s'effrayant de voir ce serpent étranger, non domestique et malfaisant peut-être le tue d'un coup de hache. L'enfant arrive et voit son ami mort. Désespéré , il retourne au logis en pleurant ei criant : Pouiul ( c'est un mot de tendresse qu'on donne à tout ce qu'on aime, mot-à mot, cher petit oiseau). Pouiul répétait -il sans cesse. Et rien ne put le consoler. Après cinq jours de larmes il est mort en criant : Pouiu! » (1)

Telle est, ajoute l'éminent historien, la sensibilité naturelle de ce peuple si cruellement maltraité par l'homme , et qui prête à sa langue un charme tout particulier. Ajoutons , comme témoignage de cette hospitalité dont l'usage lui a été transmis par ses ancêtres, que tout ce qui s'est abrité sous le toit du Roumain lui devient cher et sacre l'homme comme le serpent, la cigogne comme l'hirondelle.

H a hérité de même de leurs superstitions relativement à l'influence de* jours, à celle des astres, aux bonse aux mauvais présages. Il croit que I:

destinée de chaque nomme est liée pai une chaîne mystérieuse à celle d'une étoile qui reflète et indique du sein dt firmament les phases et les accident* de sa vie terrestre. Ainsi, lorsqu'un Rou

(i) Michel*, Légendes d* Nord, p. «4

LUNIVKKS

main est menacé de quelque malheur, m ui étoile se voile (« iiihineca)t et elle tombe dans l'espace an moment où il expire. D'autres astres , couleur de feu, lorsqu'une grande catastrophe est sur le point de fondre sur un peuple , apparaissent dans le ciel comme un signe précurseur et fatal*

D'autres superstitions , répandues dans les campagnes de la Moldo-Yalachie, rappellent des usages ou des préjugés antiques. La paysanne qui vient de remplir sa cofitza à- la fontaine ue manque jamais de souffler à la surface et de répandre a terre une petite portion du liquide, comme nue libation à la Nymphe de la source. Si deux personnes se rencontrent après une absence, et que Tune des deux vienne a complimenter l'autre outre mesure sur sa santé, celle-ci crache aussitôt à terre! pose le pied sur sa salive et se signe» comme pour conjurer les divinités jalouses*

Jeux, danses populaires, musique.

— Les jeux et les passe-temps favoris des paysans moldo-valaques , les luttes des bergers, les dansesdes montagnards sont également renouvelés des Romain*.

11 y a deux danses nationales daus les Principautés, la hora (prononcez char a, eu aspirant fortement Vh)f et la danse des calusarï . Cette dernière est si- Ion toute apparence l'ancienne danse des prâtres saliens. Les danseurs saliens, dit Nieuport, possédaient un temple sur la colline Quirinale. Aux ides davril ils exécutaient, en récitant des rhapsodies qui étaient a peine intelligibles au temps d'Horace, des danses qw menait un chef ou vates. Aujourd'hui les danseurs valaques portant, commo les Romains, deux courroies garnies de boutons en cuivre qui se croisent sur les épaules et du ni I une figure le baudrier; ils commencent a la lin d'avril ou après la Pentecôte leur danse, que Ton renarde eu quelque sorte comme sacrée, se niaient en brandissant des massues et des boucliers qu'ils choquent avec un grand fracas, et donnent a celui qui les dirige le nom de valu] r(ï). D'autres voient dans ces simulacres guerriers un souvenir de l'enlèvement des Sahincs.

(t) De < Véranda, I, I, p. Ai*,

La hora rappelle exactement le chorus romain tel qu'on le voit Sguri lea bas-reliefs antiques, Les dateur*, hommes et femmes 1 se prennent p.

main et forment un cercle au centre duquel se tienne ni les musiciens ( lnu+ tari); puis ils tournent en rond m balançant les bras et pliant un pied, tandis que l'autre pied fait tin pas soit en avant, soit eu arrière, et se rapprochent tour à tour et s'éloignent du centre de manière à rétrécir ou à élargir le cercle. Pendant ces évolutions, dont la lenteur et l'uniformité prête m hora un caractère d'indolence et de laisser aller tout à fait en harmonie avec le génie mélancolique du peuple roumain , un des la u tari cl i an le en s "accompagnant. Ces chants portent également le nom de horas.

Il y a aussi la danse de la ceinture (joç ae t/raù ), aussi vive et rapide que la hora est lente et monotone. Les daûseurs se tiennent tous de La main gaueh* par la ceinture v et ont leur main droite appuyée sur l'épaule de leur voisin ; ils commencent d'à nord moderato , et peu a peu pressent La mesure avec une vitesse inimaginable.

L'orchestre amhulant , formé par des Tsiganes qui vont de village en vil* lage, comme nos anciens ménestrels, se compose ordinairement d'un violon, d'une llûte de Pan et de La kobsa, sorte de mandoline à cordes de métal Le chef de la troupe rend la mélodie sur le violon : la flûte de Pan fait ressortir eit sons aigus les passages les pins pas* sioimés; Ta kohsi forme la bu.\se; elle est tenue ordinaire me ni par le plus âgé des artistes bohémiens, qui exécute sur cet instrument les iGQQflajMgMments les plus difficiles avec une prestesse étonnante.

Quelquefois ce sont de simples villages is qui forment l'orchestre au moyen du boutchoum (sorte de trompe en bois de cerisier) ou ûuftuêrM Mule longue et droite, compagne indispensable du pâtre nioldo-valatiue*

fus tt chants populaires. — L> ratière et le rbyllime musiral des airs roumains est très -difficile à saisir quand on ne les a pas entendu jouer dauf te pays et par les artiste* pâtres ou bohémiens eux-mêmes. Cependant, â étudier

PROVUKafr B0UIIAINES.

il*

» en trouve

Mtict *oJr*i«i/l (airt de bal-

ut/fat ê*bmê( airs de roman- comj

injfc* <fc jbo, ou airt de dentée, (quels aonteompriaealea kor*.

aUadea aont de petit* poèmes tentlea hauts faiu des prinees boa populaire! de la Roumapajsane des Carpathes, qui mil bardes roumains, eonseraiaaaament le souvenir de ees • eaa ebanu nationaux, qu'un SU moldave, M. Basile Àlexancnefllis dernièrement et dont né lui-même une traduction

*m$ aont de petites pièces de

tiennent de la ohanson des trou-

and elle est tendre et des lié-

kBemands. La doïna est insni-

a dont, oe sentiment indéfinis-

I tient en même temps dure-

l'eepoir. de la douleur et de

et qui, dit-on, fait mourir celui

et atteint. Elle se chante sur un

et plaintif, avec un raouve-

jskal tout à fait irrégulier, en

les notes du chant et en près-

Mitas d'agrément. Le sentiment

> mélancolie dont ces airs sont

a est tel qu'on ne les oublie

bis qu'on les a entendus. Sou-

oyageur, à l'entrée des Carpa-

wd de loin une doïna dont une

& de femme rend la mélodie :

iar un charme inconnu, il s'ar-

préte machinalement l'oreille

bu écouter ces soupirs de la

pour exemple, une doïna, ou

i fragment de doina emprunté

I d'Aleiandri. Elle est intitulée :

la Petite Brebis ;

3 penchant de la montagne, belle

l'entrée du paradis , voici che-

descendre vers la vallée trois

tx d'agneaux, conduits par trois

(UTO,

lmiê$ «f chants populaires dé la (3 , par B.. Ataaadrs \ 1855» in-it, tuât,

jen*ca pâftraei l'un est «habitant des plaines de la Moldave, l'antre est Hongrois (1), le troisième est on montagnard de Vranteha (*).

« Le Hongrois et le Vrantchien tiennent conseil et résolvent de tuer leur au coucher du soleil, parce qu'il" est te pins riche, qu'il possède un pins grand nombre de brebis aux belles cornes, et des chevaux mieux domptés, et deaehiena plus vigoureux.

« Cependant depuis trois jours, certaine petite brebis, à la laine blonde et soyeuse, ne goûte plus à l'herbe de la prairie et sa voix ne cesse de gémir.

« Gentille brebis , gentille et ronde- « lette, pourquoi, depuis trois jours, gé- « mis-tu de la sorte ? L'herbe de la prai- « rie te déplairait-elle, ou bien serais-tu « malade, chère petite brebis ?

— « Oh ! mon berger bien-aimé, conduis « ton troupeau au fond de ce massif; il « s'y trouve de l'herbe pour nous et pour « toi de l'ombre. Maître, cher raaître,ap- « pelle près de toi , sans tarder, le plus «brave et le plus vigoureux de tes « chiens; car le Hongrois et le mon- « tagnard ont résolu oe te tuer au cou- « cher du soleil.

— « Petite brebis de Birsa (3),si tu es « prophétesse,et s'il est écrit que je dois a mourir au sein de ces pâturages , tu « diras au Hongrois, ainsi qu'au monta- « gnard, de m enterrer près d'ici, dans « "enclos du bercail, afin que je soistou- « jours avec vous, mes chères brebis ; ou a bien derrière la bergerie , aûn que je « puisse toujours entendre la voix de mes u chiens.

« Tu leur diras cela; ensuite tu pla-

(i) C'est-à-dire un Roumain de la Transylvanie; dans sou iguorance, l'habitant de* Kroviuces danubiennes confond très-souvent \ Transylvain , son frère nar le sang et par la langue, avec le Hongrois, qui se l'est incorporé.

(a) Vranteha est un arrondissement du district de Poutna, en Moldavie, sur le penchant des Carpathes, dout les habitants forment entre eux une sorte de fédération patriarcale et ont conservé dans leur costume , comme dans leurs habitudes, le type primitif du Moldave.

S) Bina , village des environs de Cronen Transylvanie; on appelle brebii bir-

eelleqtri marche en tête du troupeau.

2ir>

LTINIVEBS

Mras au chevet de ma tombe une petite i Mille de hêtre aux accents d'amour, ■ une petite flûte en os aux sons harmoa ottoi, une petite flûte de sureau aux

* notes passionnées ; et quand le vent m soufflera à travers leurs tuyaux, il en « tirera des sous plaintifs, et soudaiu mes •i brebis se rassembleront autour de ma « tombe et me pleureront avec des lar~

* mes de sang»

• Mais garde-toi de leur parler du n meurtre... dis- leur seulement que j'ai « épousé une belle reine , la fiancée du n monde (J);dis-!eureucore qu'au mo- « ment de notre union une étoile a fi lé; «jque le soleil avec la lune ont tenu la " couronne sur ma tête (2); quej'ai eu " pour témoins les pin» et les platines « destoivts, pour prêtres les hautes mon* « t a g 1 1 es, jïou r o rc h est re les o i seau \ydes " milliers d'oiseaux, et pour flambeaux

* les étoiles du firmament.

" Mais si tu apercevais jamais, si tu 1 rencontrais une pauvre vieille mère à « la ceinture de laine, versant des larmes « et courant à travers champs et deman-

* dant et disant à tous :

m Qui de vous a connu, qui a vu un

> j eu neet beau berger dont la taille s velte h passerait par une bague ? il a le visage « nia ne connue l'écume du fait; sa mous- « tache est pareille à Tépi des blés; ses " cheveux sont comme la plume du cor-

> beau et ses yeux comme la mûre des - champs... *

« Alors, ma petite brebis, prends

* pitié de sa douleur et dis-lui simple-

(0 L/est à-dire la Mort. La langue roumaine est pleine d* ces pm phrases et dé c«î comparaisons d'un iiilloresqu*1 tour à tour gracie u\ et terrible. Ost^aïnsi qu elle appelle l'argent Ctrd du diable; elle donne à la lerre le nom de mère; elle compare la bonté à la maternité, &on comme It srin d'une mère (lnm en si/mi mameti); un homme en colère au Danube, ii devient &anu&e (se faee Dune te ) \ elle dit d'tiu homme supérieur qu'il porte une étoile an front (eu tien in frunte); d'une Jïelle femme qu'elle est un fragment de to- Itîl (rttpta din tore).

(s) Dans la cérémonie du mariage selon le rite grec, il est d'usage que les pêrea, assis, tiennent dans leurs mains, pendant quelque» iniuute*» les couronnes de fleur ou d'flf entaillé dont le prêtre orne le front de» |i ■■-

* ment que j'ai épouse la fille d'un m ■ dans une contrée belle comme rentre* « du paradis.

» Mais garde-toi bien de dire qu'à mi m noce une étoile a filé; que j'ai eu pour

* témoins tes pinset les platanes des fo< « rets, pour prêtres les hautes monu- « ^nes, pour orchestre des millier* don

* seaux, et pour flambeaux les étoiles du « lîrmament,,. * (!)

Les ratifiée de Imne sont des mélodies adaptées à des poésies plus repentes que les ballades et que les doînat , dont elles différent en ce que, jouéei avec un mouvement plus rapide , dits servent aussi comme airs de danse. Lei mélodies destinées exclusivement h te dernier emploi portent le nom gèiiericjue de canltce dejoc*

Il existe une autre espèce d'airs tt de chansons populaires , mais d'un ri* raclé re tout à fait religieux : or pelle kolinde, La veille de Noël et du nouvel an, des troupes d'enfants parcourent les villes^et les villages rëtent devant les fenêtres des maisons pour chanter divers cantiques « eoosicres par un usage immémorial, tels que feu Fleurs merveilleuses ( f tarife datte), ht Charrue {Pittgut\ etc. Ce sont les noels de notre moyen âge.

Ces chants populaires ne se présentent pas seulement à nous comme des compositions poétiques de premier ordre, elles sont encore l'expression la plus complète et la plus sincère du génie du peuple roumain. Elles portent surtout r empreinte indélébile de son origine latine.

Parcoures les ballades recueillies par Alexandri , vous vous trouvez eu pleine tnvthologie. Le soleil vous apparaît en* eort, comme au temps d'Ovide, sous les traitsd'un jeune bout me, avec des tresses d'or, porte sur un char que traînent neuf coursiers ardents (2). Pan n'a pas cesse de courir dans les forets à la poursuite des jeunes lîlles (3). Vous reconnaisses de même la plupart des dieux de la Ffc-

(i) La fin de celte ballade n*a pu être r» trouvée.

{s} Voyez la ballade du Soleil et Je U Lut* f^Soarriê si Luna),

(3) Voye* la ballade du Pwm des Forén (Paunasul Codrifor)*

PROVINCES ROUMAINES

onisés ou féminisés par le chrâ- ;; sainte Joé (Jupiter), sainte ( Mer c u re) , sa i nte Vé n u s , etc,( 1 ) ♦ aïade* ont fui du sol de la Roula poésie populaire se plaît en* ttrso&niuer, selon Je mode an ss sources renommées soit par à , soit par la vertu de leurs nsi la source minérale de Méhai le baoat de Témesvar, est ree sous la ligure d^une jeune ncue, douce, attrayante, cachée nbre d'un rocher (2).

émes ballades, celles-là surtout a r tiennent à une époque plus

témoignent en mtime temps ju^é inhérent en quelque sorte l du paysan roumain, et que rez régner d'un bout h l'autre icipautés. C'est que toutes les g, tous les fléaux dont la R nuété la proie, le choléra , la fa- ; épizooties, les sauterelles, lui tes d'au delà du Pruth ; et, dans >i superstitieux, il attribue à ion des Russes sur ses bords es présages sinistres que témoi- Lome la venue d'une comète (3).

Pruth est-il pour lui la rivière , le Cocyte aux eaux noires, qui

rivage infernal du paradl* de ante) comme il appelle sa terre émoin ce beau chant du Pruth, ait comme un anathètne d'une é à loutre de la Roumanie :

M CHÀM DU PRUTH.

i! rivière maudite!

■M-tn devenir large

me te déluge aux eaux troubles !

le rivage ne puisse voir le rivage ,

tiins noms païens, comme Florica, inat Diane ; Dtumtia , jont encore dus parmi les femmes.

ea la ballade J 'Hercule . ErcuUan), m'étonnais devaiit un Roumain de

de la union (iS49) : « Ne vois- tu iit-il, que les Russes nous outap»

hiver P » IW une ^nn'iJciHv ôm* a remarque en effet que chacune >ni moscovites dans les Principautés rie noQ-stulçnjHiii de h pesleoude ce qui serai! une conséquence nalui de catastrophes purement accidenn me l'cp itou lie. L'inonJiUou, «te»

ni la voix en tendre la voix, ffi lei veux rencontrer les yen* A travers (a vaste étendue!

Quand les sauterelles passeront, Qu elles se noient dès rentre bord ; Quand les choléra* pâmeront, Qu'ils se noient au mil jeu de ton cours; Quand le* ennemis du pays passeront, Qu'Us se noient près île notie me I Et toi, Pruth, lier de tes eaux, Puisses- Lu les porter, If s porter encore, Jusqu'au Danube, jusqu'à la mer Et jusqu'à J1 entrée des enfers !

II ne se doute pas , l'ignorant Roumain, et la savante Europe ne le sait guère plus que lui, qu'au delà du rivage maudit il a des frères par Je sang; que la Roumanie ne finit pas aux montagnes qui bornent sa vue; qu'au delà de ces montagnes et jusqu'au cœur de la Hongrie , au delà du faible ruisseau qui le sépare de la Bukovine (1), comme au delà du Danube et jusqu'aux limites de la Macédoine, au delà du Pruth et jusqu'au Dniester, les monts et les valléeSj Jes plaines et les rivages nourrissent dos hommes dont la race est La sienne, dont la langue, la religion, les coutumes sotit les siennes, et qui, comme lui, quel que soit le maître de la terre qu'ils foulent, répondent au passant qui les interroge : Sùnt Roman , « je suis Roumain. »

Il est ainsi huit millions et plus de Roumains jetés d'un seul bloc dans la Moldo-Valachie, la Hongrie, la Bessarabie et les contrées adjacentes, sans parler des colonies disséminées par groupes par delà Je Danube et le Dniester, huit millions de Roumains dont les ancêtres , placés en sentinelles à rentrée du monde barbare, soutinrent pendant un siècle et demi , sans eu être 'branles, le choc de l'invasion, et servirent de rempart à l'empire romain.

Qui empêcherait de renouveler de nos jours cette politique en préparant les Principautés Danubiennes pour le râle que remplit b Dacte après Trajan ? Les circonstances sont demeurées les mêmes; il n'y a de changé que les noms et les temps. Quelle résistance n'opposerait pas aux envahissements du slavisme une masse compacte composée de huit militons d'individus, d origine la*

(i) La Mulnitau

L'IINIVEBS.

fine, si les autres nations de l'Occident reconnaissaient hautement la communauté de race et d'intérêts qui lient leur destinée à la sienne? Quel gage de stabilité pour le maintien de 1 équilibre en Europe que cette Roumanie, si généreusement douée par la Providence,

si, pour emprunter l'i son peuple, « les divan m chêne, éparpillés autour de sou tronc, reprenaient leur place pria pour reconstituer L'arbre sujet* le noble roi des forêts 1 »

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